Moby, Tyla, Raye, John Legend… : la programmation folle et les nouveautés du Montreux Jazz Festival

Retour au Centre de Congrès, programmation transgénérationnelle et clins d’œil appuyés à son héritage : pour ses 60 ans, le célèbre festival de la Riviera signe une partition anniversaire à la hauteur de son statut.
60 ans. C’est l’âge auquel certaines institutions auraient tendance à ne regarder que derrière elles. Le Montreux Jazz Festival (MJF), lui, fait exactement l’inverse. Mercredi 31 mars, l’événement né en 1967 a dévoilé une programmation sans faux pas, qui assume pleinement une double lecture, entre mémoire assumée et curiosité ultra actuelle.
Icône d’hier à aujourd’hui
Pour sa nouvelle édition, qui se tiendra du 3 au 18 juillet 2026, le MJF joue en effet sur un équilibre presque millimétré entre icônes et nouveaux visages. D’un côté, des figures tutélaires telles que Sting, Nick Cave & The Bad Seeds, Moby, Van Morrison, Deep Purple, James Taylor ou encore Charles Lloyd. Ce dernier revient au cœur de la Riviera pour encenser ses 60 ans de participation – clin d’œil fort, presque circulaire, pour celui qui avait déjà joué lors de la toute première édition. De l’autre, PinkPantheress, Tyla, Conan Gray, Charlotte Cardin, Giveon, John Legend, Naïka, Makala ou encore Zara Larsson, représentants d’une pop mondialisée, qui ne s’excuse plus d’additionner les influences.

Cette circulation entre les époques ne se limite pas à la programmation pure : elle irrigue aussi les formats spécialement imaginés pour l’édition anniversaire. En ouverture, recordwoman de Brit Awards Raye prendra possession de l’Auditorium Stravinski dans une configuration inédite, entourée de special guests, pour une soirée pensée comme une véritable création sur mesure. Au Montreux Jazz Lab, Eddy de Pretto lancera les festivités avec un projet mêlant musique et danse contemporaine, tandis que Cerrone refermera la boucle avec une version orchestrale de son répertoire disco.

Scènes d’origine, quais et terrasses agrandis
Côté cadre, cette édition anniversaire encense tout autant son héritage. Le Montreux Jazz a en effet annoncé son retour au Centre de Congrès, après deux années en open air. Les scènes emblématiques de l’Auditorium Stravinski et du Montreux Jazz Lab retrouveront ainsi leur écrin d’origine, avec à la clé ce qui a toujours fait la force du festival : proximité avec les artistes, exigence acoustique et sensation immersive. Pas question de tourner en rond : le parcours le long des quais est également prolongé et les terrasses agrandies !
Bref, 60 bougies et le Montreux Jazz Festival ne se contente pas de célébrer un anniversaire symbolique. Il confirme surtout une chose : sa capacité à durer sans se figer. Entre héritage et renouvellement, institution et laboratoire, il continue de tracer sa route – avec, intacte, cette impression rare d’être toujours au bon endroit, au bon moment.