Ces looks qui ont marqué l’histoire du tennis féminin
Ces derniers jours, tous les regards étaient tournés vers les tribunes de Wimbledon. Mais si l’on s’intéressait plutôt aux joueuses elles-mêmes ? On découvrirait qu’une Espagnole a révolutionné l’uniforme du tennis féminin… et qu’une toute jeune Carolina Herrera posait déjà raquette à la main.
Les looks arborés par les célébrités dans les tribunes des tournois de tennis attirent toujours tous les regards, tandis que sur le court, nos yeux restent rivés sur la balle échangée par les plus grandes stars de la discipline. Pourtant, les tenues portées par les plus grandes joueuses au fil des décennies ont, elles aussi, profondément marqué l’histoire de la mode… et celle du tennis.
Dimanche dernier, Jannik Sinner a remporté le trophée masculin de Wimbledon, tandis que Linda Nosková s’est imposée dans le tournoi féminin. Pour l’occasion, Kate Middleton était présente et a, une fois de plus, séduit avec son élégance classique. Comme chaque année, les silhouettes de l’aristocratie britannique, des célébrités et des mondaines ont fait de Wimbledon l’un des rendez-vous mode les plus chics de la saison.
Mais un autre défilé se joue directement sur le court, où les vêtements ont toujours eu une importance bien plus grande qu’on ne l’imagine. De la fin du 19e siècle à aujourd’hui, les joueuses ont dû bousculer les codes, défier les conventions et provoquer leur époque pour gagner la liberté créative dont témoignent désormais les tenues de championnes comme Naomi Osaka. Alors, pourquoi ne pas revenir sur ces moments qui ont façonné les standards vestimentaires du tennis moderne ?
Le premier pantalon de tennis féminin… porté par une Espagnole
En 1887, l’Anglaise Charlotte Dod, surnommée « Lottie », remporte Wimbledon à seulement 15 ans vêtue d’une robe qui rappelle son uniforme scolaire. À l’époque, les règles vestimentaires du tennis sont encore extrêmement strictes, mais une première secousse vient déjà ébranler les traditions.

Près de 30 ans plus tard, dans les années 1920, la Française Suzanne Lenglen stupéfie le public britannique avec son style inspiré des flappers, imaginé par le grand couturier Jean Patou. Dans le même temps, l’Américaine Helen Wills Moody marque un tournant en devenant l’une des premières sportives à côtoyer les têtes couronnées et les stars hollywoodiennes, sans jamais renoncer aux dernières tendances, même sur le court.
La véritable révolution survient toutefois en 1931. Cette année-là, l’Espagnole Lilí Álvarez foule les courts de Roland-Garros dans une jupe-culotte créée par Elsa Schiaparelli en personne. Une apparition inédite qui ouvre une nouvelle voie aux générations futures.
D’une très jeune Carolina Herrera à Naomi Osaka : l’évolution du style sur les courts
Dans les années 1950, les cardigans et les jupes plissées deviennent la norme officieuse du tennis féminin. C’est notamment l’uniforme de Maureen Connolly, première femme à remporter les quatre tournois du Grand Chelem la même année, en 1953.
Au cours de cette même décennie, une jeune femme prometteuse apparaît dans les pages du magazine vénézuélien Elite. En 1956, Carolina Pacanins Niño n’a que 17 ans. Son futur nom, Carolina Herrera, n’est pas encore celui qui fera sa renommée, mais le magazine salue déjà son entraînement acharné et son retour sur les courts après une brève pause. « Sa silhouette blanche et élancée se distinguait au loin », peut-on y lire. Qui aurait imaginé que cette même silhouette deviendrait, quelques années plus tard, l’incarnation d’une élégance intemporelle à travers ses chemises, ses jupes et ses robes ?
Les années 1970 et la tenue iconique de Billie Jean King lors de la Bataille des sexes
Au fil des décennies, les évolutions de la mode transforment aussi le tennis. La minijupe popularisée dans les années 1960 par Mary Quant raccourcit progressivement les tenues des joueuses. C’est dans ce contexte qu’apparaît l’une des silhouettes les plus emblématiques de l’histoire du tennis : la robe imaginée par le Britannique Ted Tinling pour l’Américaine Billie Jean King. Nous sommes en 1973. La lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes s’invite au cœur du court lorsque la championne affronte Bobby Riggs lors de la célèbre « Bataille des sexes ». Sa victoire entre dans l’histoire, tout comme la tenue qui l’accompagne.
Des années 1980 aux années 2000 : des silhouettes plus modernes et plus colorées
À la fin du 20e siècle, les joueuses peuvent enfin choisir entre shorts, jupes courtes et vêtements bien plus confortables que la robe portée par Lottie en 1887. Dans ce contexte plus libre, plusieurs tenues deviennent iconiques. En 1985, Anne White provoque un véritable scandale à Wimbledon en apparaissant dans une combinaison blanche inspirée de l’univers du fitness, alors en plein essor.
Quelques années plus tard, en 2002, Serena Williams remporte l’US Open vêtue d’une combinaison noire signée Puma. Une silhouette audacieuse qui rompt avec le blanc immaculé, longtemps symbole incontournable de la mode sur les courts.
En 2008, Maria Sharapova transforme une tenue Nike en un surprenant tuxedo sportif. Et aujourd’hui, difficile d’évoquer l’originalité sans penser à Naomi Osaka. Cette année encore, elle a confirmé son statut d’icône mode en rendant hommage à ses racines japonaises avec un kimono spectaculaire qui a laissé tout le monde sans voix.
Autrice : Lucía Mariño
Cet article a été traduit et adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur elle.com/es. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.