« Phony » : pourquoi cette nouvelle série Disney+ risque de vous intriguer

Avec Sam Nivola et Connie Britton, «Phony» fait du lien entre une mère et son fils une énigme étrange et captivante, tout en explorant le passage à l’âge adulte. Reste à savoir si le dénouement tiendra ses promesses.

Et si vous ne reconnaissiez plus la personne qui vous est la plus proche? Et si elle n’était, tout simplement, plus la même? Entre comédie sur l’adolescence et récit à suspense, la nouvelle série de Disney+ repose sur une idée de départ aussi originale que troublante. On y suit Sonny Cooke (Sam Nivola), un adolescent apprécié de tous et extrêmement complice avec sa mère, Ellen (Connie Britton), directrice de son école et tout aussi adorée des élèves. D’elle, Sonny dit d’emblée qu’elle est sa meilleure amie. On se sent bien à leurs côtés, dans un univers peuplé de personnages secondaires attachants.

Ces débuts presque mielleux prennent pourtant un goût amer dès le premier épisode. Après un accident de voiture et une semaine de coma, Sonny se réveille à l’hôpital, entouré de ses proches. Des visages familiers et rassurants. Sauf un: celui de sa mère. Presque identique, mais pas tout à fait elle. Une différence choquante que le public perçoit lui aussi, mais que personne dans l’entourage de l’adolescent ne semble remarquer. Sonny en est convaincu: sa mère a été remplacée par une autre. D’ailleurs, pourquoi aurait-elle oublié un petit rituel qui n’appartenait qu’à eux deux?

Le jeune homme enjoué, à l’écoute de tous, devient alors peu à peu méfiant, isolé, obsédé par l’idée de retrouver sa vraie mère. Il ne peut se confier qu’à Mallory, une amie d’enfance, et au cousin de celle-ci, Weldon, interprétés avec beaucoup de justesse par Grace Brennan et Colter Lee. Le trio finit par faire appel à Sharla (Meera Syal), une détective privée, pour démêler cette histoire. D’autant plus inquiétante qu’un cadavre aurait été aperçu dans la rivière, non loin de là.

Sonny est-il en train de perdre pied? Souffre-t-il du syndrome de Capgras, ce trouble qui convainc une personne qu’un proche a été remplacé par un imposteur? Ou a-t-il réellement affaire à une impostrice? Si l’on se prend immédiatement au jeu, c’est aussi grâce à l’excellence de l’ensemble du casting et à l’évidente complicité entre Connie Britton et Sam Nivola, qui, une fois rompue, rend le malaise encore plus fort. Mais Phony ne se résume pas à son énigme et dépeint aussi avec sensibilité cette période charnière qu’est l’adolescence, avec ses doutes et ses questionnements.

C’est même le cœur du projet, comme l’a expliqué l’équipe, sans rien dévoiler de l’intrigue, lors d’une conférence de presse réunissant Connie Britton, Sam Nivola, le créateur Nick Paley et le coscénariste Anthony King. «L’une des choses que nous cherchons vraiment à explorer, c’est cette période de la vie où l’on sort de l’enfance et où notre relation avec nos parents commence à changer, parce qu’on réalise qu’ils ne sont pas seulement nos parents, mais aussi des personnes à part entière», souligne Anthony King.

Nick Paley voit aussi dans le mystère autour de l’identité d’Ellen une manière de mettre en scène cette évolution: «C’est en quelque sorte une façon de dramatiser cette perte. On a cette personne qu’on admire, qui est presque un demi-dieu à nos yeux. Puis on perd le sentiment qu’une telle présence existe dans le monde. Et plus tard, on découvre la beauté de la personne réelle qu’est notre parent.»

Après avoir souvent incarné des mères chaleureuses, Connie Britton tient ici un rôle plus ambigu: celui d’une mère que son propre fils repousse. «Une expérience déstabilisante, et même inconfortable, confie-t-elle. Mais j’adore ça. Je me suis demandé ce que je pouvais faire de différent de toutes les mères que j’avais déjà jouées. Ce rôle était une magnifique occasion d’y parvenir.» Elle-même maman d’un adolescent de 15 ans, elle dit avoir été particulièrement sensible à cette dimension: «J’ai vraiment aimé la métaphore de ce qui se passe précisément à l’adolescence entre une mère et son enfant: il y a une séparation naturelle et importante qui s’opère et cette séparation s’accompagne d’un deuil des deux côtés.»

Face à elle, Sam Nivola, reconnu depuis son rôle dans la saison 3 de The White Lotus, a dû composer avec un paradoxe: se méfier à l’écran d’une partenaire avec laquelle il s’est tout de suite très bien entendu. «Je devais, en quelque sorte, recevoir l’amour de cette mère et presque le rejeter. C’était vraiment difficile d’essayer de me sentir mal à l’aise face à cette femme charmante et formidable.»

Face à elle, Sam Nivola, reconnu depuis son rôle dans la saison 3 de The White Lotus, a dû composer avec un paradoxe: se méfier à l’écran d’une partenaire avec laquelle il s’est tout de suite très bien entendu. «Je devais, en quelque sorte, recevoir l’amour de cette mère et presque le rejeter. C’était vraiment difficile d’essayer de me sentir mal à l’aise face à cette femme charmante et formidable.»

«Phony», sur Disney+. Huit épisodes, dont deux déjà disponibles, puis un chaque mardi jusqu’au 1er décembre. Créée par Nick Paley, avec Sam Nivola, Connie Britton, Grace Brennan, Colter Lee, Meera Syal, Mahaela Park et Maliq Johnson.

Tags : série · Disney+ · Phony
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