Danny Khezzar : « Même avec un million d’abonnés, je réponds à tout le monde »

Il est le chef du restaurant gastronomique Bayview, du concept de street food Sheesh, du japonais Izakaya à Genève, et du bistrot Monsieur Claude à Rueil-Malmaison.

Il a une gueule d’ange, des dreadlocks sous sa toque et une passion pour le rap et la bonne cuisine. Danny Khezzar est un chef hors norme. C’est un geek des fourneaux, un rappeur au grand cœur, un ultra-créatif, mais avant tout, un presque trentenaire profondément fidèle à sa famille et à ses racines. Sorti de sa banlieue parisienne, il décide de réussir le jour où il découvre la grande cuisine. Depuis, doué d’un talent certain, d’humilité, profondément humain, il trace sa route, réussit tout ce qu’il touche, son sourire et son «sheesh» aux lèvres, il écrit, entouré de sa bande, une success story qu’il est bon de partager.

ELLE : À quoi vous rêviez enfant ?
Danny Khezzar : À 12 ans, j’aimais l’art et la musique, j’avais déjà ce côté urbain. J’ai commencé à rapper avec des gens de mon quartier. On s’appelait les Frères Bizzy, on faisait du reggaeton.

Alors d’où vient votre passion pour la cuisine ?
À la maison tout le monde cuisine, mes parents adorent faire le marché et travailler les bons produits. Mon arrière-grand-père était chef cuisinier chez Lucas Carton à Paris. Mon grand-père était cuisinier aussi, ma grand-mère m’a offert ses couteaux, ses livres de recettes, comme un héritage, et son «livre d’or» que je n’ai toujours pas ouvert… parce qu’émotionnellement, c’est dur. Je l’ouvrirai quand j’en aurai besoin. Pour les 3 étoiles Michelin, peut-être!

Comment avez-vous commencé ?
À 15 ans, mes parents m’ont offert un brunch au Ritz ; j’ai croisé le chef Michel Roth, il m’a fait visiter les cuisines, on a discuté et je suis reparti de là avec une promesse de stage qu’il a honorée.

On vous a ensuite vu dans Top Chef…
À un moment donné, je voulais arrêter la cuisine pour me remettre à la musique. Et ma sœur Angelina m’a conseillé d’ouvrir un compte Instagram, pour montrer aux gens tout ce que je savais faire en cuisine. J’ai donc tourné des vidéos un peu techniques, j’avais mon style qui n’existait pas vraiment sur les réseaux, puisque mes recettes étaient infaisables à la maison ! (Rires). Et une casteuse de Top Chef m’a repéré.

À la maison tout le monde cuisine, mes parents adorent faire le marché et travailler les bons produits. Mon arrière-grand-père était chef cuisinier chez Lucas Carton à Paris. Mon grand-père était cuisinier aussi, ma grand-mère m’a offert ses couteaux, ses livres de recettes, comme un héritage.

Danny Khezzar, chef du restaurant gastronomique Bayview
ELLE Suisse

Vous gardez quel souvenir de la télé ?
C’est une super aventure humaine. Au niveau personnel, ça m’a fait sortir de ma zone de confort, je me suis remis en question sur beaucoup de choses. J’ai eu quelques regrets de ne pas avoir gagné cette compétition, je me disais que j’étais nul et que je devais encore beaucoup travailler. Donc, c’est ce que j’ai fait et j’ai progressé. C’est dans les difficultés que l’on grandit.

À présent, vous «bouffez le monde» ! C’était un plan de carrière ?
(Rires). Je n’ai pas de plan de carrière ou de baguette magique. C’est le côté artistique, l’originalité et la créativité qui m’animent. Avec des bases solides, beaucoup de travail et les valeurs que mes parents m’ont transmises, on y arrive. On n’a rien sans rien. J’avance au retour positif des gens. Même avec un million d’abonnés sur les réseaux, je réponds à tout le monde. Ma famille m’aide à garder les pieds sur terre, je ne risque pas de prendre la grosse tête. (Rires).

On sent votre famille très présente ?
Énormément! Ce sont mes murs porteurs, avec les membres de mon équipe de Rosny-sous-Bois, que je considère comme ma deuxième famille. On a évolué tous ensemble et ils m’ont rejoints à Genève pour travailler dans mes affaires. On fait les choses avec synergie et en famille.

Votre cœur est pris ?
Mon cœur est pris par la cuisine… et par ma famille (Rires). Non, j’ai un très grand cœur, il y a de la place.

J’ai eu quelques regrets de ne pas avoir gagné [Top Chef], je me disais que j’étais nul et que je devais encore beaucoup travailler. Donc, c’est ce que j’ai fait et j’ai progressé. C’est dans les difficultés que l’on grandit.

Danny Khezzar, chef du restaurant gastronomique Bayview
ELLE Suisse

Comment êtes-vous arrivé à Genève ?
J’ai suivi mon mentor Michel Roth, il y a dix ans. En mai 2023, il m’a transmis les rênes du Bayview, le restaurant gastronomique de l’hôtel Président Wilson, à Genève. C’était un gros challenge, parce que passer derrière Michel Roth n’était pas évident. Mais c’était aussi une grande fierté. L’année suivante, on a confirmé l’étoile, on a obtenu 18/20 au Gault & Millau, et aujourd’hui on fait partie des 1000 meilleurs restaurants au monde, donc c’est bien.

Quelle est la différence entre la clientèle suisse et française ?
Les Suisses mangent beaucoup plus tôt ! (Rires). C’est une clientèle exigeante, qui voyage beaucoup, donc qui voit ce qui se fait ailleurs. Il y a les couples qui viennent chaque semaine et ceux qui ont économisé plusieurs mois pour venir. Il y a aussi la clientèle internationale du palace qui est de passage et habituée à une certaine qualité. Mais en réalité, comme le concept du Bayview est un menu à l’aveugle… ce sont les gens qui s’adaptent à nous. Je voulais que les clients me fassent confiance et se laissent porter. Quand ils me disent qu’ils n’aiment pas, par exemple, la betterave, mais que la mienne, que j’ai retravaillée, sublimée, ils l’ont adorée, c’est ma récompense.

Vous êtes aussi très ancré dans l’humain. Parlez-nous de l’association Lazare…
J’ai grandi en banlieue parisienne, j’ai vu des amis dormir dehors, grandir sans famille, sans parent, enchaîner les soucis, donc ça me touche. Lazare est une association qui aide les gens, jeunes, anciens, tous précaires avec des parcours différents, à avoir un toit, un cadre, de la bienveillance, c’est la base de tout. J’apprécie et je soutiens cette association, car son concept est très bien pensé.

Même avec un million d’abonnés sur les réseaux, je réponds à tout le monde. Ma famille m’aide à garder les pieds sur terre, je ne risque pas de prendre la grosse tête.

Danny Khezzar, chef du restaurant gastronomique Bayview
ELLE Suisse

Qu’est-ce qui vous anime ?
J’essaie d’avoir des projets différents pour continuer à m’amuser. Je n’ai pas envie de faire plusieurs fois le même concept dans le monde, comme on copie-colle la carte et le nom d’un restaurant.

Alors, quel sera le prochain projet ?
Un endroit où je pourrai travailler la cuisine méditerranéenne, avec des poissons de mer…. à Monaco! (Rires).

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