« Un bijou que l’on aime est un bijou que l’on a envie de transmettre » : Fabienne Ymar, fondatrice d’Avinas

Elle est la créatrice de la marque Avinas. Des bijoux durables et chics, inspirés de la vie et des rencontres, à découvrir dans la boutique rue de la Terrassière à Genève.

C’est une femme libre, avec ses règles, son espace de création, d’expression. Un univers sur mesure, qu’elle a façonné à force de travail. Il y a 12 ans, Fabienne Ymar donne naissance à sa passion pour les bijoux avec Avinas. Un nom symbolique, en hommage à ses origines lituaniennes, qui marque son attachement à la transmission. Dans ses qualités, elle mentionne la persévérance, l’audace et le jusqu’au-boutisme. Elle avoue aussi en souriant une certaine exigence pour la droiture, «mon côté suisse allemand, sûrement!» Elle a bordé son parcours de quelques doutes, mais n’a reculé devant aucune difficulté pour apprendre à exister.

ELLE. Quelles sont vos valeurs ?
Fabienne Ymar :
J’aime les gens, j’aime partager mon travail. J’essaie de faire la différence en étant toujours de bonne humeur, en rassemblant les autres, en créant des liens qui durent. J’ai besoin d’harmonie, j’aime quand les gens s’aiment et que tout va bien.

Ça n’est pas évident dans le monde d’aujourd’hui, non ?
Quand on est vraiment bien entourée, c’est facile. Je suis authentique, je partage mes valeurs, donc j’attire une communauté qui me ressemble et me soutient.

Comment vous vivez votre statut de femme et d’entrepreneuse ?
C’est une chance d’être entrepreneuse et ça n’est pas une question de genre. Je n’aime pas genrer les réussites ou les échecs. Je ne me suis jamais posé la question de savoir si j’étais plus ou moins forte qu’un homme. La réussite est une question de niaque. Il faut être persévérant, continuer quand c’est difficile, ne pas baisser les bras, se remettre en question sans arrêt.

Je n’aime pas genrer les réussites ou les échecs. […] Je ne me suis jamais posé la question de savoir si j’étais plus ou moins forte qu’un homme.

Fabienne Ymar, fondatrice d’Avinas

À quoi rêviez-vous enfant ?
Je voulais travailler pour la police scientifique. Je suis fascinée par les histoires criminelles (rires…) et le fonctionnement psychologique qui amène des gens à commettre de telles choses.

On est bien loin des bijoux !
J’ai toujours été fascinée par les bijoux aussi. Pendant mes études de psychologie à Genève, je fabriquais des bijoux que je revendais à mes amies, je faisais les marchés de Noël… Quand j’ai obtenu mon diplôme, j’ai dit à mes parents que je voulais faire une école de joaillerie à New York. Ils m’ont soutenue.

Comment est née cette passion ?
Ma grand-mère avait une bague d’un grand bijoutier grec. J’ai souvent admiré cette chevalière qu’elle portait au petit doigt. Elle était large, lourde, avec beaucoup de textures. Il y a cinq ans, elle nous a quittés et j’ai hérité de cette bague ; je la garde précieusement depuis. Je ne la porte pas. Je n’ai pas envie de la toucher, je veux qu’elle garde sa propre énergie…

Quand j’ai obtenu mon diplôme, j’ai dit à mes parents que je voulais faire une école de joaillerie à New York. Ils m’ont soutenue.

Fabienne Ymar, fondatrice d’Avinas
ELLE Suisse

Vous êtes spirituelle ?
Je pense que c’est important de rester connecté à ses racines. J’ai beaucoup de respect pour cela. La mort fait partie de la vie, il faut l’accepter pour autant qu’elle est dans l’ordre des choses, comme perdre un grand-parent, même si cela reste douloureux. Ma grand-mère a eu une jolie vie, elle est décédée à presque 100 ans. Il y a un moment où tout le monde doit partir. Je n’y pense pas avec tristesse, mais avec un profond attachement à tout ce que l’on a partagé.

Que gardez-vous de votre rêve américain ?
J’adore les États-Unis. À New York, j’ai côtoyé beaucoup de gens dans l’art, dans les galeries, les expos, la mode. Là-bas, tout va très vite. Je me suis nourrie de toutes ces énergies, de cette vie fantastique. J’aime la manière de parler des gens, j’aime leur mentalité. Elle est si inspirante!

Cela signifie quoi pour vous, offrir un bijou ?
Un bijou que l’on aime, c’est un bijou que l’on a envie de transmettre. La transmission est très importante. Ce que je préfère, ce sont les créations sur mesure pour un événement particulier. J’écoute les histoires que l’on me raconte, les souhaits que l’on me formule et j’essaie de leur faire prendre vie. Je pense que je suis douée pour ça.

La mort fait partie de la vie, il faut l’accepter pour autant qu’elle est dans l’ordre des choses, comme perdre un grand-parent, même si cela reste douloureux.

Fabienne Ymar, fondatrice d’Avinas
ELLE Suisse

Comment on crée un bijou ?
On ne se réveille pas la veille d’une collection avec des idées précises. C’est une inspiration de chaque jour, un travail qui prend forme petit à petit. Il y a un fil rouge commun à tous les bijoux. Mon inspiration vient beaucoup des États-Unis et de l’art. J’aime les lignes claires et sobres.

Est-ce que vous avez des failles qu’il vous a fallu combattre ?
Je suis extrêmement perfectionniste. Avant je voulais tout faire moi-même, parce que j’estimais que je faisais mieux que tout le monde. Alors, j’ai travaillé sur moi pour apprendre à lâcher prise, ça m’a pris quelques années. J’ai accepté que les choses ne soient pas parfaites. J’ai compris que la vie est un marathon, pas un sprint. On ne peut pas être à 200% en permanence.

Comment vous vous ressourcez ?
Je fais du cheval depuis que j’ai 5 ans. C’est un échange sans mot, un amour inconditionnel, une osmose avec un autre être vivant. Cela m’apporte de la joie, de la résilience, de la patience, de la force.

C’est difficile d’être parent aujourd’hui. On se fait toujours beaucoup de reproches, on pense ne jamais faire bien, ou pas assez, on se remet en question sans arrêt. Or la clé est sûrement de se faire confiance.

Fabienne Ymar, fondatrice d’Avinas
ELLE Suisse

Quelle a été votre plus grande audace ?
Je suis déjà assez culottée au quotidien! Je vais toujours essayer. Je pars du principe que le non on l’a déjà, alors si on ne demande pas, on ne risque pas d’avoir un oui. Avec du charme et du respect, on peut tout obtenir. Tout est dans la façon de demander.

Une chose difficile à vivre ?
L’éducation de mes filles, de 7 et 9 ans, elles sont ma priorité. Mais c’est difficile d’être parent aujourd’hui. On se fait toujours beaucoup de reproches, on pense ne jamais faire bien, ou pas assez, on se remet en question sans arrêt. Or la clé est sûrement de se faire confiance et de se raccrocher aux valeurs que l’on souhaite transmettre.

Tags : Genève · Suisse · Joaillerie
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