Le phénomène Hyrox : pourquoi des milliers de personnes se mettent volontairement à souffrir
Au cœur du concours de fitness qui envahit vos réseaux sociaux.
Habituellement, quand votre meilleure amie vous invite à Miami, le seul effort physique au programme consiste à parcourir les quelques mètres qui séparent l’hôtel de la plage. Sauf si, comme lors de mes dernières vacances, elle participe à une course d’Hyrox. Imaginez un croisement entre un triathlon classique et une séance de CrossFit, le tout condensé dans une compétition en relais. Voilà ce qu’est l’Hyrox, une compétition de fitness mondiale pionnière en son genre. Cette saison, 61 événements sont organisés aux quatre coins du globe, dans des villes comme Bangkok, São Paulo ou encore Miami Beach. Le phénomène a récemment explosé auprès des célébrités : les acteurs Manny Jacinto et Patrick Wilson ont pris le départ ces derniers mois, tandis que Minho, membre du groupe de K-pop SHINee, s’est même hissé à la première place de sa catégorie d’âge. L’Hyrox dispose également d’équipements officiels conçus par Centr, la marque de fitness de Chris Hemsworth, avec laquelle l’organisation collabore pour développer les programmes d’entraînement officiels de la compétition.
Cette discipline développe à la fois l’endurance cardiovasculaire, la force musculaire, la force de préhension, la mobilité et la résilience.
« L’Hyrox est souvent décrit comme le marathon du fitness fonctionnel, ou ce que j’appelle le “fitness du monde réel”, explique Mintra Tilly, fondatrice du concept sportif d’Hyrox. Cette discipline développe à la fois l’endurance cardiovasculaire, la force musculaire, la force de préhension, la mobilité et la résilience. »
La course elle-même est une compétition indoor immersive composée de huit segments de course d’un kilomètre — soit près de huit kilomètres au total — chacun suivi d’une épreuve encadrée par des arbitres. Au programme : poussées et tractions de traîneau sur 50 mètres, burpee broad jumps sur 80 mètres, fentes avec sac lesté, lancers de wall balls, et bien d’autres exercices encore. Pour les athlètes amateurs, il faut généralement compter entre une heure et demie et deux heures pour franchir la ligne d’arrivée. (Manny Jacinto, lui, a bouclé l’épreuve en une heure et neuf minutes.) Les participants peuvent concourir en solo, mais beaucoup choisissent de relever le défi en duo ou en équipes de quatre. « L’ambiance est incroyablement électrique, raconte Zoe Frank, infirmière diplômée installée à Denver, dans le Colorado. Il y a énormément de musique et même un DJ qui anime la scène réservée aux finishers à la fin de la course. » Habituée des compétitions d’Hyrox en double mixte, Frank s’est déjà déplacée à Las Vegas et à Phoenix pour participer à plusieurs épreuves. Elle a terminé sa course la plus récente aux côtés de son mari en une heure et demie.

L’Hyrox se présente comme « la compétition de fitness accessible à tous ». Une promesse qui peut s’avérer vraie… à condition de s’y préparer correctement. À l’image d’un marathon, l’entraînement en vue d’une course d’Hyrox peut rapidement devenir un véritable mode de vie, exigeant une organisation rigoureuse et des plages horaires dédiées. « L’entraînement doit combiner course à pied, force et endurance, explique Mintra Tilly. Il faut être capable d’enchaîner des kilomètres malgré la fatigue et d’exécuter des mouvements fonctionnels alors que le rythme cardiaque est déjà élevé. » Pour les débutants, elle recommande entre dix et douze semaines de préparation structurée, mêlant travail cardiovasculaire et renforcement musculaire, afin de laisser au corps le temps de s’adapter à l’intensité des efforts. « Je me suis entraînée pendant douze semaines avant chacune de mes deux courses, raconte Zoe Frank. Certains jours étaient consacrés au travail de force, d’autres au cardio. Nous n’avons d’ailleurs reproduit le parcours complet de Hyrox que quelques semaines avant la compétition. »
L’ambiance est incroyablement électrique. Il y a énormément de musique et même un DJ qui anime la scène réservée aux finishers à la fin de la course.
Ma meilleure amie a participé à sa première épreuve d’Hyrox en double en avril dernier et a franchi la ligne d’arrivée en une heure et 32 minutes. Quand je lui ai demandé pourquoi elle avait choisi de s’imposer six mois d’entraînement et une course aussi éprouvante, sa réponse a été d’une simplicité désarmante : « J’avais juste envie de me lancer un défi. » Un état d’esprit qui semble se retrouver dans de nombreuses salles d’entraînement. « On croise aussi bien des athlètes aguerris que des personnes qui n’ont absolument aucune idée de ce qui les attend et qui cherchent simplement à se dépasser », observe Alex Gometz, physiothérapeute et fondateur du centre d’entraînement Prehab à New York. Au fond, les participants ne cherchent pas tant à battre les autres qu’à repousser leurs propres limites. Et comme le format Hyrox est identique partout dans le monde, les athlètes peuvent mesurer précisément leurs progrès à chaque nouvelle participation.

Mais au-delà du renforcement du corps et du mental, l’Hyrox est aussi une histoire de communauté.
« Les meilleures équipes ne sont pas forcément composées de deux athlètes de niveau équivalent ; ce sont celles dont les membres connaissent les forces et les faiblesses de l’autre, explique Mintra Tilly. Choisissez quelqu’un qui sait garder son calme lorsque les choses se compliquent. La panique est contagieuse. La confiance aussi. » Et le soutien ne manque pas. « Le public est là, il vous regarde, vous encourage et vous transmet son énergie », ajoute Alex Gometz. L’Hyrox est autant un sport individuel qu’une aventure collective : chacun a un rôle à jouer pour aller au bout de la course. Ma meilleure amie court ; moi, je l’attends sur la ligne d’arrivée pour l’encourager. Au fond, c’est peut-être cela, la véritable promesse de l’Hyrox : chacun y trouve sa victoire.
On croise aussi bien des athlètes aguerris que des personnes qui n’ont absolument aucune idée de ce qui les attend et qui cherchent simplement à se dépasser.
Autrice : Tasha Nicole Smith
Cet article a été traduit en français et adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur elle.com. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.