Met Gala 2026 : la symbolique derrière le look « vieilli » de Bad Bunny
Lundi, le célèbre chanteur portoricain a avancé sur le tapis de l’événement de l’année, métamorphosé en une version de lui-même plus âgée. Spectaculaire, la transformation n’avait rien d’un simple coup de comm’. Explications.
Il fallait se concentrer pour le reconnaître. Lundi 4 mai, tandis qu’une pluie de célébrités défilait dans des tenues toujours plus édifiantes au Met Gala 2026, l’une d’elles a surpris pour une tout autre raison. Bad Bunny est apparu sous les traits d’une version vieillie de lui-même.
Comme s’il avait traversé plusieurs décennies en une nuit, le premier Latino-Américain à avoir remporté un Grammy s’est affiché avec des cheveux gris, un visage marqué par des rides et tâches ainsi qu’une démarche hésitante, appuyée sur une canne. Spectaculaire, la transformation était – nous nous en doutions – auréolée d’une signification particulière.
Un hommage direct au thème du Met Gala
Cette année, le Met Gala avait pour thème « Fashion is Art » (ndlr : « La mode, c’est de l’art »), en écho à l’exposition du Costume Institute, « Costume is Art ». Cette dernière se veut une réflexion sur la manière dont la mode dépasse le simple vêtement. L’exposition l’inclut davantage dans une forme d’expression artistique, culturelle et plus que jamais identitaire. C’est précisément dans ce contexte que la métamorphose de Bad Bunny a pris tout son sens.
Selon Vogue, le vieillissement du chanteur de 32 ans faisait directement référence à l’un des types de corps explorés dans l’exposition, « le corps vieillissant ». Le catalogue du Costume Institute souligne d’ailleurs qu’il s’agit pour lui du « reflet potentiel de notre peur d’affronter notre propre mortalité », l’industrie de la mode étant toujours selon le musée « obsédée par la jeunesse » la conduisant alors a « traditionnellement ignoré le corps âgé ». Pour rendre l’illusion la plus crédible possible, Bad Bunny a fait appel à un maestro bien connu des stars.
Une transformation ultra-réaliste… et polémique
Les prothèses du chanteur au Met Gala ont été imaginées par Mike Marino. Le maquilleur professionnel a pensé certains des costumes d’Halloween les plus spectaculaires de Heidi Klum, rappelle Vogue. Chaque ride, tache pigmentaire et relâchement cutané a ainsi été sculpté à la main afin de créer une version ultra-réaliste du chanteur. Or, si le look a fasciné une grande partie du public, il a aussi suscité des accusations de plagiat.
Comme le rapporte OK Magazine, plusieurs internautes ont immédiatement fait le parallèle avec The Weeknd. En 2022, pour promouvoir son album Dawn FM, l’artiste canadien était lui aussi apparu grimé en version âgée de lui-même grâce à d’impressionnantes prothèses.

Plagiat ou non, l’apparition de Bad Bunny n’a en somme laissé personne indifférent ce lundi 4 mai. En détournant les codes glamour du Met Gala pour interroger le vieillissement et notre rapport au temps, l’interprète de « Nuevayol » (2025) a surtout prouvé qu’au-delà du spectaculaire, la mode pouvait aussi devenir un véritable terrain de réflexion artistique.