Montreux Jazz Festival 2027 : pourquoi la nouvelle affiche est historique
Dix ans après une première collaboration remarquée, le Montreux Jazz Festival dévoile l’affiche de sa 61e édition. Une création qui marque un tournant dans l’histoire du festival.

Dix ans après sa première collaboration avec le Montreux Jazz Festival, Malika Favre, artiste française qui s’est imposée sur la scène internationale grâce à ses collaborations avec The New Yorker, Vogue et The New York Times, signe son retour avec une nouvelle affiche. Pour sa 61e édition, le Montreux Jazz Festival s’offre une collaboration à quatre mains, une première depuis 1986. Malika s’associe à l’artiste sri-lankais Kumkum Fernando et ils signent ensemble une création haute en couleur. Entre esthétique rétrofuturiste, mythologie sud-asiatique et esprit Flower Power. Cette affiche donne à la musique une dimension spirituelle et un brin charnelle.


Le retour remarqué de Malika Favre dix ans après
En 2017, Malika Favre signait l’une des affiches les plus populaires de ces dernières années : une composition épurée en noir et blanc, où des silhouettes de danseuses révélaient subtilement des instruments de musique dans un jeu d’optique. Dix ans plus tard, l’artiste française avait envie de célébrer . L’équipe du Montreux Jazz Festival lui souffle alors une idée : s’inspirer de Keith Haring, qui avait réalisé sa seconde affiche en 1986 aux côtés d’Andy Warhol. Une référence qui fait mouche. Malika Favre pense immédiatement à Kumkum Fernando, artiste sri-lankais dont les sculptures monumentales mêlent rétrofuturisme et motifs sud-asiatiques.


Jukebox, mythologie et futurisme : les secrets de la nouvelle affiche
L’œuvre puise ainsi dans plusieurs imaginaires : les traditions ancestrales sud-asiatiques, les visions futuristes et les années 1960 hippies. Des fleurs, des motifs folkloriques et des formes géométriques habillent cette figure presque divine, dans une composition maximaliste qui prend volontairement le contre-pied de l’affiche minimaliste de 2017. Le point de départ de cette création ? Une fusion (osée) entre le jukebox et l’autel religieux. Pourquoi nous diriez-vous : car les deux partagent une certaine symétrie, une structure qui inspire aux artistes l’idée d’une figure centrale hybride. « Une sorte de porte d’entrée vers un univers sacré de la musique », explique Kumkum Fernando. À mi-chemin entre robot rétrofuturiste et créature mythologique, cette entité énigmatique incarne une vision intemporelle de la musique, à la fois joyeuse et universelle.

Flower Power : les détails coquins que cache l’affiche
Les fleurs occupent une place centrale dans cette nouvelle identité visuelle. Elles évoquent autant les quais de Montreux que le mouvement Flower Power et le Summer of Love de 1967, année de naissance du festival. Mais pour la jeune femme, les apparences demandent souvent un second niveau de lecture. Dissimulés dans les motifs floraux, des lèvres, des baisers et des visages féminins apparaissent en creux. Une signature visuelle qui fait écho à son univers, où sensualité et illusion optique fusionnent. L’artiste souhaitait transmettre une sensation de joie intense, celle d’une ville qui s’éveille et se transforme au rythme du festival. « La musique, comme les fleurs, évoque la sensualité, l’explosion des sens, le plaisir », confie-t-elle.