Cette bosse douloureuse au pied est peut-être un hallux valgus : voici ce qu’il faut faire

Très fréquent chez les femmes, l’hallux valgus peut rester longtemps indolore avant de provoquer des frottements, des rougeurs et des douleurs à la marche. Une déformation qui peut gâcher la vie.

Qu’est-ce que l’hallux valgus ?

« Au début, je n’avais pas mal », témoigne Véronique, 51 ans. « Je trouvais surtout cela disgracieux. Puis le frottement dans mes chaussures a commencé à me gêner et marcher longtemps me faisait souffrir. » Comme elle, de nombreuses femmes voient apparaître cette bosse au nom peu flatteur, « oignon », sur le bord interne du pied. Contrairement à ce que l’on imagine parfois, il ne s’agit pas d’un os qui pousse. « C’est un os qui se déplace », explique le docteur Adrien Ray, chirurgien du pied et de la cheville à l’Hôpital de La Tour. Le gros orteil part vers les autres orteils, tandis que l’os situé à sa base s’écarte dans l’autre sens. Ce déplacement crée la bosse. 

Quels sont les facteurs de risque de l’hallux valgus ?

Pourquoi l’hallux valgus apparaît-il ? « Il résulte le plus souvent d’une combinaison de facteurs génétiques et biomécaniques », explique le docteur Adrien Ray. Une prédisposition familiale est retrouvée dans plus de 50 % des cas. Les femmes sont très majoritairement touchées, à 90 % contre 10 % chez les hommes. La grossesse ou la ménopause peut également jouer un rôle aggravant, en raison du relâchement des tissus et des ligaments. Cette différence entre les sexes n’est pas encore complètement comprise. Quant aux chaussures, elles sont souvent accusées à tort. « Le port de talons, isolément, ne suffit pas au développement de l’hallux valgus », rappelle le chirurgien. Des modèles étroits, pointus ou à talons hauts peuvent en revanche accélérer l’évolution d’une déformation déjà présente.

Le port de talons, isolément, ne suffit pas au développement de l’hallux valgus.

Docteur Adrien Ray, chirurgien du pied et de la cheville à l’Hôpital de La Tour

Quels sont les symptômes de l’hallux valgus ?

Un hallux valgus visible n’est pas forcément douloureux. Certaines personnes vivent avec cette bosse sans gêne importante. D’autres souffrent alors que la déformation semble encore modérée. « Ce qui compte, ce n’est pas seulement l’aspect du pied, mais son impact sur la vie quotidienne ou sportive », précise le docteur Adrien Ray. Les premiers signes sont souvent simples : difficulté à se chausser, rougeurs, échauffements. Le frottement répété peut provoquer une bursite, une inflammation douloureuse au niveau de la bosse. Lorsque les appuis changent, la douleur peut aussi apparaître sous l’avant-pied. À un stade plus avancé, des cors plantaires peuvent se former et les autres orteils se recroqueviller.

Quand faut-il opérer ?

Le seul moyen de corriger durablement un hallux valgus reste la chirurgie. Une intervention qui doit toutefois répondre à une vraie gêne. « Si l’hallux valgus n’est pas douloureux, on ne va pas opérer », prévient le docteur Adrien Ray. De même si la déformation est peu développée et bien supportée, il vaut mieux adapter le chaussage et patienter. Cette chirurgie touche à une zone essentielle du pied. L’objectif n’est pas seulement de faire disparaître la bosse, mais de réaligner le gros orteil afin de lui redonner une bonne fonction.

Aujourd’hui, la chirurgie percutanée est la plus pratiquée. Elle se réalise par micro-incisions, sous contrôle radiographique, avec des cicatrices minimes, parfois presque invisibles. Si la déformation est trop importante, une chirurgie ouverte peut toutefois être nécessaire. Lorsque les deux pieds sont touchés, la question d’une double opération se pose parfois. Là encore, pas de règle générale. « Cela se discute au cas par cas », rappelle le docteur Adrien Ray. Tout dépend de la douleur, du degré de déformation, de l’autonomie du patient et de l’organisation possible après l’intervention.

Si l’hallux valgus n’est pas douloureux, on ne va pas opérer.

Docteur Adrien Ray, chirurgien du pied et de la cheville à l’Hôpital de La Tour

Les suites opératoires

Après l’intervention, la marche est autorisée avec une chaussure orthopédique spéciale. Les premières semaines, le repos et la surélévation du pied permettent de limiter le gonflement. La reprise se fait ensuite par étapes. Les chaussures confortables remplacent progressivement la chaussure orthopédique. Une physiothérapie peut être proposée pour retrouver la mobilité et la souplesse de l’articulation. Les sports sans impact, comme la marche, le vélo ou la natation, peuvent reprendre progressivement. « Le plus long, c’est d’attendre que le pied dégonfle », raconte Véronique. « Mais aujourd’hui, je marche à nouveau sans douleur. »

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