Ces talents féminins qui font briller la Suisse au Festival de Cannes 2026
Pour la 79e édition de l’événement cinématographique, ELLE Suisse met en lumière les Suissesses qui s’imposent sur la Croisette. Premiers longs métrages très attendus, cinéma indépendant et projets audacieux : la création suisse féminine signe une présence remarquée et confirme son nouvel élan sur la scène internationale.
Longtemps en retrait des grands festivals, le cinéma suisse au féminin s’affirme aujourd’hui avec assurance. Une génération de cinéastes singulières, des écritures libres, des récits forts : la scène helvétique gagne en visibilité et s’installe durablement dans le paysage européen du cinéma d’auteur.
À Cannes, cette dynamique se traduit par une diversité de propositions, entre fiction, cinéma de genre et formes hybrides. Les réalisatrices suisses imposent des univers personnels et des regards affirmés, qui participent pleinement au renouvellement des voix féminines dans le cinéma actuel.
Sarah Arnold, la révélation
Elle fait partie des noms à suivre de cette édition. Sarah Arnold, réalisatrice italo-suisse, présente à la Quinzaine des cinéastes son premier long métrage, L’Espèce explosive. Un projet singulier, déjà très remarqué, qui s’inscrit dans une veine à la fois déroutante et captivante.

Dans ce thriller rural, Ella Rumpf incarne une femme confrontée à un phénomène inattendu : une campagne française bouleversée par l’apparition de sangliers géants. Derrière cette situation absurde en apparence, la cinéaste explore des thèmes plus profonds, entre tensions sociales, rapport au vivant et fragilité du réel. Un premier long métrage qui mêle humour noir, atmosphères inquiétantes et regard critique sur le monde contemporain.
Céline Carridroit et Aline Suter, le duo à suivre
Direction la sélection ACID Cannes avec Virages, signé Céline Carridroit et Aline Suter. Coproduit par la société genevoise Cavale Films, le film adopte une forme hybride, alliant fiction et observation du réel, dans une œuvre à la fois intimiste et en mouvement.

On y suit Johanna, ouvrière dans une manufacture horlogère genevoise, dont le quotidien routinier contraste avec un désir d’évasion profondément enfoui. Lorsqu’elle décide de restaurer une vieille Volkswagen Coccinelle pour participer à une course automobile, c’est un nouvel horizon qui s’ouvre à elle. Celui de la liberté, de l’élan et d’un basculement vers une autre vie. Les deux réalisatrices signent une histoire poignante, portée par l’énergie du road movie et la précision du portrait féminin.
Les Suissesses s’illustrent au Marché du Film
Au-delà des projections, plusieurs Suissesses s’illustrent également au Marché du Film, véritable point de convergence de l’industrie mondiale. Michela Pini rejoint le programme « Producers on the Move », dédié aux producteurs émergents européens. La compositrice Mirjam Skal est sélectionnée pour « Spot the Composer », qui met en avant les nouvelles signatures musicales du cinéma, tandis que Fabiana Seitz intègre la « New Producers Room », programme consacré aux talents émergents de la production internationale.
Cannes 2026 aux couleurs helvétiques
Avec six films en sélection cette année, la Suisse confirme la vitalité de sa création cinématographique et l’essor de ses réalisatrices. Cannes 2026 met en lumière des univers singuliers, portés par des voix féminines qui renouvellent le regard sur le cinéma moderne. Une présence discrète mais affirmée, qui pourrait bien compter parmi les révélations de cette édition. En écho, cette empreinte helvétique résonne jusqu’au trophée lui-même, puisque la Palme d’or est fabriquée à Meyrin, près de Genève, dans les ateliers de la maison Chopard.