Rencontre avec Joël Dicker: « La lecture est le ciment de notre société »

Un an après la parution d’Un animal sauvage, livre le plus vendu en 2024, l’écrivain romand revient pour séduire aussi les jeunes lecteurs.

«Faire lire le plus grand nombre»: c’est l’objectif poursuivi dans tout ce qu’il entreprend. Avec La très catastrophique visite du zoo (éd. Rosie & Wolfe, 2025), roman à suspense tendre et drôle, accessible aux lecteurs de tous âges, Joël Dicker montre à quel point la littérature permet de créer des liens.
 
ELLE: Pourquoi proposer aujourd’hui un livre qui peut être lu à tous les âges?
Joël Dicker. Je souhaitais depuis longtemps parvenir à écrire un livre qui pourrait être partagé et plaire tant aux grands lecteurs qu’à ceux qui lisent peu. La littérature est vraiment un moyen de connexion, on l’oublie parfois et certains s’interrogent sur la nécessité de lire alors qu’on a des smartphones, Netflix… La lecture est pourtant le ciment de notre société, elle permet de réunir des gens comme peuvent le faire le sport ou le cinéma.

Comment cette histoire est-elle née?
J’ai commencé à écrire sur ces enfants et leur école spéciale et ai soudain réalisé que ce livre pouvait convenir à tous: pas de meurtre, ni de sexe ni de sang. Même si c’est aux parents d’être les censeurs, il me semble qu’avant 12 ans, certains de mes livres ne sont pas adaptés. Dans celui-ci, il n’y a aucune violence. J’espère qu’il plaira aux lecteurs qui ne me connaissent pas encore, à des enfants et des parents qui ont envie de partager leur plaisir de me lire. J’aimerais que ce soit un objet qu’on se prête, qui passe de main en main.

Je souhaitais depuis longtemps parvenir à écrire un livre qui pourrait être partagé et plaire tant aux grands lecteurs qu’à ceux qui lisent peu.

Joël Dicker, écrivain – ELLE Suisse

Ne craignez-vous pas de déstabiliser ceux qui vous lisent habituellement?
Absolument pas. Ceux qui me suivent retrouveront inévitablement mon style et l’envie de tourner les pages. Il est dans la lignée de mes précédents même si ce n’est pas un polar. D’ailleurs, un tiers du Livre des Baltimore (2015) est écrit à hauteur d’enfant, pareil dans L’Enigme de la chambre 622 (2020): J’ai déjà utilisé ce procédé. Même s’il est relativement court, ce n’est pas de la «littérature jeunesse.»

Pensez-vous qu’un jeune lecteur séduit aujourd’hui demeurera un lecteur?
Tout à fait. Comment expliquer que les 450 millions de jeunes gens qui ont lu Harry Potter n’ont plus lu par la suite? Le problème vient je pense de l’industrie du livre qui est trop compartimentée. Quand nos enfants ont des habits qui sont trop petits, on leur en achète de nouveaux. C’est pareil avec la littérature: on doit absolument offrir à ces lecteurs en puissance un cadre adapté, leur faire comprendre que le plaisir pris dans la lecture peut se retrouver chez d’autres auteurs et être partagé. J’aimerais qu’ils réalisent à quel point lire est un divertissement génial. C’est même le propre des romans, on l’a un peu oublié. Les libraires jouent un rôle primordial ici.

J’aimerais que [les jeunes] réalisent à quel point lire est un divertissement génial.

Joël Dicker, écrivain – ELLE Suisse

Vous écrivez que les adultes ont perdu leur âme d’enfant. Vraiment?
Les enfants ont une façon très critique d’observer le monde et les adultes. Il me semble que nous avons perdu la capacité à nous émerveiller, nous remettre en question. Même si la connaissance d’un enfant n’est pas complète, il a ce potentiel, c’est primordial.

Un an après la parution d’Un animal sauvage, livre le plus vendu en 2024, l’écrivain romand revient pour séduire aussi les jeunes lecteurs.

«Faire lire le plus grand nombre»: c’est l’objectif poursuivi dans tout ce qu’il entreprend. Avec La très catastrophique visite du zoo (éd. Rosie & Wolfe, 2025), roman à suspense tendre et drôle, accessible aux lecteurs de tous âges, Joël Dicker montre à quel point la littérature permet de créer des liens.
 
ELLE: Pourquoi proposer aujourd’hui un livre qui peut être lu à tous les âges?
Joël Dicker. Je souhaitais depuis longtemps parvenir à écrire un livre qui pourrait être partagé et plaire tant aux grands lecteurs qu’à ceux qui lisent peu. La littérature est vraiment un moyen de connexion, on l’oublie parfois et certains s’interrogent sur la nécessité de lire alors qu’on a des smartphones, Netflix… La lecture est pourtant le ciment de notre société, elle permet de réunir des gens comme peuvent le faire le sport ou le cinéma.

Comment cette histoire est-elle née?
J’ai commencé à écrire sur ces enfants et leur école spéciale et ai soudain réalisé que ce livre pouvait convenir à tous: pas de meurtre, ni de sexe ni de sang. Même si c’est aux parents d’être les censeurs, il me semble qu’avant 12 ans, certains de mes livres ne sont pas adaptés. Dans celui-ci, il n’y a aucune violence. J’espère qu’il plaira aux lecteurs qui ne me connaissent pas encore, à des enfants et des parents qui ont envie de partager leur plaisir de me lire. J’aimerais que ce soit un objet qu’on se prête, qui passe de main en main.

Je souhaitais depuis longtemps parvenir à écrire un livre qui pourrait être partagé et plaire tant aux grands lecteurs qu’à ceux qui lisent peu.

Joël Dicker, écrivain – ELLE Suisse

Ne craignez-vous pas de déstabiliser ceux qui vous lisent habituellement?
Absolument pas. Ceux qui me suivent retrouveront inévitablement mon style et l’envie de tourner les pages. Il est dans la lignée de mes précédents même si ce n’est pas un polar. D’ailleurs, un tiers du Livre des Baltimore (2015) est écrit à hauteur d’enfant, pareil dans L’Enigme de la chambre 622 (2020): J’ai déjà utilisé ce procédé. Même s’il est relativement court, ce n’est pas de la «littérature jeunesse.»

Pensez-vous qu’un jeune lecteur séduit aujourd’hui demeurera un lecteur?
Tout à fait. Comment expliquer que les 450 millions de jeunes gens qui ont lu Harry Potter n’ont plus lu par la suite? Le problème vient je pense de l’industrie du livre qui est trop compartimentée. Quand nos enfants ont des habits qui sont trop petits, on leur en achète de nouveaux. C’est pareil avec la littérature: on doit absolument offrir à ces lecteurs en puissance un cadre adapté, leur faire comprendre que le plaisir pris dans la lecture peut se retrouver chez d’autres auteurs et être partagé. J’aimerais qu’ils réalisent à quel point lire est un divertissement génial. C’est même le propre des romans, on l’a un peu oublié. Les libraires jouent un rôle primordial ici.

J’aimerais que [les jeunes] réalisent à quel point lire est un divertissement génial.

Joël Dicker, écrivain – ELLE Suisse

Vous écrivez que les adultes ont perdu leur âme d’enfant. Vraiment?
Les enfants ont une façon très critique d’observer le monde et les adultes. Il me semble que nous avons perdu la capacité à nous émerveiller, nous remettre en question. Même si la connaissance d’un enfant n’est pas complète, il a ce potentiel, c’est primordial.