Sophie de Quay : « J’ai longtemps ressenti le syndrome de l’imposteur »

Le duo suisse formé par Sophie de Quay et Simon Jaccard présente son nouvel album Eclipse, entre ombre et lumière. À la fois pop et intimiste, il a tout pour séduire .

13 titres composent cette nouvelle production, poétique, dansante et charmante, l’émotion à fleur de peau. Si Sophie assume désormais une part plus sombre, elle apparaît toujours aussi solaire, suscitant l’enthousiasme du public au-delà des frontières. Une énergie communicative !

ELLE : Que représente ce troisième album ?
Sophie de Quay : C’est un peu comme le premier en réalité : un long chemin a été parcouru, de nombreux voyages réalisés, beaucoup de chansons… Nous étions trois au départ, seulement Simon et moi aujourd’hui. Pas de concession, tout est plus authentique, plus intime aussi.

Votre manière de travailler a-t-elle changé ?
L’équilibre demeure : la partie production, c’est lui. Quant aux textes, nous les écrivons ensemble. Nous sommes très différents, mais complémentaires. La nouveauté, c’est l’arrivée de François Welgryn, un parolier qui a collaboré sur plusieurs titres. Il nous a tellement bien cernés que ses textes auraient pu être les nôtres.

J’ai longtemps ressenti le syndrome de l’imposteur, n’ayant pas fait le conservatoire. Mais j’ai appris à prendre ma place et assumer le fait d’être chanteuse.

Sophie de Quay, chanteuse
ELLE Suisse

Quels mots choisiriez-vous pour décrire l’album?
« Lumière » : assumer ses parts d’ombre et les transformer en quelque chose de positif ; et « amour », celui d’un couple mais aussi l’amour pour soi, l’amour familial.

Une chanson évoque votre petite sœur. Qui est-elle ?
Ce titre existait mais ne nous satisfaisait pas. On l’a donc retravaillé. Je l’avais écrit d’une traite, en pleurant toutes les larmes de mon corps, après avoir appris qu’à 7 ans, alors que je vivais à Singapour, mes parents nous avaient demandé à mon frère, ma sœur et moi, si nous étions d’accord pour qu’ils adoptent une petite fille. Je n’avais jamais répondu et beaucoup pleuré. Ils ne l’ont finalement pas adoptée. Je pense souvent à elle.

Le milieu de la musique demeure difficile, le marché est saturé. Et les radios régionales ne jouent pas toujours le jeu…

Sophie de Quay, chanteuse
ELLE Suisse

Tout à la fois lumineuse et plus sombre dans Eclipse, avez-vous le sentiment d’avoir trouvé votre équilibre?
J’ai longtemps ressenti le syndrome de l’imposteur, n’ayant pas fait le conservatoire. Mais j’ai appris à prendre ma place et assumer le fait d’être chanteuse. Un parcours atypique qui nous permet d’être inventifs. Nous avons créé en 2019 le concept des « concerts avant-première »: 40 personnes sont réunies autour d’un dîner dans un lieu insolite et on leur dévoile un titre inédit de notre répertoire. Nous menons aussi, en parallèle de nos concerts classiques, des projets coups de cœur, comme une version de «Let’s Start Building Bridges» en birman avec un artiste gay qui a fui l’Azerbaïdjan pour ne pas risquer sa vie, ou encore «Afghanistan chéri» avec une jeune artiste dont le parcours m’avait émue.

Être suisse est-il un avantage dans le milieu musical ?
Ce n’est pas une difficulté et plutôt une magnifique carte de visite. Mais le milieu de la musique demeure difficile, le marché est saturé. Et les radios régionales ne jouent pas toujours le jeu…

Vous vivez entre Paris et la Suisse. Où vous sentez-vous chez vous ?
Avec Simon et mon carnet, partout.

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