Le créateur valaisan Germanier réinvente la Haute couture avec des looks 100% upcyclés

Le public se souviendra longtemps de cette fin de Haute couture week. Jeudi, le célèbre créateur valaisan a clôturé la semaine de la mode à l’aide une collection qui faisait la part belle à une couture emplie de sens écologiques et d’hommages à la Suisse.
Une nouvelle expression vient de naître : l' »upcycled couture ». Car oui, transformer des vêtements ou tissus existants en pièces uniques ne se limite plus seulement au prêt-à-porter : l’innovation investit désormais également le monde ultra codifié de la Haute Couture. Cette innovation majeure a en effet été présentée pour la première fois ce jeudi 29 janvier à la Haute couture week par le spécialiste du genre : Kevin Germanier.
« Des centaines d’heures »
« Les chardonneuses », comme se nomme la collection, c’est exactement ça : intrigante, fascinante, avec des formes insensées, des couleurs incandescentes et des brillances si luminescentes qu’on oublie qu’elles viennent, au départ, de looks déjà dévoilés. Les 25 tenues qui ont défilé au Palais de Tokyo ont plus précisément été conçues à partir d’anciennes pièces de Maisons du groupe LVMH, allant jusqu’aux uniformes officiels de l’équipe de France pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 par Berluti.


Certaines tenues ont été sublimées par broderies, incrustations et finitions délicates, tandis que d’autres ont été entièrement déconstruites et recomposées. Pour ce faire, les équipes de Germanier expliquent ainsi avoir démonté des structures originelles, réajusté des patronages, retravaillé des volumes, à l’aide de sequins recyclés, de bouteilles et de canettes brodées qui se sont alors retrouvées mariés à des matières nobles. Un travail titanesque qui, selon la Maison, a nécessité « des centaines d’heures » d’artisanat.
Cœur suisse, toujours
Si Germanier est aujourd’hui basée à Paris et soutenue par les plus grands noms de la mode, la marque n’oublie aucunement ses racines. Dans « Les chardonneuses » se glissent des références helvétiques épiques, entre les formes organiques inspirées de celles du père de la créature d’Alien (1979), H.R. Giger, les délicates edelweiss et chardons, la dentelle tout droit sortie de Saint-Gall, ou encore les mythiques sorcières Tschäggättä du carnaval traditionnel du Valais.
Des auras qui se retrouvent particulièrement dans les masques coiffant presque tous les looks – reflet à la fois des origines, mais aussi de l’aura discrète du créateur, dont la notoriété grandit sans qu’il n’expose jamais son intimité, sa vie personnelle.


Un concept qui a lancé la carrière de Germanier
Germanier a confié sur les réseaux sociaux l’importance de cette collection à ses yeux. Ce concept d’upcycled couture avait en effet été révélé au public pour la première fin 2023 avec des pièces issues de matériaux invendus de plusieurs Maisons de luxe LVMH. Une première historique qui avait valu au créateur de 34 ans les félicitations personnelles du fils de Bernard Arnault, actionnaire majoritaire du groupe de luxe LVMH, Antoine Arnault, lequel était également présent ce jeudi pour soutenir son poulain.
Depuis, la marque éponyme née en 2018 a touché les étoiles, collaborant avec les Jeux Olympiques de Paris, EA Games ou encore l’Eurovision, et confirmant donc une chose : la mode écologique n’a jamais été aussi irrésistible pour n’importe quel profil.


