À la découverte du SAX, hôtel où l’on séjourne dans une œuvre d’art grandeur nature

Entre adresse confidentielle et manifeste esthétique, cet édifice inauguré en 2025 bouscule les codes du cinq étoiles. Sa maxime : transformer le séjour parisien en expérience sensorielle, entre clins d’œil artistiques, panoramas spectaculaires et mise en scène permanente.
Ne vous fiez pas à sa façade au charme tout en retenue. Elle porte les traces de son ancienne fonction, autrefois quartier général des demoiselles du téléphone – ces opératrices qui reliaient les lignes téléphoniques de Paris. Aujourd’hui, c’est un tout autre signal que le bâtiment du 55 avenue de Saxe diffuse : l’âme résolument arty d’un hôtel, le SAX Paris, avec des ambitions furieusement captivantes.
Ce cinq-étoiles ne se contente pas d’héberger ; il transforme l’art de vivre en spectacle immersif. Ouvert l’an dernier au cœur du 7e arrondissement, l’établissement offre en effet une expérience à tiroirs que l’on s’amuse chaque seconde à découvrir au fil d’une ambiance mode et design hypnotisante et d’un service ultra personnalisé.
Designs impressionnants
Vous le verrez, dès l’entrée, La Galerie cueille immédiatement. Miroirs démultipliés, lustres Baccarat signature, lumière rouge théâtrale : on y sirote un verre à toute heure ou – mieux – on privatise le lieu pour une soirée qui promet déjà d’être mémorable. L’adresse profite d’ailleurs d’un emplacement rêvé : à quelques minutes à pied se dressent la Tour Eiffel, le Champ de Mars et un chapelet d’ambassades, musées et institutions.

Après un joli dédale d’escaliers et de passages, on débouche, de l’autre côté de La Galerie, sur le Jardin. Imaginé par la directrice artistique de Ladurée Claudia Ravnbo, il fait trôner en son centre une sculpture cristalline presque mystique. Elle est signée du célèbre Arik Levy. L’hiver, c’est encore mieux : l’espace vire au conte de fée avec des dizaines de sapins poudrés donnant l’impression d’entrer dans une installation artistique à ciel ouvert – sensation qui se prolonge à l’intérieur, où fresques contemporaines, œuvres digitales et design dialoguent avec d’impressionnantes moulures historiques. On ne circule alors plus dans un hôtel : on déambule dans des œuvres d’art. La plus belle se révélant être celle où l’on passe la nuit.

Ambiance entre art et doux humour
L’hôtel compte 118 chambres, dont plusieurs suites à l’allure haute couture. Évident quant on apprend qu’elles ont été repensées par le studio de création de Karine Journo, ancienne directrice des relations publiques de la chaîne Fashion TV. Parfaitement insonorisées, elles misent sur des matériaux nobles mais jamais ostentatoires. La lumière filtre à travers les stores vénitiens, rebondit sur le marbre graphique et glisse sur le cuir clair des têtes de lit.

Le détail qui fait mouche ? Le délicat humour qui se dissimule partout : télévision derobée derrière une vitre faussement opaque, éléments décoratifs volontairement positionnés de travers et pourtant si fabuleusement justes. Dans les salles de bains, les robinets sculpturaux intriguent tout autant avant de se révéler étonnamment intuitifs. Vasques taillées dans la pierre, lignes dorées organiques… chaque recoin réserve une surprise. Même le minibar s’offre une touche gourmet avec une sélection signée Le Bon Marché et la Grande Épicerie de Paris.

Plus beau panorama de Paris
Côté gastronomie, le SAX Paris joue également la carte de l’étonnement et du style. Coiffé d’une fresque du street artist Sto, le restaurant principal vit du matin au soir comme un salon parisien moderne, entre laptops ouverts, verres qui tintent et conversations animées. Les amateurs de gastronomie nippone filent, eux, au Kinugawa Rive Gauche, écrin graphique mêlant bois cannelé, bronze patiné et textiles texturés. Depuis le balcon, la vue carte postale sur la Dame de fer vole presque la vedette à l’assiette – mais presque seulement. Car miso, yuzu, truffe blanche et caviar composent un ballet précis, joueur et intensément gourmand. On y ressort repu et léger.


Puis vient le sommet – littéralement. Si certaines chambres donnent accès à la Tour Eiffel grâce à un ingénieux jeu de miroirs cramponnés aux fenêtres, le rooftop, lui, n’a besoin d’aucun artifice. Le regard embrasse l’ensemble des toits de Paris, le dôme doré des Invalides et la silhouette du Musée Rodin. L’hiver, ces 350 mètres carrés prennent des airs de station alpine avec un mini-chalet éphémère : fondue fumante, verre de vin, ambiance cosy et skyline parisienne en toile de fond. De quoi donner aux visiteurs suisses un délicieux sentiment de chez-soi, cette année jusqu’à fin mars.

Visionnaire en coulisses
Derrière ce projet faramineux, Philippe Journo, entrepreneur réputé pour flairer les concepts originaux. Il a revampé l’ancien central téléphonique en adresse hybride où l’on vient autant pour se reposer que pour s’émerveiller. Résultat : une énergie fascinante, celle des lieux que l’on se targue de connaître avant tout le monde. Son ambition ? Faire d’un hôtel un microcosme artistique – pari visible jusque dans le spa, la piscine, le jacuzzi et la salle de sport de l’établissement.

En somme, ce qui marque le plus en quittant l’Hôtel SAX Paris n’est pas le luxe – pourtant bien au rendez-vous – mais bien l’immersion si finement pensée. Chaque espace raconte une histoire, chaque détail semble posé avec intention. On traverse un décor, on vit de véritables mises en scène, on habite des œuvres. Et ça, croyez-nous, c’est le genre d’expérience qui mérite largement sa place sur une liste de choses à vivre au moins une fois dans sa vie.
SAX Paris, LXR Hotels & Resorts, 55 Av. de Saxe, 75007 Paris, France, saxparishotel.com