Défilé HEAD 2026 : ces 5 créateurs suisses pourraient faire sensation
Le rendez-vous mode annuel le plus suivi de Suisse est enfin arrivé. Le 6 novembre prochain, une nouvelle génération de créateurs présentera ses collections sur le podium de la HEAD. L’occasion, pour nous, de (re)découvrir cet univers hétéroclite.

Une pointe d’anarchisme, de la rébellion ou de l’esbroufe. L’heure a sonné pour le rendez-vous mode annuel le plus attendu de notre belle Helvétie. Il est grand temps pour nos étudiants de montrer ce qu’ils ont dans le ventre (ou dans leurs ateliers). Ce n’est pas pour nous déplaire ! Chaque année, c’est avec impatience que la rédaction d’ELLE Suisse attend de découvrir ce que la jeunesse helvétique réserve à la mode de demain. Cette année, le programme promet d’être des plus réjouissants : une nouvelle cohorte de créateurs prendra le pouls de notre époque, avec une envie folle de renouveau, de pleine conscience et de prise de position. Un coup de pied dans la fourmilière qui interroge l’industrie : étonnant, rafraîchissant, surprenant. On a fouiné un peu et on l’affirme sans crainte : il ne peut être que brillant. Coup de projecteur sur ces créateurs qui, semble-t-il, vont faire sensation. À découvrir le 6 novembre prochain à la HEAD. Preuve par cinq.
Anna Backdahl
Si l’habillement a longtemps obéi à une grammaire stricte, régie par des codes traditionnellement exigeants et ultra-codifiés. La jeune créatrice d’origine suédoise entend bien en bousculer les règles. Elle balaie d’un revers de main les conventions d’une industrie dont les silhouettes et les exigences peuvent se révéler inconfortables, notamment pour les personnes hypersensibles. Son ambition : imaginer un vestiaire aussi confortable que désirable, conçu à partir des déchets de l’industrie. Agréable donc, mais sans jamais sacrifier l’allure. On s’attend ainsi à découvrir une proposition nourrie par son héritage suédois, son hypersensibilité et son TDAH. Une ode à la liberté. Rafraîchissant, donc.

Baptiste Blanchard
Loin des tocades saisonnières, le créateur affiche une intention claire : tourner la page d’une industrie hyperficielle et d’une société lancée à toute vitesse, pour renouer avec l’essentiel : la nature et l’environnement. Au programme : silhouettes enfantines, volumes hypertrophiés. Si le créateur à l’imagination débordante invite à percevoir la mode autrement, il imagine aussi des silhouettes qui font l’effet d’un shot de dopamine dès qu’on les enfile et dont le reflet de ses partis-pris est déjà bien établi. Réjouissant, donc, et nécessaire.

Loris Cedolin
Un artiste d’une toute autre espèce. Loris donne vie à ses vêtements. Le jeune designer brouille volontairement les frontières entre l’art et l’habillement. Un élan libérateur qui a été le terrain de jeu des grands noms de la mode : Elsa Schiaparelli, Viktor & Rolf, Richard Quinn… Il revendique un style unique, immédiatement reconnaissable. PVC, bambou, métal, cet enfant terrible n’a pas froid aux yeux et ne se limite aucunement dans le choix de sa matière première. Une prouesse technique devant laquelle on ne peut que s’incliner. Alors, chers lecteurs, rassurez-vous, il semblerait que la relève soit assurée.

Hippolyte Lapporte
Instrument de jeu et de fiction, la créatrice se joue de la mode sans rien lui retirer de son aura pointue. Elle explore l’anamorphose. Une technique consistant à déformer une œuvre selon des règles bien précises, qui ne devient reconnaissable que si elle est observée selon un point de vue unique. Une technique que la jeune femme maîtrise à merveille. Courbes impeccables à la géométrie parfaite, la Hippolyte nous plonge dans un univers arlequin, bourgeois et chic à l’excès. Alors, esthètes, passionnés, soyez attentifs durant le défilé afin de ne rien louper de ce spectacle réjouissant.

Omar Amorim-Esenli
Purgatoire du capitalisme. Objets abandonnés, souvenirs qui n’attendent qu’une possibilité de réactivation. Le créateur interroge notre rôle dans la société, le travail et notre surconsommation. Il donne une impulsion surprenante à ses pièces laissées à l’abandon. Pour preuve, cette robe est entièrement réalisée à partir d’écouteurs. On ne savait même pas qu’il était possible de rendre cet objet du quotidien aussi sexy. Du génie, n’est-ce pas ? On se réjouit de découvrir ce que le créateur va nous servir le 6 novembre prochain.

Les billets pour le défilé seront mis en vente dès demain.