Charlotte Cardin, en concert à Genève ce 26 avril : « On a préparé de belles surprises »

Elle a été élue artiste féminine de l’année aux dernières Victoires de la musique. La chanteuse québécoise sera sur la scène de l’Arena de Genève ce dimanche 26 avril .
Un immense sourire et son accent charmant, c’est sans plus d’artifice qu’elle accueille, enthousiaste, notre conversation. Charlotte Cardin est une belle artiste et son âme l’est tout autant. Si c’est en 2013 que les Québécois la découvrent dans leur version de The Voice, il faudra une décennie de plus pour que sa voix résonne de ce côté-ci, avec notamment «Confetti» (2023). On l’aime amoureuse, sensuelle, chic, derrière son piano ou quand elle ondule, mais avant tout lorsqu’elle incarne de son grain puissant, aux reliefs maîtrisés, des titres pop, sophistiqués, jazzy, assumés. Avec son «Feel Good» (2023), Mademoiselle Cardin nous fait du bien.
ELLE : Avec cette récompense aux Victoires de la musique, est-ce que l’on peut dire que la consécration se joue sur un titre, «Feel Good»?
Charlotte Cardin : Certainement! Cette dernière année ma musique a peut-être rejoint un public plus large, qui a découvert mon univers artistique grâce à cette chanson-là. Mais ça fait longtemps que j’ai des fans en Europe francophone, que je vais à leur rencontre. J’ai créé cette relation au fil du temps, sur des bases solides, comme toute belle relation. C’est énormément de travail de partager sa musique, de lui faire traverser des frontières. Quand j’ai commencé à chanter, je savais que je ne voulais pas me limiter au Québec, au Canada, aux États-Unis. Donc j’ai vécu tout cela comme une succession de plein de très beaux moments qui ont mené à cette récompense. C’est un accomplissement, une fierté, un honneur.
Comment la musique est-elle entrée dans votre vie?
Il y a toujours eu beaucoup de musique à la maison. Ma sœur et ma mère jouaient du piano, mon père écoutait du rock. Autour de 5 ou 6 ans, j’ai senti que lorsque je chantais, il se passait quelque chose de spécial qui touchait les adultes, qui me faisait beaucoup de bien, et qui pouvait aussi faire du bien aux autres. Quand on écoute de la musique, on se connecte tous un peu aux mêmes fréquences, on s’unit d’une façon très puissante.
Quand on écoute de la musique, on se connecte tous un peu aux mêmes fréquences, on s’unit d’une façon très puissante.
Vous êtes très proche de vos parents. Est-ce qu’ils ont contribué à l’artiste que vous êtes aujourd’hui?
Dès mon plus jeune âge, mes parents ont cru en mon talent. Et pourtant, ce ne sont pas des artistes, ce sont des scientifiques. Et moi, je ne suis pas allée à l’université. J’ai sauté sur l’occasion de développer ma carrière musicale, et ce sont eux qui m’ont encouragée à le faire en me disant: «Tu peux toujours retourner à l’université, mais un talent comme le tien, c’est rare, il faut se lancer, se faire confiance.» À leurs yeux, je suis la meilleure chanteuse de la planète (rires). Donc je leur suis très reconnaissante de m’avoir donné cette confiance en moi, c’est un cadeau inestimable. Ils m’ont permis de rêver grand, en sachant que si je travaillais fort, mes rêves seraient accessibles.

Vous abordez le thème de l’amour de manière un peu charnelle, avec «Tant pis pour elle» ou «The way we touch». Est-ce qu’on a le droit de tout dire en musique?
Je pense qu’on peut parler de presque tout, oui. C’est important pour moi et pour mon processus créatif, d’être très libre dans les sujets que j’aborde en musique. Parce qu’il est vrai que dans d’autres aspects de ma vie, je n’ose pas le faire. Mes chansons m’ont toujours permis de canaliser des choses que je ne dis pas dans la vie de tous les jours. Je ressens aussi que mon public apprécie cette vérité dans mes textes. Et tant mieux si les gens peuvent se libérer de sentiments qui ne s’avouent pas facilement.
Comment ça se passe quand on est deux chanteurs dans un couple?
C’est une immense chance ! Mon amoureux est comme moi très carriériste, même si évidemment on priorise le temps que l’on passe ensemble. Mais on est tous les deux, hyperfocus sur nos carrières, nos rêves, nos buts. Et pouvoir partager ça avec quelqu’un qui le vit aussi, c’est crucial. On a un mode de vie qui n’est pas standard, mais au moins on a le même, donc on comprend la réalité de l’autre. Et ça nous permet de nous connecter encore plus profondément.
Mes chansons m’ont toujours permis de canaliser des choses que je ne dis pas dans la vie de tous les jours. Je ressens aussi que mon public apprécie cette vérité dans mes textes.
Vous avez été mannequin. Quel souvenir gardez-vous de cette période?
Je savais que ma passion était la musique, mais j’ai saisi l’opportunité de travailler dans la mode. Au final, ça n’était vraiment pas un milieu pour moi. J’ai toujours eu ce besoin d’expression qui était un peu plus grand que nature, et là il y avait d’autres personnes qui exprimaient leurs idées à travers mon corps, à travers moi. C’était très difficile parce que j’avais des choses à raconter, et je voulais avoir le contrôle de cette narrative-là. Quand on est mannequin, on n’a le contrôle sur rien. Et il y a 15 ans, j’ai trouvé tout cela violent à vivre. Pour moi c’était juste une mauvaise expérience. Mais j’ai beaucoup de respect pour les femmes qui sont mannequins, c’est un métier vraiment difficile.
Vous continuez aujourd’hui à cultiver une image très mode.
Pouvoir renouer avec le monde de la mode maintenant que je suis une artiste, que j’ai mon propre parcours, que c’est moi qui décide des marques avec lesquelles je m’associe, ou ce que je porte, c’est merveilleux. Ça me permet de pousser mon storytelling encore plus loin. C’est très «empowering» !
Quand on est mannequin, on n’a le contrôle sur rien. Et il y a 15 ans, j’ai trouvé tout cela violent à vivre. Pour moi c’était juste une mauvaise expérience.
Vous allez bientôt retrouver le public suisse. Parlez-nous de la tournée.
On a préparé de belles surprises visuelles et musicales. Il y aura des anciens titres, des nouveaux, peut-être même des inédits. J’ai tellement de plaisir à l’idée de retrouver mon public, et tellement hâte! Je ne suis pas montée sur scène depuis décembre 2024. Donc cette tournée dans des salles, qui par ailleurs sont les plus grandes que j’aurais faites en Europe jusqu’à présent, va vraiment être très spéciale.