À moins de 2h de Genève, goutez à l’art de vivre Italien à l’Auberge de la Maison

Bienvenue dans la Vallée d’Aoste, au pied du Mont-Blanc, sur le versant italien ! Dans le petit hameau d’Entrèves, une imposante bâtisse rustique, de bois et de pierres, abrite une institution : l’Auberge de la Maison. Depuis 30 ans, dans cet hôtel 5 étoiles, on cultive le goût de recevoir ses hôtes comme à la maison, et la tradition de l’hospitalité alpine.
Alessandra Garin vient nous accueillir, c’est la maîtresse de maison. Elle a l’élégance des femmes italiennes, discrètes et charismatiques, et un petit accent charmant qui rythme son français presque parfait. Tout en nous parlant, elle veille à chaque détail, et salue bien volontiers tous les habitués dont elle connait le nom. Son personnel, fidèle pour certains depuis l’ouverture, déambule, attentif à la clientèle. Tous portent un costume, inspiré de la tradition montagnarde, revisité par Alessandra. Son sourire, ses mots choisis fleurent bon l’authenticité. Il est agréable de l’écouter nous partager l’âme de ces lieux.
Une histoire de famille
L’Auberge de la Maison est une histoire de famille. Depuis bientôt 30 ans, on conjugue ici l’art de recevoir de grand-père en petite fille. Alessandra est la troisième génération. Elle, qui se destinait à une carrière dans le droit, a embrassé son destin le jour où ses parents ont envisagé de se séparer de cet héritage familial. « J’avais choisi une carrière plus traditionnelle…. mais mes grands-parents ont mis tout leur cœur à construire cet endroit, à lui donner une âme. Mes parents,après eux, ont consacré leur vie à le faire grandir. Je les ai vus toute mon enfance prendre soin de leurs hôtes. Comment se résigner à l’abandonner ». Alessandra part alors étudier à l’EHL de Lausanne et revient en 2004, pour reprendre l’Auberge, suivie un peu plus tard par son mari.
Un endroit atypique
La bâtisse, autrefois acquise par ses grands-parents, a bien grandi. Au fil des années, l’hôtel a changé, il accueille aujourd’hui un spa, un restaurant, il a été rénové, mais dans le respect de ce qu’il a toujours été. « Ce qui est très important pour nous, c’est qu’on ne ressemble pas à un hôtel, mais à une grande maison. Je voyage beaucoup et je vois de plus en plus d’établissements très beaux, très luxueux, mais sans âme ».
Ce qui est très important pour nous, c’est qu’on ne ressemble pas à un hôtel, mais à une grande maison. Je voyage beaucoup et je vois de plus en plus d’établissements très beaux, très luxueux, mais sans âme.
Dans les couloirs de l’Auberge de la Maison, des portraits dont les regards accompagnent nos trajets. La tradition alpine s’illustre autant dans l’odeur des bouquets de fleurs, que dans le choix de pièces anciennes, de meubles montagnards. Où que nos yeux se posent, chaque objet semble nous conter son histoire. « À l’époque où l’hôtel a ouvert, on a pris tous les objets de notre maison, chinés dans des brocantes, pour les partager avec nos hôtes : les tables, la vaisselle, des tapis, des tartans, des tableaux, des lampes, des casseroles, l’argenterie jusqu’au set de table !».

Un mélange authentique de matières, de motifs, mariés avec justesse et savamment disposés dans les espaces, ici et là, tantôt séparés par les pans d’un vieux mazot montagnard remontés pour créer une atmosphère, un refuge discret. « La skieuse posée sur la poutre de l’entrée est un cadeau de ma maman à mon papa. Au fil des années, ils ont créé une collection… » nous confie Alessandra. En bruit de fond, chaque pas sur le sol typique en carrés de bois, joue une petite musique, comme pour saluer les départs et les arrivées. Dans les chambres, le confort d’une literie de qualité se mêle à une décoration élégante et épurée, qui se veut – ni trop ni pas assez. Ici, on prend le temps, et on l’étire dans une longueur réparatrice.

Dolce farniente
Depuis la Maison de l’eau, plongé dans la piscine chauffée de l’hôtel, mi-intérieure mi-extérieure, la majesté du paysage nous emporte au plus haut des cimes, sur la chaîne du Mont-Blanc, de l’Aiguille Noire aux Grandes Jorasses. Un spectacle de la nature à lui seul salvateur. À la carte du spa, des soins pour réconcilier l’âme et le corps aussi uniques et étonnants, que le gommage à la polenta ou au genévrier, ou le bain de foin en duo dans la baignoire en bois.

Dans la salle à manger face au Mont-Blanc, les objets du décor ont trouvé leur place autour de l’immense cheminée. À la table de l’Auberge, on cuisine des produits de saison sourcés dans la vallée. La carte raconte les saveurs italiennes dans la plus pure tradition. Risotto, gnocchis aux herbes sauvages, raviolis, des trios de polenta – la spécialité, valsent avec les viandes savamment mijotées. Dans les verres, un breuvage d’un rouge profond, riche, dont on se délecterait presque sans modération ! « Mon grand-père faisait le vin, Lo Rodzo de Filippo, il vient des vignes du Saint-Pierre. »

Le Cadran Solaire
Ouvert par Léo Garin (le père d’Alessandra) en 1985, Le Cadran Solaire, dans le centre de Courmayeur, est le second restaurant de la famille, aujourd’hui géré par Filippo Valdata, le mari d’Alessandra. Un endroit convivial, élégant avec ses salles aux plafonds voûtés, où pierres et bois se mêlent à nouveau pour souligner un caractère particulier. On retrouve ici aussi une multitude d’objets comme les sous-mains en étain et l’ambiance propre à l’Auberge de la Maison. Derrière le bar : le chef prépare, méticuleusement, les antipasti et les desserts. Dans les assiettes, des recettes familiales traditionnelles et la cuisine valdôtaine, des saveurs alpines et italiennes. On retiendra particulièrement le goût et la tendreté du filet de boeuf du Piémont en croûte de pain aux herbes fraiches, servi sur des pierres chaudes, et les saveurs du risotto « All’improvviso » !

Notre passage à l’Auberge de la Maison s’achève. Nous avons goûté à l’art de l’hospitalité selon la Famille Léo Garin. Ici c’est la satisfaction des clients et le plaisir de recevoir qui animent Alessandra et toute son équipe. Et ces valeurs rares, se partagent comme un secret. « Les gens reviennent chaque année, ils parlent de nous à leurs amis. Et leur satisfaction nous procure une grande joie. » Alors à notre tour « Passaparola ! ».
aubergemaison.it
