« Les Brésiliens portent en eux cette joie incontestable » : Rencontre avec la chanteuse Luiza

Révélée par son tube « Soleil bleu », l’artiste franco-brésilienne sera en concert en Suisse romande pendant l’été. Optimisme garanti.
Luiza, c’est la bouffée d’oxygène du moment ! Plonger dans son univers onirique, porté par des rythmes de saudade et de reggae, c’est la garantie de s’offrir un voyage régénérant au cœur de la nature. Les pieds dans l’eau. La tête dans les étoiles. Découverte avec son tube « Soleil bleu », devenu viral en 2025, la Franco-brésilienne célèbre la joie, la vie et la féminité dans ses chansons. Et insuffle une bonne dose d’optimisme dans une période qui en manque cruellement. De « Western chinois » à « Jet lag », de « La vida loca » à « Nuages », on se laisse volontiers envoûter par ses mélopées qui font tant de bien à l’âme.
ELLE : Comment expliquez-vous le succès de « Soleil bleu » ?
Luiza : Le son doit être bon, quelque part. (Rires). Mais je pense que les thèmes de cette chanson – la reconnexion à la nature, la liberté, le voyage – ont parlé aux gens. Comme s’ils en avaient besoin. J’ai reçu énormément de messages de personnes qui m’ont dit que cette chanson les ont sauvées d’une relation toxique, ou qu’après l’avoir écoutée, certains sont partis des mois à Tenerife… Elle a provoqué des déclics chez les gens, c’est incroyable !
C’est une chanson sur l’indépendance, en fait !
Tout à fait. Je sortais d’une relation amoureuse quand j’ai écrit cette chanson, et j’avais envie de me laisser pousser des ailes. Comme un cri de besoin de liberté.
Votre album dégage énormément d’ondes positives. Êtes-vous optimiste de nature ?
Oui. J’ai foi en l’amour, la lumière, l’humain, la nature… On a trop tendance à porter son attention sur les choses négatives de la vie. On ne peut pas les écarter totalement, mais il est important d’être focalisé sur les choses positives pour pouvoir les attirer – comme un cercle vertueux. Sinon, la vie serait triste.
Il est important d’être focalisé sur les choses positives pour pouvoir les attirer.
D’où vous vient ce caractère ?
De ma culture brésilienne, je suppose. Les Brésiliens portent en eux cette foi incontestable, cette joie, cette lumière… C’est un peuple qui célèbre la vie à chaque instant et qui sait rendre grâce au présent. Surtout, je pense avoir de la gratitude pour ce qu’on a avant de râler pour ce qu’on n’a pas.
Le fait d’avoir vécu dans plusieurs pays (Brésil, La Réunion, France) vous permet-il aussi d’avoir ce recul ?
C’est évident. Je suis un peu détachée du système, j’ai une vie en marge… J’ai côtoyé des cultures et des niveaux sociaux différents. Mais, à chaque fois que je vivais dans un milieu plus précaire, j’ai retrouvé une énorme force de solidarité et d’humanité. Je pense que mon rapport, très proche, avec la nature me rend aussi optimiste et joyeuse. J’ai parfois des élans de tristesse face à la destruction massive de notre habitat, des crises de conscience qui me font revenir sur terre. Mais je garde la foi.

La nature et l’eau sont très présentes dans vos chansons. Comment cette relation avec la nature se manifeste-t-elle au quotidien ?
J’ai vécu dans des endroits où la nature est omniprésente. (Elle réfléchit). La nature, c’est le grand mystère de la vie, c’est tout ce qui est réel… Depuis que j’ai 17 ans, j’envisage l’existence dans une forme très spirituelle. J’ai commencé à lever les yeux au ciel, à regarder à l’intérieur de moi et à considérer le présent comme un cadeau.
Les Brésiliens portent en eux cette foi incontestable, cette joie, cette lumière… C’est un peuple qui célèbre la vie à chaque instant et qui sait rendre grâce au présent.
Aujourd’hui, vous vivez à Paris. Comment s’est passée cette transition ?
C’était très, très, très compliqué ! J’ai dû faire un énorme deuil de ma vie d’avant. Mais, là, ça va mieux, parce qu’on est tout le temps en vadrouille, on fait des concerts à droite ou à gauche. Et les festivals sont souvent organisés dans des endroits reculés : il y a toujours un coin de nature ou un bord de rivière pour aller apprécier et se recharger énergétiquement. Je pense néanmoins déménager à Marseille prochainement, proche du soleil et de la mer.
Vous n’avez pas un parcours commun. Vous n’êtes pas issue de la filière des télécrochets. En revanche, vous avez une formation artistique complète avec la danse, la photo, la peinture… Qu’est-ce que cela vous apporte d’avoir toutes ces cartes en main ?
Je ne suis pas dans la tête des gens, je ne sais pas comment ils vivent l’art. On peut voir toutes ces disciplines différemment, mais, à mes yeux, tout est lié. J’adore peindre, faire de la photo, de la vidéo, du documentaire… Et, lorsque je fais de la musique, j’ai tout de suite des images, des couleurs, des textures, qui viennent à l’esprit. Cela fait vraiment partie d’un tout. Chaque médium nourrit l’autre.
Cela signifie-t-il que vous vous chargez aussi de la direction artistique de vos clips ?
Je donne mon avis. Mais je dois laisser la main aussi… J’ai tendance à trop vouloir tout contrôler. Il est compliqué, pour moi, de déléguer. J’essaie néanmoins d’être au cœur de chaque projet. (Sourire).
Le sens des paroles m’importe moins que l’émotion que je souhaite transmettre par les vibrations de ma voix.
Vous écrivez vos chansons. Comment se déroule le processus de création ?
Pour moi, l’écriture est un long chemin que je continue de suivre… Avant, je n’écrivais jamais de textes, je chantais dans une langue imaginaire. Parce que le sens des paroles m’importe moins que l’émotion que je souhaite transmettre par les vibrations de ma voix. Ensuite, j’ai commencé à écrire en portugais : j’adore cette langue ! C’est mon label, en France, qui m’a incitée à passer au français. Pour moi, c’est un gros défi ! Le français n’est pas une langue facile à faire sonner musicalement.
Quelles sont vos sources d’inspiration ?
La nature, l’amour et la spiritualité.