« CMV » : qu’est-ce que ce virus qui touche près de 400 bébés par an en Suisse ?

Invisible, souvent méconnu et pourtant bien plus fréquent qu’on ne l’imagine, le cytomégalovirus (CMV) est la première cause d’infection congénitale dans le monde. En Suisse, trois mamans ont décidé de transformer leur épreuve en engagement en créant une association pour sensibiliser les futurs parents et faire connaître les gestes qui peuvent tout changer.
Il y a des mots que l’on entend à chaque grossesse. Toxoplasmose. Acide folique. Échographies. Puis il y a ceux que l’on ne prononce presque jamais. Le cytomégalovirus, ou CMV, en fait partie. Pourtant, il s’agit de la première cause d’infection congénitale dans le monde. En Suisse, près de 400 bébés naissent chaque année infectés. Un chiffre qui surprend, tant ce virus reste méconnu du grand public.
Pour Alexandra Loewer, Noémie Richard et Roxane Sacchi, le CMV n’est pas une statistique. C’est une histoire profondément personnelle. Toutes trois ont vécu le même bouleversement : découvrir que leur enfant avait été infecté pendant la grossesse. Entre les examens, les inquiétudes et le manque d’informations, elles se sont souvent senties seules. Alors plutôt que de laisser cette épreuve définir leur parcours, elles ont choisi d’en faire une force en créant CMV Suisse, une association qui accompagne aujourd’hui les familles et œuvre pour une meilleure prévention.
Des gestes préventifs simples
Ce qui rend le CMV si particulier, c’est justement son invisibilité. Chez l’adulte, il passe le plus souvent inaperçu. Mais lorsqu’une première infection survient pendant la grossesse, il peut être transmis au bébé et entraîner, dans certains cas, des séquelles telles qu’une perte auditive ou des troubles du développement. La bonne nouvelle ? Des gestes très simples du quotidien permettent déjà de diminuer le risque comme par exemple se laver soigneusement les mains après avoir été en contact avec de jeunes enfants, éviter de partager les couverts ou les verres, ou encore remplacer les bisous sur la bouche par un tendre baiser sur le front.
À l’occasion du mois international de sensibilisation au CMV, l’association souhaite avant tout briser le silence. Parce que connaître ce virus, c’est déjà pouvoir s’en protéger. Elle met à disposition des futurs parents des ressources pratiques, un guide d’accompagnement après un diagnostic et des espaces d’échange destinés aux familles concernées.
Au-delà de la prévention, CMV Suisse plaide également pour un dépistage plus précoce pendant la grossesse. Son ambition n’est pas d’inquiéter, mais d’informer. Parce que parfois, une simple information reçue au bon moment peut changer une histoire.
