Pourquoi la nouvelle collection de Fendi fait tant parler
Attendue au tournant, Maria Grazia Chiuri a signé jeudi 9 juillet sa première collection pour Fendi à Rome. Un défilé Haute Couture tout en retenue qui a réinterprété les codes historiques de la maison.
Par un jeudi baigné de chaleur, en pleine semaine de la Haute Couture, les invités ont quitté Paris pour Rome à l’occasion du défilé couture hors calendrier de Fendi. Organisé à la Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea, le show se déroulait dans le décor d’une réédition de l’exposition que Karl Lagerfeld y avait présentée en 1985.
Pour ses débuts chez Fendi, Maria Grazia Chiuri a préféré puiser dans l’héritage des sœurs fondatrices de la maison plutôt que d’imposer immédiatement sa propre signature stylistique. Une intention perceptible dès les premiers passages : les deux premiers mannequins sont apparus enveloppés du motif rayé emblématique de Fendi, revisité sur des superpositions de voiles légers et transparents.
Leçon de retenue
Cette semaine, plusieurs créateurs ont choisi de transformer ou de magnifier la silhouette féminine à travers des capuches spectaculaires en plumes évoquant des nids ou encore des bustiers sculptant le corps. Chez Fendi, Maria Grazia Chiuri a pris le parti inverse : laisser le corps exister naturellement. Entre georgette, velours et grain de poudre, et des coupes privilégiant les drapés fluides aux constructions rigides, la créatrice signe une véritable leçon de retenue, de douceur et d’élégance facile à porter.
Les chemises en soie étaient glissées nonchalamment dans des pantalons de tailleur, déboutonnées juste ce qu’il faut pour laisser apparaître de longs colliers chaînes dorés. Les shorts en soie bordés de dentelle festonnée se superposaient à des bralettes assorties et à des manteaux façon peignoir, tandis que les blazers, confectionnés dans une soie souple et dotés de manches larges, abandonnaient toute rigidité. Même les imprimés géométriques Art déco inspirés des années 1920 s’animaient grâce à des franges qui ondulaient au rythme des pas des mannequins.
Vestiaire unisexe
Autre surprise du défilé : le kimono s’est imposé comme un véritable fil rouge. Réinterprété en vestes et manteaux, aussi bien pour les femmes que pour les hommes, il prolonge la vision d’un vestiaire unisexe que Maria Grazia Chiuri développe depuis son arrivée à la tête de la création de la maison.
Parmi les pièces les plus remarquées figurait une robe en georgette composée de bandes de cuir noir et blanc incrustées, dessinant un motif graphique qui semblait évoluer au gré des mouvements du corps. Une création qui, comme l’a expliqué Maria Grazia Chiuri à WWD, devait être « construite et reproportionnée autour de chaque corps ». Ailleurs, la créatrice s’est autorisée à des transparences sensuelles, sublimées par un travail d’intarsia, de dentelle et de broderie d’une précision remarquable, témoignant de l’excellence des ateliers Fendi.
Au final, cette collection ne cherche jamais à imposer sa présence avec éclat. Elle préfère séduire avec subtilité, signant des débuts mesurés, maîtrisés et résolument confiants pour Maria Grazia Chiuri chez Fendi.
Autrice : Angela Law
Cet article a été traduit et adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur elle.com/au. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.