Qui sont ces sportifs qui tordent le cou aux clichés de la masculinité
D’Erling Haaland, le footballeur hilarant et roi des mèmes, à Héctor Bellerín, dont le discours critique et féministe est inhabituel dans le monde du football, nombreux sont les athlètes qui attirent l’attention au-delà de leurs exploits sportifs.
« Je n’allais pas regarder la Coupe du monde jusqu’à ce que je découvre Erling Haaland », m’a lancé une amie qui n’avait pourtant jamais manifesté le moindre intérêt pour le football. J’imagine que depuis l’élimination de la Norvège, elle a probablement retrouvé son indifférence pour l’univers des buts. Pourtant, elles sont nombreuses à admirer aujourd’hui le footballeur de 25 ans, et pas seulement pour ses exploits sur le terrain. Elles l’aiment pour son incroyable sens de l’humour (sans parler de son physique, soyons honnêtes), pour sa façon d’assumer sa vulnérabilité et d’afficher son affection envers ses coéquipiers — adieu la masculinité fragile ! — mais aussi pour sa collection de sacs Birkin qui ferait rêver plus d’une fashionista. Même s’il faut bien l’avouer, nous ne refuserions pas non plus son sac Dolce & Gabbana de la collection printemps-été 2027, qui n’est pourtant pas encore disponible à la vente.
Erling Haaland, le chouchou des nanas
Erling Haaland est devenu le roi des mèmes. Et même si beaucoup de ceux qui sont devenus viraux sont générés par intelligence artificielle (IA), ils sont si amusants qu’il devient difficile de ne pas faire semblant d’oublier qu’ils ne sont pas réels. « Pour beaucoup de femmes, être fan de Haaland est en train de devenir une porte d’entrée inattendue vers ce sport », explique la journaliste Asma Siddiqui. « Grâce à ses mèmes et à ses stories Snapchat, elles découvrent une manière accessible de rejoindre une communauté de supporters qui, pendant longtemps, leur a donné le sentiment d’être exclues. C’est un joueur sympathique, proche des gens et moins intimidant que ses collègues, ce qui facilite l’attachement », ajoute-t-elle.
Pour beaucoup de femmes, être fan d’Erling Haaland est en train de devenir une porte d’entrée inattendue vers ce sport. Grâce à ses mèmes et à ses stories Snapchat, elles découvrent une manière accessible de rejoindre une communauté de supporters qui, pendant longtemps, leur a donné le sentiment d’être exclues.
Désormais, on parle même de « Haalandmania ». Preuve de l’engouement qu’il suscite : 468 bébés portent déjà le prénom Haaland, dont 91 avec Erling comme premier prénom. Et comme si cela ne suffisait pas, le joueur a gagné plus de 22 millions d’abonnés pendant la Coupe du monde 2026
Héctor Bellerín, le footballeur qui bouscule les codes
Il est rare qu’un footballeur prenne la parole sur l’hypermasculinité toxique et le machisme présent dans le football. Pourtant, Héctor Bellerín utilise également sa notoriété pour dénoncer ces comportements. Son style vestimentaire est également loin des standards habituels des stars du ballon rond. Comme Haaland, il revendique ouvertement son amour pour la mode.
Le latéral droit du Betis possède d’ailleurs sa propre marque de vêtements éthique et responsable, Gospel Estudios. Et comme l’a montré Marc Giró dans son émission, loin des villas standardisées qui semblent presque être devenues une signature des footballeurs, Bellerín vit dans une maison qui, selon le présentateur, « ressemble à celle de Hansel et Gretel ». Le joueur a d’ailleurs reconnu que sa décoration provenait de Wallapop. « Ce n’est pas courant qu’un footballeur prenne position, s’engage et assume ses convictions », lui a lancé Marc Giró. « Nous sommes très protégés par les clubs, mais pour défendre les footballeurs, il faut aussi dire que nous demandons souvent leur opinion à des jeunes de 17 ans qui n’ont pas encore les idées très claires », a répondu Bellerín. « Nous qui avons une position très confortable, nous ne nous remettons pas suffisamment en question », a-t-il ajouté, expliquant qu’il avait toujours eu « la chance d’avoir un entourage » qui lui permet de « garder les pieds sur terre », ainsi qu’une famille humble.
Jannik Sinner, l’ambassadeur mondial de Gucci
Le tennisman Jannik Sinner est ambassadeur mondial de Gucci, maison pour laquelle il a posé à de nombreuses reprises. Il y a quatre ans, il a également signé un contrat colossal de 150 millions de dollars sur dix ans avec Nike. Devenu une véritable référence en matière de style, le double vainqueur de Wimbledon est apparu sur le court avec la veste Nike Radical Airflow, une pièce créée sur mesure et spécialement conçue pour lui.
Lors de ses victoires, il continue de surprendre le monde avec ses looks. Le lendemain de son premier sacre en Grand Chelem, il misait ainsi sur un cardigan bleu Gucci, des baskets Nike et une montre Rolex. Ses cheveux sont également devenus l’un de ses grands atouts. À tel point que lorsque Guy Kelly l’a interviewé pour le Telegraph, il n’a pas résisté à l’envie de leur consacrer quelques lignes : « Ses cheveux sont particulièrement magnifiques : libérés de la casquette de baseball qu’il porte toujours sur le court, ils forment une masse de boucles si dense, indisciplinée et d’un roux cuivré si intense que le prince Harry ferait bien d’emporter une photo de lui chez un chirurgien capillaire en Turquie si sa situation venait à sérieusement se dégrader. » Tout un programme.
Alexander Zverev, le sportif qui sensibilise au diabète de type 1
Alexander Zverev est devenu une figure importante pour les personnes atteintes de diabète, grâce à sa volonté de rendre visible cette maladie. Il est le premier joueur de tennis diabétique à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem et a été immortalisé à de nombreuses reprises en train de mesurer son taux de glucose ou de s’injecter de l’insuline pendant ses matchs.
Ces gestes peuvent sembler anodins, mais ils sont essentiels : lorsque des personnalités publiques atteintes de diabète témoignent, elles permettent de mieux comprendre la réalité de la maladie et de rappeler qu’être diabétique ne signifie pas simplement « ne pas pouvoir manger un petit bonbon ». « Commencer à jouer au tennis a peut-être été mon plus grand défi. Je suis diabétique depuis tout petit et je ne me souviens pas de la vie sans cette maladie. Quand j’avais 4 ans, je ne savais pas ce que cela signifiait. Tout ce que je savais, c’est que je devais toujours me contrôler, mais je ne comprenais pas pourquoi », expliquait-il au média Clarín. « J’ai toujours été un peu complexé par ma maladie et je voulais la cacher. Si aujourd’hui certains enfants se sentent plus à l’aise parce qu’ils savent que je joue au tennis et que je suis diabétique, ou parce qu’ils me voient m’injecter de l’insuline sur le court, cela me rend fier. Cela me donne une raison supplémentaire et une nouvelle motivation pour continuer ce que je fais », confiait-il.
Si aujourd’hui certains enfants se sentent plus à l’aise parce qu’ils savent que je joue au tennis et que je suis diabétique, ou parce qu’ils me voient m’injecter de l’insuline sur le court, cela me rend fier.
Quand le sport devient aussi une question de personnalité
J’avoue que le sport ne m’intéresse absolument pas. Et je dis cela sans grande fierté : on a même dû m’expliquer que « l’Espagne porte un maillot rouge » (apparemment, le fait qu’on l’appelle La Roja n’était pas assez évident pour que je comprenne).
Mais ces dernières semaines, j’ai commencé à m’intéresser à de nombreux sportifs, non pas pour leurs exploits sur le terrain, mais pour leurs prises de position politiques, leurs revendications… et, soyons honnêtes, parce que certains sont loin d’être désagréables à regarder.
Me verrez-vous bientôt assister à un match de tennis ou de football ? Que Dior m’en préserve. En revanche, je continuerai certainement à suivre beaucoup d’entre eux sur les réseaux sociaux.
Autrice : Marita Alonso
Cet article a été traduit et adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur elle.com/es. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.