Rencontre avec Anne Brunner: « Malgré les souffrances, […] la vie vaut la peine d’être vécue

25 février · Romaine Jean

Elle dirige avec efficacité «  Fond’ Action contre le cancer  », l’importante fondation romande, qui distribue plus d’un million de francs par année à des projets novateurs de recherche en oncologie.

Elle avait une formation en sciences politiques et en études européennes et tout lui souriait jusqu’au jour où « la terrible maladie » frappe son époux, la laissant seule avec quatre enfants de trois à dix ans. « Je cherchais un travail qui donne du sens à ma vie ». Elle change de voie. C’est l’équipe du professeur Serge Leyvraz, grand spécialiste des nouveaux traitements anticancéreux, au CHUV, puis à l’hôpital de la Charité à Berlin, qui avait soigné son mari. «M’engager dans Fond’Action contre le cancer devenait une manière de me relier à mon passé», dit cette femme solaire, au professionnalisme sans faille, qui aime les gens « altruistes et modestes ». Comme elle!

ELLE. Vous dirigez « Fond‘Action contre le cancer ». J’imagine qu’il faut beaucoup d’empathie pour occuper une telle fonction ?
Anne Brunner. Plus que de l’empathie, il faut de l’organisation, de la rigueur et la capacité de collaborer avec de nombreuses personnes aux profils très différents les uns des autres. Moi qui adore le contact aux autres, j’ai ainsi l’immense privilège grâce à Fond’Action de pouvoir non seulement côtoyer le monde médical et ses chercheurs mais aussi celui de la communication, que ce soit par le biais de l’organisation de notre soirée de Gala, des contacts avec nos sponsors ou encore de notre communication institutionnelle.

La maladie de votre mari, décédé d’un cancer à 45 ans, vous a fait croiser le chemin des équipes du professeur Serge Leyvraz, ancien responsable de l’oncologie au CHUV. Quelle importance ont eu les rencontres dans votre vie ?
Les rencontres ont en quelque sorte fait ma vie. Que ce soit au niveau professionnel ou dans ma vie privée. J’aime les gens et ce lien aux autres a toujours été le moteur de mes décisions et de mes choix. Ainsi, au sortir de mes études, j’ai postulé dans une grande entreprise de la place alors que j’avais envisagé une tout autre carrière, simplement parce que j’étais tombée par hasard lors d’une sortie à ski sur une ancienne amie d’études et sur quatre de ses collègues. Après quelques pistes, ma décision était prise. Je voulais travailler avec des personnes comme celles que je venais de rencontrer: ouvertes, dynamiques, enthousiastes, sympathiques. Après une offre spontanée, je les ai rejoints et suis restée chez ce premier employeur durant près de douze ans! Bien des années après le décès de mon mari, lorsque la vie m’a mise face au professeur Leyvraz, président de Fond’Action contre le cancer et à Olivier Daulte, son fondateur, les rejoindre fut une évidence pour moi.

C’est un comité composé de très grands scientifiques, de professeurs de toute la Suisse, qui décide des attributions de Fond‘Action contre le cancer. Que vous inspirent ces personnalités ?
Je suis très admirative de tous les professeurs qui s’impliquent au sein de notre comité scientifique ainsi que des médecins en général, de leur altruisme et de leur amour du prochain. Toutes et tous se sont formés durant des années dans l’unique but de venir en aide aux autres et de tenter de les guérir. Ce sont de véritables héros à mes yeux. Alors que leur agenda est surchargé de rendez-vous avec leurs patients et des cours qu’ils dispensent, tous trouvent le temps de consacrer gracieusement une journée à Fond’Action afin d’évaluer les projets novateurs en oncologie qui ont été soumis à notre fondation et de décider de leur attribuer ou non des fonds.

Parlez-vous de la Fondation que vous dirigez à vos quatre enfants ? Sont-ils fiers de votre parcours ?
Oui, je leur en parle un peu. Surtout lors des périodes plus chargées professionnellement pour moi. J’ai invité une de mes filles à participer à notre avant-dernière soirée de Gala. J’ai vu dans ses yeux à ce moment-là qu’elle était fière de mon engagement et qu’elle se rendait mieux compte de ce que je faisais au quotidien. Pour mes autres enfants, je pense qu’ils le sont aussi mais ils ne me l’ont jamais dit explicitement.

Quelle a été la plus dure épreuve que vous avez vécue ?
Sans hésitations aucune, la maladie et le décès de mon mari parti bien trop tôt! Le fait d’avoir élevé seule mes quatre enfants, n’a pas été simple non plus.

Comment avez-vous fait pour retrouver goût à la vie ?
Je n’ai jamais perdu le goût de la vie! Elle m’avait beaucoup gâtée jusque-là et j’avais l’amour de mes enfants. Après une telle épreuve, ils avaient besoin d’une maman forte à leurs côtés. Je voulais leur monter que malgré les épreuves, la vie continue et est belle.

Qu’est-ce qui vous rend heureuse aujourd’hui ?
Enormément de choses me rendent heureuse aujourd’hui. Le fait de voir mes enfants, aujourd’hui adultes, heureux et bien dans leur peau alors que tout n’a pas toujours été facile, le fait de m’épanouir professionnellement et d’œuvrer pour une cause qui a du sens pour moi et me relie à mon passé, le fait d’avoir de magnifiques amitiés tant féminines que masculines, le fait d’avoir su reconstruire une belle vie sentimentale avec un merveilleux compagnon après un si grand chagrin. Le fait de me lever le matin et de voir le soleil sur les montagnes. Le fait de rire à gorge déployée.

Et qu’est-ce qui vous rend triste ?
L’injustice, la guerre, la souffrance de tant de personnes et de tant de femmes dans le monde….

Quelle est la philosophie de vie que vous aimeriez partager ?
Malgré les souffrances, malgré les épreuves, la vie vaut la peine d’être vécue pleinement en lien avec les autres dans tout ce que nous faisons au quotidien. Chaque seconde est un cadeau!  

Tags : Femme · Santé · Suisse · maladie

Elle dirige avec efficacité «  Fond’ Action contre le cancer  », l’importante fondation romande, qui distribue plus d’un million de francs par année à des projets novateurs de recherche en oncologie.

Elle avait une formation en sciences politiques et en études européennes et tout lui souriait jusqu’au jour où « la terrible maladie » frappe son époux, la laissant seule avec quatre enfants de trois à dix ans. « Je cherchais un travail qui donne du sens à ma vie ». Elle change de voie. C’est l’équipe du professeur Serge Leyvraz, grand spécialiste des nouveaux traitements anticancéreux, au CHUV, puis à l’hôpital de la Charité à Berlin, qui avait soigné son mari. «M’engager dans Fond’Action contre le cancer devenait une manière de me relier à mon passé», dit cette femme solaire, au professionnalisme sans faille, qui aime les gens « altruistes et modestes ». Comme elle!

ELLE. Vous dirigez « Fond‘Action contre le cancer ». J’imagine qu’il faut beaucoup d’empathie pour occuper une telle fonction ?
Anne Brunner. Plus que de l’empathie, il faut de l’organisation, de la rigueur et la capacité de collaborer avec de nombreuses personnes aux profils très différents les uns des autres. Moi qui adore le contact aux autres, j’ai ainsi l’immense privilège grâce à Fond’Action de pouvoir non seulement côtoyer le monde médical et ses chercheurs mais aussi celui de la communication, que ce soit par le biais de l’organisation de notre soirée de Gala, des contacts avec nos sponsors ou encore de notre communication institutionnelle.

La maladie de votre mari, décédé d’un cancer à 45 ans, vous a fait croiser le chemin des équipes du professeur Serge Leyvraz, ancien responsable de l’oncologie au CHUV. Quelle importance ont eu les rencontres dans votre vie ?
Les rencontres ont en quelque sorte fait ma vie. Que ce soit au niveau professionnel ou dans ma vie privée. J’aime les gens et ce lien aux autres a toujours été le moteur de mes décisions et de mes choix. Ainsi, au sortir de mes études, j’ai postulé dans une grande entreprise de la place alors que j’avais envisagé une tout autre carrière, simplement parce que j’étais tombée par hasard lors d’une sortie à ski sur une ancienne amie d’études et sur quatre de ses collègues. Après quelques pistes, ma décision était prise. Je voulais travailler avec des personnes comme celles que je venais de rencontrer: ouvertes, dynamiques, enthousiastes, sympathiques. Après une offre spontanée, je les ai rejoints et suis restée chez ce premier employeur durant près de douze ans! Bien des années après le décès de mon mari, lorsque la vie m’a mise face au professeur Leyvraz, président de Fond’Action contre le cancer et à Olivier Daulte, son fondateur, les rejoindre fut une évidence pour moi.

C’est un comité composé de très grands scientifiques, de professeurs de toute la Suisse, qui décide des attributions de Fond‘Action contre le cancer. Que vous inspirent ces personnalités ?
Je suis très admirative de tous les professeurs qui s’impliquent au sein de notre comité scientifique ainsi que des médecins en général, de leur altruisme et de leur amour du prochain. Toutes et tous se sont formés durant des années dans l’unique but de venir en aide aux autres et de tenter de les guérir. Ce sont de véritables héros à mes yeux. Alors que leur agenda est surchargé de rendez-vous avec leurs patients et des cours qu’ils dispensent, tous trouvent le temps de consacrer gracieusement une journée à Fond’Action afin d’évaluer les projets novateurs en oncologie qui ont été soumis à notre fondation et de décider de leur attribuer ou non des fonds.

Parlez-vous de la Fondation que vous dirigez à vos quatre enfants ? Sont-ils fiers de votre parcours ?
Oui, je leur en parle un peu. Surtout lors des périodes plus chargées professionnellement pour moi. J’ai invité une de mes filles à participer à notre avant-dernière soirée de Gala. J’ai vu dans ses yeux à ce moment-là qu’elle était fière de mon engagement et qu’elle se rendait mieux compte de ce que je faisais au quotidien. Pour mes autres enfants, je pense qu’ils le sont aussi mais ils ne me l’ont jamais dit explicitement.

Quelle a été la plus dure épreuve que vous avez vécue ?
Sans hésitations aucune, la maladie et le décès de mon mari parti bien trop tôt! Le fait d’avoir élevé seule mes quatre enfants, n’a pas été simple non plus.

Comment avez-vous fait pour retrouver goût à la vie ?
Je n’ai jamais perdu le goût de la vie! Elle m’avait beaucoup gâtée jusque-là et j’avais l’amour de mes enfants. Après une telle épreuve, ils avaient besoin d’une maman forte à leurs côtés. Je voulais leur monter que malgré les épreuves, la vie continue et est belle.

Qu’est-ce qui vous rend heureuse aujourd’hui ?
Enormément de choses me rendent heureuse aujourd’hui. Le fait de voir mes enfants, aujourd’hui adultes, heureux et bien dans leur peau alors que tout n’a pas toujours été facile, le fait de m’épanouir professionnellement et d’œuvrer pour une cause qui a du sens pour moi et me relie à mon passé, le fait d’avoir de magnifiques amitiés tant féminines que masculines, le fait d’avoir su reconstruire une belle vie sentimentale avec un merveilleux compagnon après un si grand chagrin. Le fait de me lever le matin et de voir le soleil sur les montagnes. Le fait de rire à gorge déployée.

Et qu’est-ce qui vous rend triste ?
L’injustice, la guerre, la souffrance de tant de personnes et de tant de femmes dans le monde….

Quelle est la philosophie de vie que vous aimeriez partager ?
Malgré les souffrances, malgré les épreuves, la vie vaut la peine d’être vécue pleinement en lien avec les autres dans tout ce que nous faisons au quotidien. Chaque seconde est un cadeau!  

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