Le mariage vire à l’horreur dans les films de 2026 et ce n’est pas un hasard

« Jusqu’à ce que la mort nous sépare » ? Cette année, les longs métrages sur le mariage prennent ce vœu un peu trop au pied de la lettre — et bousculent tout ce que l’on croyait savoir sur l’amour et l’engagement.

Se marier a toujours eu quelque chose d’effrayant. Aujourd’hui, l’étape est si terrifiante qu’on en viendrait presque à se demander pourquoi qui que ce soit a un jour décidé de passer devant l’autel. C’est en tout cas le sous-texte à peine voilé des films et séries sur le mariage qui ont marqué ce début d’année 2026.

Il y a d’abord eu Un très mauvais pressentiment, le film Netflix dans lequel Adam DiMarco et Camilla Morrone incarnent un couple de fiancés confronté à une galerie de tueurs et de malédictions surnaturelles durant la semaine précédant leur mariage. Sans spoiler, disons simplement qu’une robe de mariée ensanglantée est le cadet de leurs soucis.

Puis, Wedding Nightmare : deuxième partie, suite très attendue de la comédie horrifique où une jeune mariée est traquée par la famille sataniste de son futur époux. Évidemment, les cauchemars nuptiaux vécus par Grace — interprétée par Samara Weaving — plongent ici dans des ténèbres encore plus profondes.

Et enfin, The Drama : le film très attendu — et désormais controversé — avec Zendaya et Robert Pattinson. On y suit un jeune couple heureux dont le mariage imminent déraille après un jeu post-dégustation de vin très mal choisi : « Quelle est la pire chose que tu aies faite ? ». Si vous n’en avez pas entendu parler, considérez que vous avez de la chance — et restez sur un Monopoly. À vrai dire, difficile d’en dire plus sans gâcher l’intrigue. Disons simplement que le film pousse l’angoisse pré-mariage à un tout autre niveau, détournant et satirisant le concept même d’union matrimoniale : ici, les noces deviennent une mise en scène, et le « oui » repose moins sur l’amour romantique que sur le degré de faux-semblant du couple.

Alors, que se passe-t-il ? La pop culture est-elle en train de tourner en dérision une institution archaïque avec l’énergie surexcitée d’un chiot en smoking ? Ou les mariages sont-ils tout simplement devenus gênants ? Le genre n’est pas nouveau — rappelez-vous de Les Noces funèbres, sorti en 2005. Mais quelque chose semble avoir évolué. Ces films émergent dans une société qui ne vénère plus le mariage comme avant, ni ne l’envisage dans ses cadres traditionnels.

Evolution sociale en Suisse et dans le monde

Aujourd’hui, ne pas passer devant l’autel est bien plus accepté socialement qu’autrefois. C’est vrai pour les couples avec enfants (comme Eva Mendes et Ryan Gosling, ou Maya Rudolph et Paul Thomas Anderson), mais aussi pour les célibataires. En 2024, les données de l’Office fédéral de la statistique (OFS) ont révélé que 36’800 unions avaient été célébrées en Suisse, soit 1000 de moins qu’en 2023. Une baisse enregistrée pour la deuxième année consécutive, rapportait notamment la RTS. Parallèlement, 16’100 mariages se sont terminés par un divorce, soit une augmentation de 600 cas par rapport à l’année précédente. La même année, en Angleterre et au Pays de Galles, la proportion de personnes âgées de 16 ans et plus mariées ou liées par un partenariat civil est passée sous la barre des 50 % pour la première fois, selon ELLE UK. Nos consoeurs mentionnent également les États-Unis, pour lesquels le Pew Research Center indique que le taux de mariage a atteint en 2019 son plus bas niveau depuis 140 ans — sans jamais vraiment rebondir depuis.

Dans la société moderne, le mariage n’est clairement plus une nécessité sociale, ni même une véritable norme culturelle. À vrai dire, quand on sait que l’organisation d’une fête de mariage en Suisse coûte entre 20 000 et 50 000 francs d’après une analyse de la banque Migros, on pourrait presque dire qu’il s’agit d’un rituel réservé aux plus aisés. Peut-être est-ce pour cela que l’institution elle-même est devenue une cible parfaite pour la satire. Rien ne séduit plus un public en pleine crise du coût de la vie qu’un récit « anti-riches » — serviettes en lin monogrammées comprises.

Critique de la surperformance

The Drama, toutefois, ne s’intéresse pas à la richesse. Le film se concentre plutôt sur le potentiel profondément gênant et performatif du mariage, nous invitant à questionner ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Tandis que le couple traverse une épreuve émotionnelle monumentale, il continue de sourire et de poser en tenue de cérémonie comme si de rien n’était. Champagne en public, crise d’angoisse en privé — vous voyez le tableau.

Personne ne dit vraiment ce qu’il ressent, mais tout le monde joue le jeu selon les règles suivies à chaque mariage. Car le script change rarement : dire aux mariés qu’ils sont magnifiques, rire poliment aux blagues du maître de cérémonie, et danser avec la belle-famille quand Toploader retentit. Tout se déroule à merveille… jusqu’à ce que le personnage de Robert Pattinson livre ce qui est peut-être le pire — et le plus délicieusement confus — discours de marié de tous les temps (« on a vraiment une super vie sexuelle », lâche-t-il pour combler un silence gênant).

Recherche de sens

Ce qui rend cette nouvelle vague de films de mariage horrifiques intéressante, ce sont peut-être les questions qu’elle nous pousse, subtilement, à nous poser. Car même si peu d’entre nous peuvent se reconnaître dans les situations extrêmes du genre, beaucoup ont déjà assisté à des mariages inconfortables, pour une raison ou une autre. Aucun blini au saumon fumé ne peut rattraper un discours de témoin vulgaire sur les ex du marié, ni dégriser un parent ivre incapable de s’arrêter de lécher tout le monde sur la piste de danse (oui, c’est du vécu).

Peut-on vraiment vivre un « mariage parfait », où tout se déroule comme prévu ? Les couples doivent-ils absolument tout savoir l’un de l’autre avant de s’engager ? Les mariages traditionnels ne sont-ils pas davantage une performance pour les autres qu’un moment pour les principaux concernés ? Et une fois cet engagement pris, quels comportements est-on prêt à ignorer pour rester fidèle à cette promesse ?

Ce ne sont pas vraiment des questions qu’on nous encourage à poser — ce qui les rend d’autant plus fascinantes à l’écran. Pour celles et ceux disposant d’une bonne dose de cynisme marital, vous serez forcément preneuses et preneurs. Après tout, la pop culture est là pour challenger. Alors, longue vie aux mariages horrifiques — pour le meilleur et pour le pire.

Autrice : Olivia Petter
Cet article a été traduit en français et adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur elle.com/uk. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.

Tags : Mariage · amour · couple · analyse
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