Isabel Marant continue de parler à toutes les « Cool girls » de l’été
Pour sa première collection sans la fondatrice de la maison, Kim Bekker a pensé un vestiaire qui fait perdurer la délicieuse décontraction féminine signature. Mais le renouveau dans tout cela ?

Le tube de Little Smiz, « Mood Swingz » (2024) démarre ; Paris Hilton est le grand nom du front row ; Les premiers pas des mannequins soulèvent la terre battue avec confiance. Le ton est donc donné : Isabel Marant signe un été girly, ancré, cette fois, dans le désert. À la Cour d’Honneur du Domaine National du Palais Royal, la maison parisienne a présenté jeudi 2 octobre une collection fidèle à son héritage, entre sensualité naturelle et force tranquille.
Un esprit maîtrisé, une continuité assurée
Recrutée en 2021 comme directrice artistique, Kim Bekker signe ici sa première saison en pleine autonomie, après avoir accompagné la fondatrice éponyme pendant plusieurs années. Son printemps-été 2026 séduit alors d’abord par sa clarté. Les teintes sable, ocre, rose et poudré, les tissus légers, les coupes qui suivent le corps et l’embellissent sous une forme explorative : c’est une collection qui respire la conquête douce. Rien n’est forcé, tout semble à sa place. Kim Bekker s’affirme ainsi sans rupture, réussissant à maintenir ce fragile équilibre entre allure décontractée et élégance instinctive, fidèle à la signature « cool girl » qui fait battre le cœur d’Isabel Marant depuis plus de trente ans.


Une élégance sage, peut-être trop
Mais cette maîtrise, aussi remarquable soit-elle, frôle parfois la redite. Les références désertiques, bohèmes et utilitaires, multipliées à l’envi, finissent par rendre la collection trop thématique, presque illustrative. L’ensemble manque, par moments, de cette étincelle des premières fois, ce geste inespéré qui relance le récit créatif. Là où l’on anticipait un nouvel élan, Kim Bekker semble pour l’instant préférer la prudence à la provocation, la fidélité à la rupture. Sa proposition séduira ainsi les habituées, moins les chineurs de nouvelles tendances.


Mais cette première saison en solo reste une proposition solide, cohérente et sincère, où la créatrice néerlandaise affirme son respect de l’héritage et son envie manifeste : faire perdurer cette idée d’une mode instinctive, presque nomade, que l’on enfile comme une seconde peau. La collection prouve tout du moins la solidité de la passation créative entre Isabel Marant et sa successeuse. Grâce à Kim Bekker, la maison française continue d’incarner la féminité libre et instinctive qui fait sa renommée. Reste à transformer peut-être, dans les saisons à venir, cette continuité maîtrisée en audace affirmée.