« Personne n’aurait misé sur nous »: Jo Gutknecht, présidente du NUC Volleyball

Finaliste de la Coupe d’Europe féminine de volley contre les Italiennes de Chieri, le NUC, le club de Neuchâtel, a créé une véritable sensation. Pour le plus grand bonheur de sa présidente, cette incroyable maman et grand-maman animée par cette foi qui renverse les montagnes.

En se hissant, à la surprise générale, en finale de la Coupe d’Europe de volley, le NUC, multiple champion national, a fait vibrer toute la Suisse romande. Ce club, Jo Gutknecht, (64 ans); ex-comptable à la retraite, a commencé à y jouer à l’âge de 14 ans et le préside avec passion depuis l’an 2000. Maman de trois garçons, quatre fois grand-mère, elle raconte comment ses joueuses dont elle est si proche ont réussi à éliminer des équipes pourtant largement favorites comme les Allemandes de Dresde. Une aventure en forme de conte de fées.

ELLE Suisse: Avoir disputé cette finale de Coupe d’Europe, c’est un sacré exploit?
Jo Gutknecht: Oui, quand on y réfléchit, on a encore de la peine à y croire, c’était totalement inespéré. Au départ, il y avait quelque 30 équipes en lice de toute l’Europe et personne n’aurait misé sur nous.

Avec ces matchs diffusés en direct à la télé, toute la Suisse romande s’est prise de passion pour votre équipe. Qu’est-ce que les gens vous disent à Neuchâtel?
Il y a un fol engouement.

Partout dans la rue, on me lance: ‘C’est magnifique ce que vous faites.’ Plein de gens qui n’avaient jamais regardé un match de volley n’ont plus réussi à décrocher.

Jo Gutkecht, présidente du NUC Volleyball

Depuis les quarts de finale, la salle de la Riveraine a affiché complet avec 2000 spectateurs. Vous avez dû forcément refuser du monde?
Pour cette finale, les billets se sont arrachés en moins d’un jour. Et on aurait pu en vendre 4000, voire 5000. À un moment, on a hésité à porter la contenance à 2500 en installant des gradins plus haut, mais cela aurait été trop inconfortable. Ce qui arrive constitue une formidable récompense pour nous.

Ces matches, on vous a vu les vivre avec passion, entre rires et larmes.
Quand je me revois à la télé, j’ai de la peine à me reconnaître, mais je suis comme ça, très vivante, c’est mon caractère.

Combien d’heures avez-vous passées dans cette aventure?
Au moins six heures par jour devant mon ordi plus les séances de comité, les visites à la salle. Depuis le 10 janvier, entre la Coupe d’Europe, la Coupe suisse et le championnat, nous avons disputé deux matches par semaine au minimum. Être présidente, c’est s’occuper aussi bien de budget, de communication que de relations humaines. Tout ce que j’aime au fond.

Les bénévoles ont aussi joué un rôle crucial dans cette aventure?
Pour cette finale, ils étaient quelque 150. Ils ont tout fait. Servir à la buvette, gérer le flux des spectateurs, veiller à ce qu’ils se serrent bien. Jouer les ramasseurs de balles.

Sans [les bénévoles], rien n’aurait été possible.

Jo Gutkecht, présidente du NUC Volleyball

Des 19 joueuses de votre équipe, seules sept sont pros, ce qui est peu à ce niveau. Comme vous l’avez souvent dit, le mérite de cet exploit revient en bonne partie à votre entraîneur, l’Australienne Lauren Bertolacci.
Ancienne passeuse de l’équipe d’Australie, Lauren Bertolacci est hypercompétente. Depuis six ans qu’elle est là, elle a toujours prôné un volley rapide offensif. Dans cette Coupe d’Europe, elle a su insuffler aux filles un mental de vainqueur, elle les a persuadées qu’elles avaient leur chance même à ce niveau, elle leur a répété: «La finale? Et pourquoi pas.» Par rapport à la plupart des équipes que nous avons éliminées, nous étions largement inférieures en matière de budget, de palmarès. Et pourtant c’est nous qui avons passé.

Avec seulement quatre joueuses étrangères toutes américaines soit beaucoup moins que la plupart des autres équipes de LNA, vous avez toujours donné la priorité aux Suissesses. Pourquoi ce choix?
Au-delà de nos limites financières, c’est notre philosophie de donner des responsabilités à des filles de chez nous. Trois des joueuses du contingent ont fait toutes les classes au club depuis l’âge de 7 ans. Parmi elles, Caroline Delley, 18 ans, lycéenne, a vécu un véritable conte de fées lors de cette Coupe d’Europe, propulsée titulaire en défense après la blessure da Fabiana Mottis, notre libéro. Et Caroline a parfaitement tenu la route.

Comme certaines le disent, vous êtes un peu comme une maman.
Je n’irais pas jusque-là. Durant cette Coupe d’Europe, c’est Lauren qui les a protégées du monde extérieur. Mais les filles, c’est vrai, savent qu’elles peuvent compter sur moi. Proche d’elles, à l’écoute, j’aime qu’elles soient heureuses. Je crois que, depuis 24 ans que je suis présidente, les 99% des joueuses qui ont quitté le club en gardent de bons souvenirs. Je reste d’ailleurs en contact avec la plupart d’entre elles.

Vous avez commencé à jouer au NUC à 14 ans. Pourquoi ce sport?
Avec mes parents et mon oncle, on allait voir les matches d’une cousine qui évoluait en première équipe du NUC. J’ai essayé et je n’ai plus arrêté. Je suis montée en LNA avec le NUC et perdu une finale de Coupe suisse contre Uni Bâle en 1980, j’avais 20 ans.

Qu’aimez-vous dans le volley?
C’est un sport éminemment collectif où l’on doit accepter les fautes des autres, où la solidarité et l’abnégation sont essentielles et dans lequel un match, même mené au score, n’est jamais fini.

Tags : Neuchâtel · volleyball · Sport

Finaliste de la Coupe d’Europe féminine de volley contre les Italiennes de Chieri, le NUC, le club de Neuchâtel, a créé une véritable sensation. Pour le plus grand bonheur de sa présidente, cette incroyable maman et grand-maman animée par cette foi qui renverse les montagnes.

En se hissant, à la surprise générale, en finale de la Coupe d’Europe de volley, le NUC, multiple champion national, a fait vibrer toute la Suisse romande. Ce club, Jo Gutknecht, (64 ans); ex-comptable à la retraite, a commencé à y jouer à l’âge de 14 ans et le préside avec passion depuis l’an 2000. Maman de trois garçons, quatre fois grand-mère, elle raconte comment ses joueuses dont elle est si proche ont réussi à éliminer des équipes pourtant largement favorites comme les Allemandes de Dresde. Une aventure en forme de conte de fées.

ELLE Suisse: Avoir disputé cette finale de Coupe d’Europe, c’est un sacré exploit?
Jo Gutknecht: Oui, quand on y réfléchit, on a encore de la peine à y croire, c’était totalement inespéré. Au départ, il y avait quelque 30 équipes en lice de toute l’Europe et personne n’aurait misé sur nous.

Avec ces matchs diffusés en direct à la télé, toute la Suisse romande s’est prise de passion pour votre équipe. Qu’est-ce que les gens vous disent à Neuchâtel?
Il y a un fol engouement.

Partout dans la rue, on me lance: ‘C’est magnifique ce que vous faites.’ Plein de gens qui n’avaient jamais regardé un match de volley n’ont plus réussi à décrocher.

Jo Gutkecht, présidente du NUC Volleyball

Depuis les quarts de finale, la salle de la Riveraine a affiché complet avec 2000 spectateurs. Vous avez dû forcément refuser du monde?
Pour cette finale, les billets se sont arrachés en moins d’un jour. Et on aurait pu en vendre 4000, voire 5000. À un moment, on a hésité à porter la contenance à 2500 en installant des gradins plus haut, mais cela aurait été trop inconfortable. Ce qui arrive constitue une formidable récompense pour nous.

Ces matches, on vous a vu les vivre avec passion, entre rires et larmes.
Quand je me revois à la télé, j’ai de la peine à me reconnaître, mais je suis comme ça, très vivante, c’est mon caractère.

Combien d’heures avez-vous passées dans cette aventure?
Au moins six heures par jour devant mon ordi plus les séances de comité, les visites à la salle. Depuis le 10 janvier, entre la Coupe d’Europe, la Coupe suisse et le championnat, nous avons disputé deux matches par semaine au minimum. Être présidente, c’est s’occuper aussi bien de budget, de communication que de relations humaines. Tout ce que j’aime au fond.

Les bénévoles ont aussi joué un rôle crucial dans cette aventure?
Pour cette finale, ils étaient quelque 150. Ils ont tout fait. Servir à la buvette, gérer le flux des spectateurs, veiller à ce qu’ils se serrent bien. Jouer les ramasseurs de balles.

Sans [les bénévoles], rien n’aurait été possible.

Jo Gutkecht, présidente du NUC Volleyball

Des 19 joueuses de votre équipe, seules sept sont pros, ce qui est peu à ce niveau. Comme vous l’avez souvent dit, le mérite de cet exploit revient en bonne partie à votre entraîneur, l’Australienne Lauren Bertolacci.
Ancienne passeuse de l’équipe d’Australie, Lauren Bertolacci est hypercompétente. Depuis six ans qu’elle est là, elle a toujours prôné un volley rapide offensif. Dans cette Coupe d’Europe, elle a su insuffler aux filles un mental de vainqueur, elle les a persuadées qu’elles avaient leur chance même à ce niveau, elle leur a répété: «La finale? Et pourquoi pas.» Par rapport à la plupart des équipes que nous avons éliminées, nous étions largement inférieures en matière de budget, de palmarès. Et pourtant c’est nous qui avons passé.

Avec seulement quatre joueuses étrangères toutes américaines soit beaucoup moins que la plupart des autres équipes de LNA, vous avez toujours donné la priorité aux Suissesses. Pourquoi ce choix?
Au-delà de nos limites financières, c’est notre philosophie de donner des responsabilités à des filles de chez nous. Trois des joueuses du contingent ont fait toutes les classes au club depuis l’âge de 7 ans. Parmi elles, Caroline Delley, 18 ans, lycéenne, a vécu un véritable conte de fées lors de cette Coupe d’Europe, propulsée titulaire en défense après la blessure da Fabiana Mottis, notre libéro. Et Caroline a parfaitement tenu la route.

Comme certaines le disent, vous êtes un peu comme une maman.
Je n’irais pas jusque-là. Durant cette Coupe d’Europe, c’est Lauren qui les a protégées du monde extérieur. Mais les filles, c’est vrai, savent qu’elles peuvent compter sur moi. Proche d’elles, à l’écoute, j’aime qu’elles soient heureuses. Je crois que, depuis 24 ans que je suis présidente, les 99% des joueuses qui ont quitté le club en gardent de bons souvenirs. Je reste d’ailleurs en contact avec la plupart d’entre elles.

Vous avez commencé à jouer au NUC à 14 ans. Pourquoi ce sport?
Avec mes parents et mon oncle, on allait voir les matches d’une cousine qui évoluait en première équipe du NUC. J’ai essayé et je n’ai plus arrêté. Je suis montée en LNA avec le NUC et perdu une finale de Coupe suisse contre Uni Bâle en 1980, j’avais 20 ans.

Qu’aimez-vous dans le volley?
C’est un sport éminemment collectif où l’on doit accepter les fautes des autres, où la solidarité et l’abnégation sont essentielles et dans lequel un match, même mené au score, n’est jamais fini.

Tags : Neuchâtel · volleyball · Sport