Rencontre avec la fondatrice de la célèbre méthode « Renata França » : « Il faut partager sa réussite »

Le massage miracle, adulé du monde esthétique, célèbre et libère les femmes.
Le nom «Renata França» évoque immédiatement cuisses galbées et peau lissée. La méthode brésilienne révolutionnaire anticellulite est désormais devenue une marque mondiale. Un réseau de formatrices garantit le respect du protocole de sa fondatrice. Derrière la «Miracle Touch», une femme volontaire qui, partie de rien, a bâti sa notoriété à force de passion, générosité et sens entrepreneurial. Elle aime prendre soin du corps comme des femmes elles-mêmes. On la découvre pour la première fois hors de son pays natal, à Genève, à l’institut Fleur de Coton, agréé formateur officiel pour la Suisse et la France.
ELLE : Qui étiez-vous avant la célèbre méthode qui porte votre nom ?
Renata França : J’ai grandi à Bahia, au Brésil, dans un milieu modeste. Mon père était chauffeur de camion et ma mère femme au foyer. C’est par elle que je suis arrivée au massage, car pour compléter les fins de mois, elle tenait un salon de coiffure à la maison et je devais l’aider.
Que faisiez-vous au salon ?
Nous devions nous occuper des clientes, mais aussi aider à la préparation des soins : masques à l’avocat pour les cheveux, exfoliations à base de café, de farine…. J’ai vite été initiée à l’esthétique. Bien avant de démarrer mon parcours, j’ai vu qu’on pouvait transformer l’apparence avec des gestes simples et des ingrédients accessibles.
Pensiez-vous déjà créer votre marque ?
Pas du tout ! J’écris depuis l’enfance, je voulais devenir journaliste, être la meilleure dans mon domaine. Par manque de moyens, j’ai dû financer mes études en acceptant un emploi chez L’Occitane. En travaillant dans ce spa, j’ai découvert le massage.
C’était donc une évidence ?
Pas vraiment… remettons les choses dans leur contexte : il y a 25 ans, le massage s’adressait surtout aux hommes qui recherchaient la détente, avec des connotations sexuelles. L’Occitane commençait tout juste à introduire des techniques de drainage lymphatique et de remodelage pour les femmes.
Il y a 25 ans, le massage s’adressait surtout aux hommes qui recherchaient la détente, avec des connotations sexuelles.
Qu’est-ce qui vous a amenée à développer votre méthode ?
J’étais frustrée de ne pas voir de résultats et je sentais que l’attente était énorme. J’en ai profité pour observer, tester des choses et étudier… j’ai mélangé différentes techniques, drainage, remodelage, travail sur la circulation et j’ai vu apparaître des résultats immédiats. C’était bluffant ! Mais je n’allais pas donner ma méthode à L’Occitane, ils auraient gardé la propriété intellectuelle, j’ai donc attendu le moment où je pourrais l’utiliser à mon compte.
C’est votre côté femme d’affaires !
Je suis très travailleuse, mais il y a aussi une part de chance. Le moment décisif a été la rencontre avec une femme des médias influente. Elle a fait marcher le bouche-à-oreille. Là, Vogue Brésil a titré «La femme qui affine les jambes», le salon de São Paulo qui recevait plus de 800 demandes par jour s’est développé, j’ai établi le protocole avec la création d’un centre de formation. Enfin, il y a eu l’expansion globale de ma méthode…
Plusieurs membres de votre famille travaillent pour vous…
Je suis l’aînée. J’ai choisi d’engager mes frères et sœurs, ça m’évite de les entretenir ! Chacun a une fonction et un revenu : une de mes sœurs m’accompagne dans les massages, une autre s’occupe du commercial et un de mes frères a également rejoint l’activité. Tout repose sur la famille, même si parfois il y a des tensions, qu’on se dispute, on finit toujours par se réconcilier. La famille, c’est mon socle, comme la foi sur laquelle je m’appuie professionnellement.
Au Brésil et à l’étranger, vous avez permis à de nombreuses femmes de subvenir à leurs besoins…
Il faut partager sa réussite. Cela doit bénéficier à d’autres. Ma méthode est devenue un levier de changement pour beaucoup de femmes, car cela les a rendues autonomes financièrement. Le centre de formation a transformé des destins : en vivant de leurs compétences en massage, certaines ont pu quitter des relations toxiques, assumer seules l’éducation de leurs enfants. Lorsqu’une femme n’est plus dépendante financièrement, elle peut faire des choix, se protéger et protéger ses enfants. Pour moi, le massage dépasse la qualification technique en devenant un outil de dignité et d’émancipation. Cela n’a pas de prix.
Lorsqu’une femme n’est plus dépendante financièrement, elle peut faire des choix, se protéger et protéger ses enfants.
À propos de vie privée, est-ce compliqué de voyager en permanence ?
Ce n’est pas facile de gérer une vie de famille quand on est loin. Je me sens toujours partagée entre l’entrepreneur qui part à la conquête du monde et la mère de trois enfants. On a toutes les assiettes en l’air, en permanence. Mais ma force vient aussi de ma capacité à leur montrer qu’on peut construire sa propre trajectoire, et cela vaut tous les discours.
Votre mari est-il à l’aise face au succès de son épouse ?
J’ai un mari merveilleux! (Elle lui envoie un baiser du bout des doigts). Mon pilier. Il ne s’est jamais senti menacé par mon succès. C’était mon premier amour, nous habitions la même rue, et je partage encore ma vie avec lui aujourd’hui. Il prend soin de la maisonnée, coordonne les rendez-vous médicaux et scolaires des enfants quand je voyage. Ce partage de charge mentale me permet de me consacrer pleinement à ma marque, j’ai l’esprit tranquille, ma famille reste structurée et sûre en mon absence.
Vous êtes partout au Brésil et dans 14 pays… de quoi rêve encore Renata França ?
Souffler! Après avoir passé neuf années à parcourir tout le pays pour donner des cours, j’ai pris une année sabbatique.
Comment avez-vous décroché ?
Hum… j’ai travaillé… j’ai pris ce temps pour repenser l’organisation. J’ai développé l’ouverture à la formation : une compétence transmissible avec un potentiel de diffusion plus large. Mais je rêve d’ancrer davantage le massage dans sa mission thérapeutique et médicale.