« Seuls la sincérité et le cœur comptent »: rencontre avec la chirurgienne Cyrielle Bela

Nous avons rencontré la doctoresse Cyrielle Bela lors d’une conférence du Groupe Teoxane dans le cadre de La Réserve à Genève. À peine a-t-elle commencé la conférence que nous buvions ses paroles… Elle nous a littéralement épatées. Tant de professionnalisme, de charisme, d’amour de l’excellence venant d’une si jeune femme, ravissante de surcroit, nous a enchantées. Chirurgienne, ophtalmologue, spécialiste d’ophtalmochirurgie et d’oculopastie, la doctoresse a mille cordes à son arc. Alors qu’elle venait d’accoucher d’un deuxième bébé, Cyrielle affichait une ligne parfaite et une sérénité qui cachait non sans grâce quelques nuits blanches.

ELLE: Pourquoi Cyrielle, est-ce si important pour vous de mettre en lumière la beauté des êtres?
Cyrielle Bela: J’ai baigné, depuis ma plus tendre enfance, dans le monde de l’esthétique et de la beauté. Maman a dirigé plusieurs établissements dédiés au luxe et à l’harmonie. La beauté, une évidence.
 
Quand s’est produit le déclic, celui où vous avez décidé de devenir chirurgienne?
J’avais 12 ou 13 ans quand je suis rentrée pour la première fois dans un bloc opératoire. J’ai été fascinée par ce monde et j’ai décidé: «Je serai chirurgienne.» Impossible de me l’enlever de la tête. Ensuite, les choses sont devenues plus précises, l’iris de l’œil est d’une beauté époustouflante. J’ai été fascinée par des couleurs, des lumières qui n’existent que dans notre imaginaire. L’oculoplastie, la beauté du regard m’a très vite passionnée. Cette spécialité, ma recherche permanente d’excellente, m’a amenée à me former dans les meilleurs centres universitaires.
 
Quelle est votre plus grande satisfaction aujourd’hui?
Redonner confiance en eux à mes clients, est le plus beau cadeau que ma vie professionnelle m’offre! Et ça commence par l’écoute. J’ai fait deux années de psychologie qui ont développé chez moi l’intérêt pour l’être humain. J’ai reçu dernièrement une patiente dont le frère était bipolaire et qui s’était mise totalement de côté pour prendre soin de lui. Elle a dû vivre une chimiothérapie et surmonter une partie d’existence plus sombre. J’ai pu intervenir sur le plan chirurgical. Le résultat s’est avéré harmonieux et naturel. Cela m’a rendue heureuse. 

Redonner confiance en eux à mes clients, est le plus beau cadeau que ma vie professionnelle m’offre!

Cyrielle Bela, chirurgienne

Quelle est la plus belle rencontre, celle qui a influencé votre carrière?
À n’en point douter, le médecin, ami de mes parents, le docteur Gutermann qui m’a permis de faire un passage au bloc opératoire à 12 ans. Voir soigner en direct a été un révélateur. J’ai contracté le goût de cette discipline avec le désir d’en faire mon métier. Il m’a pris sous son aile. Je rends hommage à nombre d’hommes qui m’ont aidée dans le métier. Même si je défends les femmes toutes griffes dehors lors de certaines situations inacceptables. Le docteur Amegani, spécialiste en chirurgie du regard m’a transmis, quant à lui, la rigueur. Il a été mon fil rouge.

A lire aussi: Comment la génération Z est en train de métamorphoser la médecine esthétique
 
Parlons sentiment. Comment réagissez-vous face à un chagrin d’amour?
Cela fait, par bonheur, longtemps que je n’ai pas vécu de chagrin. J’ai un compagnon exceptionnel, il est d’un grand soutien. Longtemps, durant mes études, nous avons dû vivre une relation à distance. Nous nous sommes mariés sans jamais avoir séjourné dans la même ville. Je crois que mon mari est plus féministe que moi. (Rires). J’ai vécu, très jeune, un grand chagrin d’amour. J’ai ainsi pu appréhender qui j’étais vraiment. Je suis quelqu’un qui va de l’avant, je reprends le dessus. J’ai compris que je pouvais exister sans lui. J’ai pu prouver que j’avais une force et je pouvais aller loin dans mes projets et mes rêves. J’ai su rebondir! Aujourd’hui, si je regarde dans le rétro, je suis reconnaissante à la vie. Grâce à ce chagrin, j’ai pu me connaître mieux.
 
Quel genre d’amoureuse êtes-vous aujourd’hui?
J’ai pu faire une psychanalyse et c’est une chance. Je suis grâce à cela plus indulgente envers moi-même, plus sage, d’un tempérament calme et surtout je ne m’énerve plus pour de mauvaises raisons.
J’ai clairement appris à aimer l’autre tel qu’il est, sans rêver au prince charmant. Et avec le temps, les défauts de l’autre sont aussi touchants que les qualités.

J’ai clairement appris à aimer l’autre tel qu’il est, sans rêver au prince charmant.

Cyrielle Bela, chirurgienne

Vous êtes plutôt jalouse ou confiante?
Confiante. On ne peut pas aimer sans laisser la liberté à l’autre.
 
Qu’est-ce qui pourrait vous révolter dans la vie au quotidien?
L’injustice! Et cela peut paraître étonnant, mais je travaille dans un milieu où malgré la noblesse du métier, la concurrence est rude et les coups peuvent être vaches.

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Quelles sont les qualités dont vous pouvez vous féliciter?
J’ai une grande force intérieure qui me permet d’avoir un ancrage solide sur lequel j’ai pu construire. Je suis aussi déterminée, calme, posée et très protectrice pour mes deux petits de 3 ans et 8 mois.
 
Et les défauts que vous aimeriez faire disparaître?
Je suis quelquefois dérangée par mon côté perfectionniste. J’ai du mal à faire des concessions. Pour moi, c’est parfait ou catastrophique. Aucune nuance. Il m’arrive d’être un peu obsessionnelle, très focalisée, je ne lâche pas l’affaire. 

Je travaille dans un milieu où malgré la noblesse du métier, la concurrence est rude et les coups peuvent être vaches.

Cyrielle Bela, chirurgienne

Quel genre de petite fille étiez-vous?
Très curieuse, je voulais tout comprendre sur tout. J’avais de bonnes notes à l’école, mais j’étais bavarde et très têtue. On m’appelait «idéefixe». Un jour, je me suis mis en tête de suivre des fourmis, je voulais tout savoir sur elles, où était leur maison, ce qu’elles faisaient. À 5 ans, je rêvais d’être vétérinaire sans frontière. (Rires). Les animaux sont dans l’honnêteté totale, rien n’est dit mais tout est ressenti. Avec eux on ne peut pas tricher. Seuls la sincérité et le cœur comptent.
 
Quelle serait la plus dure épreuve de votre vie?
Grâce au ciel, j’ai mes deux parents. La plus dure épreuve est de devenir réellement adultes lorsqu’on les perd. C’est sans aucun doute l’étape de vie la plus difficile. Bien sûr, lorsque j’ai eu mon chagrin d’amour, on a le cœur arraché, mais le temps vous redonne sérénité et met le compteur à zéro.
 
Votre dicton?
Tout simplement: «Ne fais pas aux autres, ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse.»

Tags : interview · Emploi · chirurgie · Femme

Nous avons rencontré la doctoresse Cyrielle Bela lors d’une conférence du Groupe Teoxane dans le cadre de La Réserve à Genève. À peine a-t-elle commencé la conférence que nous buvions ses paroles… Elle nous a littéralement épatées. Tant de professionnalisme, de charisme, d’amour de l’excellence venant d’une si jeune femme, ravissante de surcroit, nous a enchantées. Chirurgienne, ophtalmologue, spécialiste d’ophtalmochirurgie et d’oculopastie, la doctoresse a mille cordes à son arc. Alors qu’elle venait d’accoucher d’un deuxième bébé, Cyrielle affichait une ligne parfaite et une sérénité qui cachait non sans grâce quelques nuits blanches.

ELLE: Pourquoi Cyrielle, est-ce si important pour vous de mettre en lumière la beauté des êtres?
Cyrielle Bela: J’ai baigné, depuis ma plus tendre enfance, dans le monde de l’esthétique et de la beauté. Maman a dirigé plusieurs établissements dédiés au luxe et à l’harmonie. La beauté, une évidence.
 
Quand s’est produit le déclic, celui où vous avez décidé de devenir chirurgienne?
J’avais 12 ou 13 ans quand je suis rentrée pour la première fois dans un bloc opératoire. J’ai été fascinée par ce monde et j’ai décidé: «Je serai chirurgienne.» Impossible de me l’enlever de la tête. Ensuite, les choses sont devenues plus précises, l’iris de l’œil est d’une beauté époustouflante. J’ai été fascinée par des couleurs, des lumières qui n’existent que dans notre imaginaire. L’oculoplastie, la beauté du regard m’a très vite passionnée. Cette spécialité, ma recherche permanente d’excellente, m’a amenée à me former dans les meilleurs centres universitaires.
 
Quelle est votre plus grande satisfaction aujourd’hui?
Redonner confiance en eux à mes clients, est le plus beau cadeau que ma vie professionnelle m’offre! Et ça commence par l’écoute. J’ai fait deux années de psychologie qui ont développé chez moi l’intérêt pour l’être humain. J’ai reçu dernièrement une patiente dont le frère était bipolaire et qui s’était mise totalement de côté pour prendre soin de lui. Elle a dû vivre une chimiothérapie et surmonter une partie d’existence plus sombre. J’ai pu intervenir sur le plan chirurgical. Le résultat s’est avéré harmonieux et naturel. Cela m’a rendue heureuse. 

Redonner confiance en eux à mes clients, est le plus beau cadeau que ma vie professionnelle m’offre!

Cyrielle Bela, chirurgienne

Quelle est la plus belle rencontre, celle qui a influencé votre carrière?
À n’en point douter, le médecin, ami de mes parents, le docteur Gutermann qui m’a permis de faire un passage au bloc opératoire à 12 ans. Voir soigner en direct a été un révélateur. J’ai contracté le goût de cette discipline avec le désir d’en faire mon métier. Il m’a pris sous son aile. Je rends hommage à nombre d’hommes qui m’ont aidée dans le métier. Même si je défends les femmes toutes griffes dehors lors de certaines situations inacceptables. Le docteur Amegani, spécialiste en chirurgie du regard m’a transmis, quant à lui, la rigueur. Il a été mon fil rouge.

A lire aussi: Comment la génération Z est en train de métamorphoser la médecine esthétique
 
Parlons sentiment. Comment réagissez-vous face à un chagrin d’amour?
Cela fait, par bonheur, longtemps que je n’ai pas vécu de chagrin. J’ai un compagnon exceptionnel, il est d’un grand soutien. Longtemps, durant mes études, nous avons dû vivre une relation à distance. Nous nous sommes mariés sans jamais avoir séjourné dans la même ville. Je crois que mon mari est plus féministe que moi. (Rires). J’ai vécu, très jeune, un grand chagrin d’amour. J’ai ainsi pu appréhender qui j’étais vraiment. Je suis quelqu’un qui va de l’avant, je reprends le dessus. J’ai compris que je pouvais exister sans lui. J’ai pu prouver que j’avais une force et je pouvais aller loin dans mes projets et mes rêves. J’ai su rebondir! Aujourd’hui, si je regarde dans le rétro, je suis reconnaissante à la vie. Grâce à ce chagrin, j’ai pu me connaître mieux.
 
Quel genre d’amoureuse êtes-vous aujourd’hui?
J’ai pu faire une psychanalyse et c’est une chance. Je suis grâce à cela plus indulgente envers moi-même, plus sage, d’un tempérament calme et surtout je ne m’énerve plus pour de mauvaises raisons.
J’ai clairement appris à aimer l’autre tel qu’il est, sans rêver au prince charmant. Et avec le temps, les défauts de l’autre sont aussi touchants que les qualités.

J’ai clairement appris à aimer l’autre tel qu’il est, sans rêver au prince charmant.

Cyrielle Bela, chirurgienne

Vous êtes plutôt jalouse ou confiante?
Confiante. On ne peut pas aimer sans laisser la liberté à l’autre.
 
Qu’est-ce qui pourrait vous révolter dans la vie au quotidien?
L’injustice! Et cela peut paraître étonnant, mais je travaille dans un milieu où malgré la noblesse du métier, la concurrence est rude et les coups peuvent être vaches.

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Quelles sont les qualités dont vous pouvez vous féliciter?
J’ai une grande force intérieure qui me permet d’avoir un ancrage solide sur lequel j’ai pu construire. Je suis aussi déterminée, calme, posée et très protectrice pour mes deux petits de 3 ans et 8 mois.
 
Et les défauts que vous aimeriez faire disparaître?
Je suis quelquefois dérangée par mon côté perfectionniste. J’ai du mal à faire des concessions. Pour moi, c’est parfait ou catastrophique. Aucune nuance. Il m’arrive d’être un peu obsessionnelle, très focalisée, je ne lâche pas l’affaire. 

Je travaille dans un milieu où malgré la noblesse du métier, la concurrence est rude et les coups peuvent être vaches.

Cyrielle Bela, chirurgienne

Quel genre de petite fille étiez-vous?
Très curieuse, je voulais tout comprendre sur tout. J’avais de bonnes notes à l’école, mais j’étais bavarde et très têtue. On m’appelait «idéefixe». Un jour, je me suis mis en tête de suivre des fourmis, je voulais tout savoir sur elles, où était leur maison, ce qu’elles faisaient. À 5 ans, je rêvais d’être vétérinaire sans frontière. (Rires). Les animaux sont dans l’honnêteté totale, rien n’est dit mais tout est ressenti. Avec eux on ne peut pas tricher. Seuls la sincérité et le cœur comptent.
 
Quelle serait la plus dure épreuve de votre vie?
Grâce au ciel, j’ai mes deux parents. La plus dure épreuve est de devenir réellement adultes lorsqu’on les perd. C’est sans aucun doute l’étape de vie la plus difficile. Bien sûr, lorsque j’ai eu mon chagrin d’amour, on a le cœur arraché, mais le temps vous redonne sérénité et met le compteur à zéro.
 
Votre dicton?
Tout simplement: «Ne fais pas aux autres, ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse.»

Tags : interview · Emploi · chirurgie · Femme