Ce que les mamans des meilleurs films nous apprennent de la maternité

Ces films nous rappellent que la maternité ne peut jamais se réduire à un seul archétype, ni à une seule histoire.

Pendant longtemps après la mort de ma mère, certains films m’étaient tout simplement impossibles à regarder. Non pas parce que je ne les aimais pas, mais parce qu’ils étaient trop familiers, trop justes, trop précis. Une mère et sa fille qui se disputent dans une cuisine pouvaient me bouleverser bien plus vite qu’une scène d’hôpital. Le cinéma a ce pouvoir de condenser la maternité dans de minuscules gestes : un regard échangé à table, une mise en garde déguisée en preuve d’amour, ou un au revoir qui dure une seconde de trop. Et parfois, ces moments nous frappent encore plus fort que nos propres souvenirs.

Quelques jours après la Fête des Mères, j’ai beaucoup réfléchi à la manière dont les mamans sont représentées au cinéma — et à la façon dont ces personnages nous apprennent à comprendre, apprivoiser, accepter, voire mieux apprécier les figures maternelles de nos propres vies. Trop souvent, cet événement réduit la maternité à quelque chose de lisse et sentimental : des brunchs, des cartes de vœux, de la gratitude emballée dans un format prêt à consommer. Pourtant, la maternité est infiniment mieux racontée — et célébrée — à travers les histoires.

En traversant le deuil de ma propre mère, puis en devenant mère à mon tour, j’ai trouvé du réconfort dans des films qui montrent les figures maternelles dans toute leur complexité : joyeuses, étouffantes, inspirantes, désordonnées, protectrices et parfois même dévastatrices.

Les mamans de cinéma qui nous marquent le plus sont souvent celles qui paraissent étrangement réelles. Dans Wild (2014), j’ai compris à quel point le deuil peut maintenir une mère présente longtemps après sa disparition. Dans Lady Bird (2017), j’ai reconnu cette vérité universelle : entre une mère et sa fille, l’amour prend parfois la forme de critiques — du moins avant qu’on soit assez grandes pour l’entendre autrement.

Je repense souvent à une phrase prononcée par la regrettée Catherine O’Hara, qui a incarné tant de mères inoubliables, de Kate McCallister dans Maman, j’ai raté l’avion ! (1990) à Moira Rose dans Schitt’s Creek. Un jour, on lui a demandé pour quel rôle elle aimerait le plus qu’on se souvienne d’elle. Sa réponse fut d’une simplicité désarmante : « La mère de mes enfants. »

Une réponse qui en dit long. Les rôles qu’associe le public à Catherine O’Hara et celui qu’elle considérait comme le plus important dans sa propre vie se rejoignent profondément. C’est peut-être pour cela que ses personnages restent avec nous : ils semblent intimes, authentiques, presque familiers.

Il n’existe pas une seule bonne manière de célébrer la Fête des Mères — pas plus qu’il n’existe une seule façon d’être une mère, ou une figure maternelle. Le cinéma l’a toujours mieux compris que la fête elle-même. Alors si ce dimanche vous donne envie de vous plonger dans un beau film, en compagnie des mères qui l’habitent, voici quelques œuvres par lesquelles commencer.

Les quatre filles du docteur March (1994)

Marmee, incarnée par Susan Sarandon, est une mère idéale, certes, mais non moins réaliste : patiente, intègre et d’une constance à toute épreuve, le genre de mère en laquelle beaucoup d’entre nous ont rêvé. Le film a été nommé trois fois aux Oscars et demeure l’une des adaptations les plus appréciées du roman de Louisa May Alcott, car il dépeint la vie familiale avec la même ampleur qu’une épopée.

Lady Bird (2017)

Marion, interprétée par Laurie Metcalf, et « Lady Bird » McPherson, incarnée par Saoirse Ronan, saisissent la complexité du lien mère-fille, où l’amour se dissimule souvent sous des airs de critique. Le film de Greta Gerwig, nommé aux Oscars et relatant le passage à l’âge adulte, est devenu un classique quasi instantané à la fin des années 2010, notamment grâce à sa fine compréhension des blessures que peuvent infliger les mères et les filles, même lorsqu’elles luttent désespérément pour prendre soin l’une de l’autre.

Black Panther (2018)

La reine Ramonda, interprétée par Angela Bassett, est une matriarche puissante, une mère dont la force assure la stabilité de sa famille et de sa nation. Black Panther est devenu le premier film de super-héros nommé pour l’Oscar du meilleur film et a reçu sept nominations au total, marquant un tournant historique pour les adaptations de comics au cinéma. Il est depuis reconnu comme l’un des films les plus émouvants de l’univers cinématographique Marvel.

Mamma Mia ! (2008)

Dans le rôle iconique de Donna, la « Reine de la danse », Meryl Streep incarne une mère joyeusement libre, confrontée à son propre passé tandis qu’elle voit sa fille devenir une jeune femme tout aussi libre et indépendante. Désordonnée, rayonnante et farouchement indépendante, Donna a ses défauts, mais c’est son amour pour Sophie (Amanda Seyfried) qui transparaît toujours. Se déroulant sur une île grecque pittoresque et porté par la bande originale d’ABBAMamma Mia! (1975) reste l’une des comédies musicales les plus joyeuses jamais réalisées.

Wild (2014)

Adapté du roman Wild (2012) de Cheryl Strayed, ce film suit une femme en deuil (Reese Witherspoon) qui parcourt le Pacific Crest Trail après le décès de sa mère. Dans des scènes de flashback, Laura Dern incarne cette mère, dont le souvenir reste vivace à travers l’empreinte qu’elle laisse. Ce rôle a valu à Laura Dern une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle et demeure un portrait profondément émouvant du deuil, de la guérison et du souvenir maternel.

La mélodie du bonheur (1965)

L’un des rôles les plus appréciés de Julie Andrews est bien sûr celui de Maria, la gouvernante devenue mère de substitution au cœur de La mélodie du bonheur de Rodgers et Hammerstein. Arrivée chez les von Trapp en tant que nonne, Maria devient rapidement le pilier émotionnel de la famille et les accompagne durant une période de deuil et de bouleversements immenses. Cette comédie musicale, cinq fois oscarisée et récompensée par l’Oscar du meilleur film, reste un classique indémodable – et, oui, sa bande originale n’a pas pris une ride.

Everything Everywhere All at Once (2022)

Dans le rôle d’Evelyn Quan Wang, Michelle Yeoh incarne avec brio une mère immigrée sino-américaine qui peine à nouer une relation avec sa fille, Joy. Ce fossé générationnel entre elles se transforme rapidement en un chaos multiversel. Récompensé par sept Oscars, dont celui du Meilleur Film, ce film de science-fiction et d’action, qui brouille les frontières des genres, est en réalité une histoire d’une intimité surprenante, celle des mères et de leur amour pour leurs enfants.

Tout peut arriver (2003)

Dans cette comédie romantique du début des années 2000, Diane Keaton incarne une mère qui se redécouvre, prouvant ainsi que la maternité n’est pas la fin de l’histoire d’une femme, mais le début d’un nouveau chapitre. Les décors côtiers chaleureux de Nancy Meyers, les dialogues percutants et la performance de Keaton, nommée aux Oscars, font de Tout peut arriver un classique réconfortant.

Ma meilleure ennemie (1998)

Ma meilleure ennermie est devenu un classique du mélodrame à la fin des années 1990, et ce n’est pas un hasard : deux interprétations magistrales et une fin bouleversante qui continue de susciter débats et discussions. Julia Roberts et Susan Sarandon, dans les rôles d’Isabel Kelly et Jackie Harrison, campent un portrait touchant de la maternité partagée, leurs personnages traversant divorce, maladie, familles recomposées et explorant les différentes facettes de l’amour maternel.

Encanto (2021)

María Cecilia Botero et Olga Merediz prêtent leurs voix à la matriarche au cœur du film d’animation Disney Encanto : une grand-mère qui maintient sa famille unie grâce à un mélange d’amour et de pression. Encanto est devenu un phénomène mondial grâce à sa musique inoubliable, tout en offrant l’une des représentations les plus nuancées de Disney sur le traumatisme intergénérationnel.

Mildred Pierce (1945)

Mildred, incarnée par Joan Crawford, est la mère dévouée par excellence, qui consacre sa vie à offrir à sa fille les opportunités qu’elle n’a jamais eues. Sa performance lui a valu l’Oscar de la meilleure actrice, et le film demeure l’un des portraits les plus poignants du dévouement maternel dans le cinéma classique hollywoodien.

Presque célèbre (2000)

Dans ce film rock semi-autobiographique de Cameron Crowe, Frances McDormand incarne Elaine Miller, une mère protectrice qui tente désespérément de préserver son fils tout en sachant qu’elle ne peut l’empêcher de grandir. Le film a remporté l’Oscar du meilleur scénario original et est largement considéré comme l’un des meilleurs films d’apprentissage jamais réalisés.

Dieu, tu es là ? C’est moi, Margaret (2023)

Cette adaptation très attendue du roman de Judy Blume, Dieu, tu es là ? C’est moi, Margaret, a été largement saluée pour son respect du classique tout en offrant aux mères une histoire nuancée et originale. Dans ce film de 2023, Rachel McAdams incarne une mère qui fait tout son possible pour « bien faire », trouvant l’équilibre entre soutien, indépendance et le défi de laisser sa fille s’épanouir.

Freaky Friday : dans la peau de ma mère (2003)

Interprétée par Jamie Lee Curtis, Tess Coleman est une mère qui ne comprend rien – du moins, c’est ce que croit sa fille adolescente, Anna (Lindsay Lohan). Tout bascule lorsqu’un échange de corps les oblige à vivre dans la vie l’une de l’autre. Freaky Friday : dans la peau de ma mère est devenu un film culte pour la génération Y en transformant un concept déjanté en une leçon d’empathie étonnamment touchante. Le succès durable du film a été confirmé par sa suite, Freaky Friday 2 : encore dans la peau de ma mère, sortie l’année dernière.

A Thousand and One (2023)

Dans le rôle d’Inez de la Paz, Teyana Taylor incarne une mère célibataire déterminée à offrir une vie stable à son fils après l’avoir enlevé d’un foyer d’accueil et l’avoir élevé à New York malgré des obstacles insurmontables. A Thousand and One a remporté le Grand Prix du Jury à Sundance et s’est imposé comme l’un des portraits les plus poignants de la maternité, du sacrifice et de la survie ces dernières années.

Little Miss Sunshine (2006)

Toni Collette incarne Sheryl Hoover, une mère qui tente de maintenir l’unité de sa famille chaotique tout en soutenant les rêves de sa fille de participer à des concours de beauté. Ce film indépendant à succès a remporté deux Oscars et nous rappelle que les dysfonctionnements familiaux peuvent aussi être à la fois drôles et profondément touchants.

Tully (2018)

Charlize Theron incarne Marlo Moreau, une mère de trois enfants qui se lie d’amitié avec sa nounou de nuit, Tully (Mackenzie Davis), tandis qu’elle tente de surmonter le fardeau invisible de la maternité, l’épuisement et la perte d’identité qui peuvent accompagner les débuts de la maternité. Écrit par Diablo CodyTully est un portrait d’une grande sincérité des difficultés post-partum – un film qui peut amener les enfants devenus adultes à se remémorer le poids que leurs propres mères ont pu porter.

Autrice : Lauren Boswell
Cet article a été traduit en français et adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur elle.com. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.

Tags : film · maternité
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