Défilé Tamara Ralph : la preuve que la Haute couture, pensée par une femme, gagne toujours

On savait la créatrice spécialiste du sublime. On la découvre cette saison printemps-été 2026 prête à déplacer son regard vers quelque chose de plus précieux. Présentée à Paris ce lundi 26 janvier, sa nouvelle collection marque un tournant lumineux et affirmé de sa signature.
Avec Tamara Ralph, il y a une certitude : on va voir du beau, du travaillé, de l’ultra pensé. C’est ce à quoi la créatrice a habitué son publique depuis la fondation de sa maison éponyme. Et pourtant, là où beaucoup se contenteraient de capitaliser sur une formule gagnante, la designer de 44 ans refuse de s’installer dans le confort. À peine portée par une reconnaissance grandissante – et désormais courtisée par des célébrités aussi prestigieuses que Beyoncé, Hally Berry, Naomi Campbell, ou encore Penelope Cruz – cette dernière a, ce lundi 26 janvier, choisit le risque.
Ouverture sur le monde
Pour le printemps-été 2026, Tamara Ralph a ouvert un nouveau chapitre : « La lumière dorée ». Après avoir distillé sa définition de l’amour parisien et encensé l’Art Déco, qui ancraient toutes deux la jeune maison dans une idée très parisienne de la couture – architecturale, structurée, héritière d’une certaine grandeur occidentale – la créatrice de mode insuffle cette saison une ferveur nouvelle à sa signature. Elle la nourrie d’influences asiatiques.


Origami, effets éventail, plumes de paon : les références sont précises, maîtrisées, jamais plaquées. Elles ne viennent pas bouleverser la grammaire Ralph, mais dialoguer avec elle. La rigueur occidentale qui structure la marque depuis 2022 accepte ici de se laisser traverser par la poésie, la symbolique et la richesse de l’ailleurs. Le résultat ? Une élégance troublante, plus fluide, plus lumineuse, presque méditative.
Coups de cœur de ELLE Suisse
Deux silhouettes résument à elles seules cette évolution. D’un côté, une robe colonne noire, d’une sobriété presque radicale, transpercée par un bustier doré sculptural, tel une armure organique. Une pièce de pouvoir, mais un pouvoir silencieux, maîtrisé, incarné. De l’autre, une silhouette ivoire aérienne, fluide, illuminée par un corset bijou et coiffée d’un halo de plumes blanches, théâtral sans jamais tomber dans l’excès. Ici, la haute couture se fait mouvement, respiration, presque élévation.


Dans cette ouverture à l’ailleurs s’inscrit aussi une autre première : celle de la collaboration. Pour la première fois, Tamara Ralph introduit un projet à quatre mains au sein de son univers couture, en s’associant au lunettier artisanal T Henri. Les lunettes du défilé, volontairement pop et girly twiste la collection et l’empêche de basculer dans une solennité frugale. De quoi parfaitement l’ancrer dans la saison estivale non plus seulement des divas, mais aussi des fashionistas.

Par une femme pour les femmes
Mais au-delà des références, des thèmes et des prouesses techniques, ce que le public retient surtout, ce lundi, c’est le regard derrière la collection. Dans un univers de la Haute couture encore largement dirigé par des hommes, Tamara Ralph rappelle une vérité essentielle : la mode féminine est rarement aussi juste que lorsqu’elle est pensée par une femme, pour les femmes.
Ici, les transparences sont larges, assumées, mais jamais provocantes. Les courbes sont célébrées sans caricature, pensées pour accompagner le corps – quel qu’il soit – sans l’enfermer ni l’exagérer. La sensualité n’est ni forcée ni décorative : elle est naturelle, évidente, souveraine. Un sentiment partagé par les nombreuses célébrités venues soutenir la jeune maison ce lundi, vêtues de ses créations magnétiques : Taraji P. Henson, Nicky Hilton, Olivia Palermo, Anna Dello Russo… Toutes affichent ce même sourire de satisfaction, celui que procure une tenue qui habille autant le corps que l’assurance.



Le défilé printemps-été 2026 de Tamara Ralph est plus qu’une réussite esthétique. C’est la preuve que les plus grands de ce monde ne se reposent jamais sur leurs acquis, et surtout qu’une collection féminine n’est jamais aussi puissante et aussi pertinente que lorsqu’elle est conçue par une créatrice qui connaît intimement le corps, l’âme et la complexité de celles à qui elle s’adresse.
Ajoutée à cela, son ouverture croissante au monde, on ne peut s’empêcher de se demander ce que cette maîtrise féministe nourrie d’influences asiatiques cette saison, pourrait révéler si Tamara Ralph décidait un jour de convoquer son propre héritage : celui de l’Australie.
On espère le voir un jour, mais quel qu’il soit, on sait déjà que – encore une fois – on aimera.
