Cancer du sein : diagnostiquée à 38 ans, elle tombe enceinte deux ans plus tard

Debora Schivo, médecin et co-dirigeante de la clinique Amiia à Lausanne va donner naissance à une petite fille dans quelques jours. Et cet évènement merveilleux nous rend tous heureux.

Grossesse Femme enceinte
Crédits : Anna-Myslowska Iczek

Une belle histoire. Quand le désir d’enfant supplante un cancer du sein et que «tomber» enceinte est le petit miracle! Debora vit pleinement ce bonheur alors que le 20 décembre 2024 elle finissait ses traitements de chimiothérapie, immunothérapie et radiothérapie.

Un désir de grossesse bouleversé par le diagnostic

Tout a commencé en octobre 2023. Médecin, cheffe d’entreprise, mariée et amoureuse, Debora est maman d’un bébé, Leonardo, de 18 mois. Elle désire un autre enfant. Et lorsqu’elle fait un test de grossesse, il s’avère positif. Mais l’embryon ne se développe pas. Elle dira pudiquement: « J’ai perdu ma grossesse. » Après cette déception, elle palpera ses seins et découvrira une petite boule. Le 2 décembre 2023, alors qu’elle reçoit à la maison, elle s’en ouvrira à une amie médecin radiologue. Pour la rassurer, celle-ci lui fixera un rendez-vous le lundi même, le 4 décembre. Debora garde, comme si elles étaient précieuses, toutes ces dates en tête. Elles ont fait basculer son destin. Le fameux lundi, elle se fait accompagner de Marie de Riedmatten, son amie et associée. Après une mammographie, une échographie et une biopsie. Sans attendre le résultat, elle sait qu’elle a un cancer. Elle retrouve Marie dans la salle d’attente, en larmes. Elle rencontrera le docteur Jallut, spécialiste dans le cancer du sein qui la prendra en charge avec la bienveillance qu’on lui connaît. Elle pensait: « Comment est-ce possible, un cancer? J’ai 38 ans, je viens de me marier, j’ai un petit garçon et je suis en train de lancer ma clinique.»

On lui enlèvera sa tumeur le 21 décembre et elle sera tout de même rassurée par le PET-scan qui ne dévoilera aucune métastase. Janvier 2024, elle entrera, tête la première, dans le combat. Durant un an. Et un petit miracle se produit déjà, elle ne perdra pas ses cheveux. «Je ne me suis pas retrouvée avec mes cheveux dans les mains. Ils étaient juste plus clairsemés». Debora a continué à travailler et à pratiquer du sport régulièrement.

Après la chimiothérapie, le désir de maternité reste intact

Et le 20 décembre 2024, son mari lui fera une jolie fête surprise! Ses traitements sont terminés. Et le désir d’enfant de Debora ne l’avait pas quittée. Par précaution, elle avait fait une CPMA (préservation de la fertilité). Mais devait se plier au traitement d’hormonothérapie: « Je l’ai vécu plus douloureusement que la chimiothérapie. Je me sentais changée: mon regard, mon visage terni et mon relationnel, rien ne me ressemblait! Les médecins m’ont parlé d’une étude sortie en 2023 où il semblait possible d’arrêter l’hormonothérapie au bout de 18 ou 24 mois pour pouvoir faire un enfant. J’en ai discuté avec le docteur Jallut qui m’a autorisée à arrêter le traitement au bout de 18 mois. »

Debora a fait tous les tests et sa réserve ovarienne était encore présente et suffisante pour essayer « naturellement » même si elle n’était pas parfaite. Et le miracle: grâce au suivi de l’équipe médicale, son rêve s’est réalisé. Ce 10 mars 2026, jour de son anniversaire, test de grossesse: elle attend un bébé. Et elle en était sûre, c’est une petite fille!