Critique : que vaut « Spider-Man: Brand New Day » avec Tom Holland ?

À l’affiche des cinémas suisses depuis mercredi, la dernière réalisation de Destin Daniel Cretton propulse Peter Parker dans une nouvelle étape de sa vie. Si Tom Holland livre l’une de ses performances les plus convaincantes en Spider-Man, le film peine toutefois à s’affranchir des travers habituels de l’univers Marvel.

Chez Marvel, aucun héros n’a un passé sans cicatrices. Mais rares sont ceux qui inspirent autant de compassion que Spider-Man. Le célèbre « sympathique voisin » de New York enchaîne les épreuves depuis son retour dans l’univers cinématographique. Après avoir disparu à cause du claquement de doigts de Thanos (Josh Brolin), puis été ramené à la vie, Peter Parker (Tom Holland) perd son mentor, Iron Man (Robert Downey Jr.). Son identité est ensuite révélée au monde entier, avant qu’il ne perde sa tante May, et que le sort lancé dans Spider-Man: No Way Home (2021) efface jusqu’au souvenir de son existence. Désormais, plus personne ne sait qui est Peter Parker. Et tout cela s’est produit avant même qu’il n’atteigne l’âge adulte.

Spider-Man: Brand New Day (2026) reprend précisément là où cette tragédie s’arrêtait. Le super-héros continue de protéger New York et, grâce à lui, la criminalité est en chute libre. Mais une fois le masque retiré, Peter est devenu un parfait inconnu. Chaque jour se ressemble : il passe se recueillir sur la tombe de tante May, observe sur Instagram la nouvelle vie de son meilleur ami Ned (Jacob Batalon), désormais étudiant au MIT, puis intervient dès qu’une menace surgit. À cette solitude s’ajoutent d’étranges douleurs aux poignets, conséquence d’une mutation de son ADN. Jusqu’au jour où il croise la route d’un ennemi aussi mystérieux qu’insaisissable.

Un ennemi invisible… et une métamorphose inquiétante

Lorsqu’un char volé sème le chaos dans les rues de New York, il semble se diriger vers le Scorpion (Michael Mando), déjà affronté dans Spider-Man: Homecoming (2017). Tout laisse penser que ce dernier a organisé son évasion, avant qu’un autre responsable ne se révèle. Les individus qui l’aident semblent littéralement possédés : leur personnalité change brusquement, comme contrôlée par une force extérieure. Le véritable adversaire est une entité inconnue capable de passer d’une personne à l’autre pour contrecarrer Spider-Man. Invisible mais omniprésente, elle devient la cible d’une véritable chasse à l’homme.

Pendant ce temps, Peter continue de graviter autour de MJ (Zendaya) et de Ned sans jamais leur révéler la vérité. Non pas parce qu’il doute d’eux, mais parce qu’il refuse de les exposer une nouvelle fois au danger. Une précaution qui s’avère vaine : la mystérieuse entité découvre rapidement que Peter Parker et Spider-Man ne font qu’un et décide d’utiliser MJ comme monnaie d’échange.

En parallèle, la mutation génétique de Spider-Man s’intensifie. Ses gènes d’araignée prennent progressivement le dessus, rendant ses sens bien plus aiguisés que ceux d’un humain. Plus étonnant encore, de véritables toiles commencent à jaillir directement de ses poignets, au point de rendre ses lance-toiles inutiles. Pour reprendre le contrôle, Peter se tourne vers Bruce Banner (Mark Ruffalo), lui aussi confronté à une double nature. Inspiré par le dispositif inhibiteur que ce dernier porte au bras, il met au point un inhibiteur génétique destiné à contenir ses pouvoirs. Grâce à cet appareil, les êtres dotés de capacités extraordinaires peuvent retrouver une vie presque normale. Aux côtés du Damage Control, dirigé par Bill Metzger (Tramell Tillman), Spider-Man tente alors d’utiliser cette technologie pour stopper son mystérieux adversaire. Une enquête qui finit par révéler la véritable origine de tous ces événements.

Un Spider-Man plus mature… mais toujours prisonnier de l’univers Marvel

Spider-Man: Brand New Day marque le début de la seconde trilogie consacrée au Spider-Man de Marvel, après la trilogie Homecoming. Pour la première fois, Peter Parker évolue pleinement dans sa vie d’adulte, et cela se ressent autant dans le ton que dans les scènes d’action. Plus lourdes, plus intenses, elles reflètent un héros profondément marqué par les traumatismes des films précédents. L’insouciance qui caractérisait jusqu’ici le Spider-Man de Tom Holland laisse place à un personnage plus mélancolique, dont la quête d’espoir devient d’autant plus touchante.

L’évolution est également plus intime. Jusqu’à présent, Spider-Man était avant tout animé par le besoin de résoudre les crises qui l’entouraient. En choisissant de couper les ponts avec ceux qu’il aime, Peter croyait les protéger. Mais en entrant dans l’âge adulte, il comprend qu’on ne peut pas vivre éternellement seul. Cette prise de conscience ne lui vient pas uniquement de ses proches : elle naît aussi de sa rencontre avec d’autres êtres extraordinaires, dont les pouvoirs sont autant une force qu’un fardeau. Par moments, le film adopte ainsi une approche qui rappelle l’univers des X-Men, où les capacités surnaturelles deviennent aussi une faiblesse. Cette évolution offre au personnage une véritable histoire de passage à l’âge adulte, loin du lycéen impulsif et parfois maladroit des débuts.

Le film souffre toutefois d’un défaut bien connu de l’univers Marvel : sa tendance à vouloir connecter toutes ses franchises. Spider-Man: Brand New Day multiplie ainsi les apparitions de personnages Marvel qui n’ont qu’un rôle très secondaire dans l’intrigue. Le clan ninja de la Main apporte surtout une touche visuelle, tandis que Tombstone (Marvin Jones III), pourtant très présent dans la promotion du film, n’apparaît finalement que le temps d’une scène.

Même constat pour le Punisher (Jon Bernthal). Présenté comme un potentiel nouveau mentor de Spider-Man après Iron Man, il fait ici ses débuts au cinéma dans l’univers Marvel. Pourtant, son intégration paraît artificielle : ses capacités sont largement revues à la baisse et son caractère manque de relief. Si sa présence permet de confronter la morale de Spider-Man — qui refuse de tuer — à la justice expéditive du Punisher, il ne s’impose jamais comme un élément essentiel du récit.

L’identité du véritable antagoniste constitue en revanche sans doute le plus grand choc de Spider-Man: Brand New Day. Sa révélation est si marquante qu’elle finit presque par voler la vedette au personnage principal lui-même. Les fans de Marvel y verront une nouvelle étape dans l’expansion de cet univers. Reste que ce développement laisse un léger goût d’inachevé pour ce qui pourrait bien être la dernière apparition de Tom Holland dans le costume de Spider-Man.

Le film Spider-Man: Brand New Day est disponible dans les salles en Suisse depuis mercredi 29 juillet 2026.

Autrice : Ra Hyo Jin
Cet article a été traduit en français et adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur elle.co.kr. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.

Tags : film · critique
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Cookies strictement nécessaires

Cette option doit être activée à tout moment afin que nous puissions enregistrer vos préférences pour les réglages de cookie.

Statistiques

Ce site utilise Google Analytics pour collecter des informations anonymes telles que le nombre de visiteurs du site et les pages les plus populaires.

Garder ce cookie activé nous aide à améliorer notre site Web.