Miss Monde 2026 : pourquoi la Suisse n’a pas participé à la compétition ?

Samedi dernier, 111 candidates se disputaient le titre Miss Monde 2026 au Vietnam. La Suisse manquait à l’appel. Explications.​

Le 5 septembre 2026, à Nha Trang, au Vietnam, 111 candidates venues des quatre coins du monde se sont disputées la couronne de Miss Monde. Presque toute l’Europe était au rendez-vous. Presque. Car sur la liste officielle des participantes à cette 73e édition, un pays manque : la Suisse. Pas de candidate helvétique sur le tapis rouge. Alors que Joheirry Mola Dominguez, 25 ans, enseignante et journaliste dominicaine, était sacrée Miss Monde 2026, une absence s’est fait ressentir. Mais que se passe-t-il avec la Suisse ?

Une organisation fragile

Pour comprendre cette absence, il faut remonter à 2018. Cette année-là, l’Argovienne Jastina Doreen Riederer est couronnée Miss Suisse lors d’une cérémonie diffusée sur la chaîne 3+. Dix mois plus tard, elle est destituée pour non-respect des clauses de son contrat, une première dans l’histoire du concours. Ses dauphines ne la remplacent pas. Le titre reste vacant.

Deux ans plus tard, le coup de grâce : en novembre 2020, la Miss Schweiz Organisation AG est déclarée en faillite. La société qui portait le concours depuis des décennies dépose son bilan. Le site miss.ch reste en ligne quelque temps, invitant encore des candidates à s’inscrire à un casting qui n’aura jamais lieu. Un mirage numérique, vestige d’une institution qui avait vécu.

Ce vide institutionnel a une conséquence directe : sans organisation nationale reconnue et opérationnelle, pas de franchise Miss Monde valide. Et sans franchise, pas de candidate suisse à l’international. Les règles de l’organisation sont claires : seule une gagnante désignée par un concours national officiel peut représenter son pays sur la scène mondiale. La Suisse n’en a plus depuis 2018.

Un modèle économique à bout de souffle

L’effondrement de Miss Suisse n’est pas un accident isolé. Il illustre une réalité que beaucoup d’organisations de beauté nationales affrontent depuis la fin des années 2010 : le modèle économique des concours de Miss, fondé sur les partenariats publicitaires et les droits de franchise, est sous pression. « Nous ne sommes plus projetés à la télévision depuis 2011 ; l’événement a perdu de son intérêt pour les annonceurs et il n’est possible qu’avec des sponsors », confie Lina Poffet, présidente de Miss Universe Switzerland.

En Suisse, le concours avait perdu son diffuseur historique. La SRG SSR, qui retransmettait l’élection de 1976 à 2011, avait passé la main à 3+, une chaîne avec une audience bien plus limitée. Sans visibilité de masse, les annonceurs se font rares. Sans sponsors, l’événement ne tient plus. La faillite de 2020 n’est donc que l’aboutissement logique d’une lente déliquescence.

Du côté de Miss Univers, une nouvelle organisation – Miss Universe Switzerland – a relancé le concours depuis 2022, envoyant deux représentantes à Miss Univers ces dernières années. Mais les deux franchises sont distinctes, et Miss Monde reste orpheline.

La discrétion comme valeur nationale

Au-delà des questions organisationnelles, pour la présidente de Miss Universel Switzerland, l’absence de la Suisse sur le podium du concours mondial raconte peut-être quelque chose de plus profond. « Je suis d’origine colombienne et là-bas ces évènements font partie de notre culture, ce qui n’est pas tellement le cas en Suisse », explique Lina Poffet. Le pays entretient avec les concours de beauté une relation ambivalente, faite de curiosité discrète et de réticences culturelles.

Pour preuve, la Suisse n’a jamais placé une candidate en finale de Miss Monde. Contrairement à des petits pays qui font de leurs candidates de véritables ambassadrices nationales, la Suisse n’a jamais considéré les concours de beauté comme un vecteur de visibilité internationale.

Dans un pays où la discrétion est presque élevée au rang de valeur nationale, l’exercice de la couronne, qui suppose une exposition médiatique permanente et une disponibilité totale pendant une année, ne colle pas naturellement avec les codes helvétiques.

Et maintenant ?

Une question persiste : la Suisse reviendra-t-elle un jour sur la scène de Miss Monde ? Rien ne l’indique dans l’immédiat. « Nous essayons de mettre en lumière le concours en nous associant à des influenceurs suisses, mais ce n’est pas évident. Nous faisons de notre mieux pour le faire vivre autant que possible », confie Lina Poffet. Mais relancer une franchise internationale demande du temps, de l’argent, un partenaire médiatique solide et une organisation capable de tenir sur la durée. 

En attendant, la Suisse accueillera la finale du concours Miss Universe Switzerland 2026 le 26 septembre prochain. 

Tags : Beauté · concours · miss monde
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