Maman de quatre enfants, référence stylistique et figure emblématique de Dior Maison, Cordelia de Castellane est une hyperactive qui se partage entre ses activités à Paris et son pays de cœur, la Suisse. Entretien.

Cordelia de Castellane est directrice artistique de Dior Maison et Baby Dior. Elle a aussi décoré l’Abbaye des Vaux-de-Cernay en France, fait renaître l’institution Maxim’s ou encore revampé les salons de thé Ladurée. Grâce à son talent, un style joyeux et ultra-raffiné, Cordelia de Castellane est partout. Aujourd’hui, elle vit entre Paris et Gstaad, où elle a grandi. Un lieu qu’elle affectionne particulièrement.
ELLE Suisse: Enfant, vous avez vécu en Suisse, quels souvenirs en gardez-vous?
Cordelia de Castellane: J’ai des liens très forts avec ce pays. J’y ai passé toute mon enfance et je m’y suis fait mes meilleures amies. Il est symbole de douceur et de nature, tout ce que j’aime! C’est vraiment ma bulle.
Votre amour pour la nature est visible dans toutes vos créations, cela vient de vos années passées en Suisse?
Complètement! Quand on est jeune, on a des souvenirs ancrés qui vous prédestinent pour l’avenir. Le fait de se réveiller tous les matins dans ce paradis a sans aucun doute un lien direct avec ma passion pour la nature. Rien ne vaut la beauté des paysages en Suisse. J’ai beaucoup voyagé dans le monde entier et peu d’endroits sont aussi incroyables. Je ne me lasse pas de ce décor et depuis quarante-trois ans, je suis éblouie.
En 2008, vous avez lancé votre marque CdeC, le rôle d’entrepreneuse vous a-t-il plu?
Avec CdeC, l’idée était de proposer des vêtements pour enfants à des prix abordables, j’avais d’ailleurs une boutique à Genève, mais le modèle économique ne me faisait pas gagner d’argent. Deux ans plus tard, j’ai commencé à travailler pour Dior et j’ai décidé d’arrêter ma marque. Avec le recul, ce qui m’intéresse c’est de créer des collections, mais gérer une entreprise, ce n’est pas mon truc!
Comment la collaboration avec Dior est-elle née?
Mon univers a plu et celui de Dior m’a attiré. Le fait d’habiller l’enfant avec beaucoup d’innocence et de poésie me correspond totalement. J’ai un style qui est très proche de Monsieur Dior. C’était un homme qui aimait la campagne, les fleurs, la nature et qui en a fait sa source d’inspiration dans ses collections.
C’était un rêve de travailler pour Dior?
J’étais très heureuse quand on m’a proposé ce poste et j’adore mon job, mais je n’y avais jamais pensé auparavant. Évidemment, c’est le rêve de beaucoup de créateurs de travailler pour une si belle Maison. Mais ma vie est imprévisible. Je n’ai jamais eu d’ambition dans ma carrière. Parfois, on me demande où je me vois dans cinq ans; c’est impossible pour moi de répondre, car j’aimerais déjà savoir où je serai la semaine prochaine!
Il y a aussi vos projets avec votre studio de création?
Effectivement, en parallèle de Dior j’ai mon studio de création. On me mandate pour des projets, mais je n’en accepte pas beaucoup et je choisis mes clients par affinités. Quand le Groupe Paris Society m’a proposé de décorer son premier hôtel, j’ai accepté et j’ai vécu quatre ans de bonheur avec ce chantier. J’ai rénové l’Abbaye des Vaux-de-Cernay et ses 150 chambres. Je suis partie d’une feuille blanche; l’exercice a été compliqué, car un lieu avec une telle histoire, il faut le transformer, mais pas le dénaturer.
En l’espace de quelques années, vous êtes devenue une personne ultra-sollicitée, comment expliquez-vous ce succès?
Le succès est un terme qui ne me plaît pas vraiment. Je travaille chez Dior depuis quatorze ans et j’ai vu des gens rentrer par le haut et sortir par le bas, donc moi je veux me protéger et rester les pieds sur terre. Je suis très heureuse que mon travail plaise, mais ce qui est important est de faire rêver les clients. Même en passant devant les vitrines Dior, si les gens vivent un agréable moment, je suis ravie! Je pense que la beauté est importante dans le monde dans lequel on vit et nous avons tous besoin d’une part de rêve.
Le succès est un terme qui ne me plaît pas vraiment. […] moi je veux me protéger et rester les pieds sur terre.
Quelles sont vos adresses fétiches en Suisse?
À Gstaad et ses alentours, mon restaurant préféré est la Table du Valrose à Rougemont. Sinon les lieux incontournables sont la papeterie Cadonau à Gstaad, la librairie des Alpages à Saanen, le boucher à Saanen où l’on déguste sur place les meilleurs burgers et pad thaï, le spa de l’hôtel Alpina à Gstaad, l’hôtel-restaurant Olden à Gstaad et le Posthotel Rössli à Gstaad pour sa fondue chinoise.
Quelles sont vos destinations préférées pour partir en vacances?
Sans hésiter, la Grèce. L’été, je vais à Paxos.
Qu’aimez-vous faire quand vous ne travaillez pas?
Quand on exerce un métier comme le mien dans la créativité, on a toujours une part de son esprit dans son travail, on ne coupe pas vraiment. Mais ce n’est pas un problème, car c’est une passion. J’aime voyager, voir des expos, lire et tout ceci me nourrit. La plupart du temps, mes vacances sont des voyages d’inspiration.
Quels sports pratiquez-vous?
Je marche énormément, je skie et j’adore jardiner.
Quels sont vos projets?
J’aimerais avoir plus de temps pour écrire, prendre des cours de céramique et passer mon permis de conduire!
Quelle est votre devise dans la vie?
Aide-toi et le ciel t’aidera.