« Marty Supreme » débarque en Suisse : pourquoi il faut absolument aller le voir

Entre chaos jubilatoire, casting cinq étoiles et mise en scène signée Josh Safdie, le film de Timothée Chalamet crée la surprise et électrise déjà critiques et cinéphiles.
Depuis des mois, la machine marketing tourne à plein régime. Produits dérivés en cascade entre blousons, survêtements, jusqu’aux balles de ping-pong, critiques dithyrambiques à la pelle, et, surtout, un Timothée Chalamet omniprésent sur les réseaux, récompense après récompense, souvent accompagné de Kylie Jenner.
Sorti dans plusieurs pays à l’approche de Noël, le film se fait attendre en Suisse romande jusqu’au 18 février (et le 26 février en Suisse alémanique). De quoi nourrir le doute : avec un tel battage médiatique, la déception semble presque inévitable. Parce que, sérieusement : un film de deux heures et demie sur… le ping-pong ?! Et pourtant, après l’avoir visionné, un seul mot s’impose : spectaculaire.
Voyage aussi fiévreux que palpitant
Parce qu’il est tout simplement impossible de s’y ennuyer une seule seconde. Pendant deux heures et demie, le film enchaîne les séquences haletantes, aussi absurdes qu’imprévisibles. Le tennis de table n’y est qu’un prétexte narratif — même si l’histoire prend de nombreuses libertés par rapport à celle du véritable Marty « The Needle » Reisman, figure mythique du ping-pong américain des années 1950.
Par moments, Marty Supreme (2026) évoque Arrête-moi si tu peux (2002) avec Leonardo DiCaprio – la parenté visuelle des affiches n’a d’ailleurs rien d’un hasard. Mais ici, le chaos est poussé à son paroxysme. Marty, arnaqueur insaisissable, n’est pas traqué par un agent fédéral à la Tom Hanks, mais par lui-même. Car Marty Mauser poursuit un objectif clair, presque obsessionnel : « Et si vous pensez que c’est une bénédiction, vous vous trompez. Ce qui signifie que j’ai le devoir de mener à bien un projet très précis. »

On ne vous en dira pas trop sur le film : Marty Supreme se savoure d’autant mieux quand on s’y laisse happer sans filet. Il faut accepter la surprise et embarquer pour ce voyage cinématographique aussi fiévreux que palpitant, signé Josh Safdie. Quelques mentions honorables s’imposent toutefois :
– Gwyneth Paltrow : sortie de sa retraite, la reine du maquillage incarne une actrice plus âgée avec laquelle Marty entame une liaison. Un pur régal à l’écran — et une performance qui donne furieusement envie qu’un réalisateur audacieux parvienne bientôt à la séduire avec un scénario à la hauteur.
– Odessa A’zion : nouvelle coqueluche hollywoodienne, elle campe l’amie d’enfance mariée de Marty avec une justesse troublante. Si son nom ne vous dit encore rien, I Love LA sur HBO Max – une série dans l’esprit de Girls, explorant la culture des influenceurs – devrait rapidement corriger le tir.
– Une distribution de rêve ! Fran Drescher (Une nounou d’enfer), Sandra Bernhard, Tyler, the Creator, le décorateur Isaac Mizrahi, le metteur en scène Abel Ferrara ou encore le dramaturge David Mamet.
– L’histoire glaçante du miel associée au personnage de Béla Kletzki s’inspire d’un fait réel, celui du joueur de tennis de table polonais Alojzy Ehrlich.
– La musique inattendue des années 1980 !
Côté anecdotes, Timothée Chalamet – également coproducteur du film – se préparait pour ce rôle depuis… 2018. Autre détail savoureux : la peau marquée de Marty est entièrement due au maquillage. On le sait grâce à Gwyneth Paltrow, qui souhaitait lui recommander des produits Goop Beauty avant de découvrir qu’il affichait, en réalité, une peau parfaite. Et puis, il y a ces larmes finales. Inattendues. Désarmantes.
Bref : allez le voir. Vraiment.
Autrice : Ilonka Leenheer
Cet article a été traduit en français et adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur elle.com/nl. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.