Pourquoi les stagiaires mode sont les nouvelles stars des réseaux
Entre immersion dans les maisons de luxe et contenus spontanés, une nouvelle génération de stagiaires transforme les coulisses de la mode en phénomène viral.
Être stagiaire n’a jamais vraiment été perçu comme quelque chose de glamour. Bien que ce soit souvent un tremplin pour acquérir de l’expérience et développer son réseau, ce rôle reste parfois difficile à vivre au quotidien. Pourtant, une nouvelle génération de jeunes femmes travaillant dans la mode est en train de transformer cette réalité en véritable contenu lifestyle. Sur les réseaux sociaux, elles dévoilent les coulisses de leur stage, et le succès est au rendez-vous. Visites de showrooms, immersion en usine, participation aux fashion weeks : les portes de la mode s’ouvrent à elles, mais aussi aux internautes, fascinés par cet univers qui a toujours fait rêver.
Les stagiaires mode : les nouvelles « fashion girls » des réseaux
Parmi celles qui suscitent le plus d’attention, on retrouve la tiktokeuse @cestchavie, de son vrai nom Charlotte Tang, que vous avez probablement déjà croisée dans votre fil mode. Ces derniers mois, elle a gagné en popularité en documentant son stage chez Louis Vuitton à Paris sur ses réseaux sociaux. À travers des carrousels photo et des vidéos, elle partage les coulisses de la maison et raconte son quotidien au sein de l’entreprise : réunions, préparation des futures collections, visites du showroom… Le tout accompagné de looks pointus, composés notamment de pièces vintage iconiques. Son concept « vous êtes ma caméra d’espionnage chez Louis Vuitton » lui a permis de rassembler 36’000 abonnés sur TikTok et 18’000 sur Instagram.

De l’autre côté de l’Atlantique, Ella Devi connaît elle aussi une montée en popularité. Sur ses réseaux sociaux, où elle cumule 60’000 abonnés sur Instagram et 165’000 sur TikTok, elle dévoile son quotidien de stagiaire dans la mode à New York : participation à la Fashion Week, invitation à des événements… En parallèle, elle propose une réflexion sur la mode à travers le prisme de la politique. Toujours vêtue de silhouettes pointues inspirées de l’esthétique indie sleaze et des années 2000, elle cultive une image à la fois mode et engagée.
Mais elles sont loin d’être les seules. Sur TikTok, le hashtag #fashionintern cumule des milliers de publications de jeunes stagiaires qui embarquent les internautes dans leur quotidien au sein de l’industrie de la mode. Vlogs, journées filmées, anecdotes de backstage : ces créatrices proposent un contenu brut et spontané, et surtout beaucoup plus accessible que l’image traditionnellement renvoyée par la mode. Autre détail qui attire l’œil : les looks. Terminé le cliché de la working girl en tailleur noir et escarpins vertigineux. Aujourd’hui, les stagiaires mode arrivent au bureau en ballerines, jupe vintage, lunettes rétro et sacs chinés. Les vêtements deviennent un moyen d’expression personnelle au travail. Après tout, n’est-ce pas là l’essence même de la mode ?
Pourquoi ça fonctionne ?
La mode a toujours cultivé une forme de mystère. Un univers fermé, exclusif, presque inaccessible, où tout semble réservé à une poignée de privilégiés. Pendant longtemps, le public n’avait accès qu’au résultat final : les campagnes, les défilés, les célébrités au premier rang. Aujourd’hui, les réseaux sociaux changent complètement la donne. Avec leurs vidéos filmées sur le vif, les stagiaires offrent un accès inédit à l’envers du décor. Elles offrent un regard spontané, authentique et presque sans filtre : les bureaux, les ateliers, les préparatifs, les moments de stress comme d’excitation. Filmé à l’aide d’un simple téléphone, ce contenu crée une proximité immédiate avec le public. En donnant accès à ces coulisses rarement montrées, elles rendent aussi cet univers plus accessible. Leur présence rassure et inspire : elles donnent l’impression que cette industrie, souvent fantasmée, n’est peut-être pas aussi inaccessible qu’elle en a l’air.
Autrice : Laura Londas
Cet article a été traduit en français et adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur elle.fr. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.