Lady Diana : son iconique « Revenge Dress » sera exposée à Genève

La célèbre Revenge Dress de Lady Diana sera exposée à Genève avant sa vente aux enchères. Perçue comme un symbole de vengeance, ne serait-elle pas plutôt une affaire de pouvoir ?
Véritable objet culturel, l’une des robes les plus célèbres et les plus symboliques de notre époque s’apprête à sortir de son placard. Portée en 1994 par Lady Diana après que le prince Charles a reconnu publiquement son infidélité, la mythique robe noire sera exposée à Genève du 6 au 11 novembre, avant d’être vendue aux enchères à New York en décembre prochain.
Une robe devenue culte
Le 29 juin 1994, le prince Charles vient d’évoquer publiquement son infidélité lors d’une interview télévisée. Le soir même, Diana doit se rendre à une soirée organisée par Vanity Fair à la Serpentine Gallery. Tandis que la presse et l’opinion publique sont ébranlées par la nouvelle, la princesse ne se défile pas. Bien au contraire. Prévue à l’origine dans une robe Valentino choisie pour l’occasion, Diana change finalement de tenue au dernier moment et opte pour une création noire en soie signée Christina Stambolian, courte, moulante et décolletée, loin des codes vestimentaires auxquels elle avait habitué le public. Avec, un collier de perles, des escarpins et, détail inhabituel à l’époque pour elle, un vernis rouge éclatant. Le résultat est immédiat : les photographes délaissent un instant le scandale conjugal pour braquer leurs objectifs sur Diana. Et elle a bien réussi son coup. Plus de 30 ans après cette apparition, nous continuons d’évoquer ce moment et, aujourd’hui, la mise aux enchères de cette robe devenue culte.
Mais était-ce vraiment une « robe de vengeance » ?
La Revenge dress a donné naissance à une grammaire devenue parfaitement contemporaine et surtout, à tout un imaginaire autour du « revenge dressing » : cette manière de s’habiller après une rupture, une trahison ou une humiliation pour reprendre le contrôle de son image et, accessoirement, faire comprendre à celui qui nous a perdue qu’il a peut-être commis une légère erreur stratégique. Mais réduire le geste de Diana à une simple vengeance ne serait-il pas passé à côté de l’essentiel ? À travers cette robe, Diana reprend le contrôle de la narration au moment même où tout le monde semble vouloir raconter son histoire à sa place. Et c’est probablement là que réside toute la puissance de cette apparition. Le prince Charles venait de parler à la presse. L’opinion publique allait s’approprier, une fois de plus, ce qu’elle a de plus précieux : son intimité. Aux grands maux, les remèdes: ni communiqué, ni déclaration. Mais une robe noire, un décolleté et un vernis rouge. Force est de constater que le message est plutôt bien passé.
Escale à Genève
L’histoire de la pièce ne s’arrête pourtant pas à son moment iconique. Diana ne la portera plus jamais en public. En juin 1997, quelques mois avant sa mort, elle vend elle-même 79 de ses robes lors d’une vente caritative destinée à soutenir des associations engagées contre le cancer et le sida. La Revenge Dress est alors acquise par ses propriétaires actuels et restera dans leur collection pendant près de trois décennies.
Cette fois, Sotheby’s estime la robe entre 150’000 et 300’000 dollars. Une partie des recettes sera reversée à la NHS Lothian Charity au bénéfice du Royal Edinburgh Hospital. Mais avant cela, la robe fera sa dernière tournée mondiale en passant par Londres, Hong Kong et fera donc escale à Genève, du 6 au 11 novembre avant de retourner à New York pour la vente aux enchères qui aura lieu en décembre. L’occasion de voir de près celle qui n’est plus qu’une simple robe, mais une pièce de l’histoire de la mode et de la pop culture. Et accessoirement, de constater que certaines revanches ont décidément une très longue durée de vie.