Peut-on effacer les dommages du soleil sur la peau ? La réponse d’un dermatologue

Le photovieillissement n’a rien à voir avec le temps qui passe. Voici comment le repérer et inverser une partie des dégâts.
On a toutes envie d’y croire. Après une journée à oublier la crème solaire, il suffirait d’un peu d’aloe vera et de patience pour que la rougeur s’efface et que la peau retrouve son éclat, comme si de rien n’était. Sauf que la réalité est un peu moins clémente. Car derrière ce coup de soleil vite oublié se cache la première cause du vieillissement cutané, bien avant le temps qui passe. Les dommages liés au soleil seraient en effet responsables de près de 80 % du vieillissement visible de la peau. Et une fois les dégâts installés, les traiter, et plus encore les inverser, relève du parcours du combattant.
Ce qui distingue le vieillissement du soleil de celui du temps qui passe
C’est une nuance que l’on connaît mal, et pourtant elle change tout. Toutes les rides ne se ressemblent pas, et toutes ne racontent pas la même histoire. « Les dommages causés par le soleil sont distincts du vieillissement intrinsèque, qui est génétiquement déterminé et se produit avec le temps, quels que soient les facteurs externes », explique le Dr Alexis Granite dans les colonnes du « Vogue Uk ». Le photovieillissement, lui, résulte d’une exposition chronique aux UV qui vient accélérer toute la mécanique.
Encore faut-il savoir le reconnaître, car ses premiers signes passent souvent inaperçus. Cliniquement, la peau photovieillie se trahit par une pigmentation irrégulière, une perte d’élasticité, des ridules, une texture rugueuse et de petits vaisseaux sanguins visibles à la surface. Le vieillissement naturel, à l’inverse, avance de façon plus discrète et plus homogène, avec des rides plus fines, une perte de volume et un amincissement progressif de la peau. Repérer cette différence, c’est déjà comprendre comment agir.
La routine experte pour réparer une peau marquée par les UV
La bonne nouvelle, c’est qu’une partie des dégâts se rattrape, à condition de miser sur les bons actifs et un peu de constance. Le rétinol reste l’incontournable. Ce dérivé de la vitamine A relance le renouvellement cellulaire et la production de collagène, ce qui lisse peu à peu les ridules et estompe les taches. On l’applique le soir, jamais avant une exposition, et on l’introduit doucement dans sa routine pour laisser à la peau le temps de s’habituer. Le matin, la vitamine C prend le relais. Cet antioxydant neutralise les radicaux libres générés par le soleil, ravive l’éclat du teint et limite l’apparition de nouvelles taches pigmentaires. Quant à la niacinamide, elle joue les apaisantes en renforçant la barrière cutanée, en calmant les rougeurs et en uniformisant le teint.
Mais aucun sérum, aussi performant soit-il, ne fait de miracle sans le geste qui compte vraiment. La protection solaire quotidienne reste la seule façon d’empêcher les dommages de s’aggraver, été comme hiver, sous le soleil comme sous un ciel gris. C’est elle qui protège le travail de réparation et qui fait toute la différence sur le long terme.
Autrice : Kelly Haddad
Cet article a été adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur elle.fr. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.