3 cheffes au parcours unique et qui façonnent la gastronomie suisse

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes ce dimanche 8 mars, TheFork et ELLE Suisse mettent à l’honneur trois femmes au parcours singulier, qui contribuent chacune, à sa manière, à faire évoluer les codes d’un univers encore très masculin. Entre exigence, transmission et vision bienveillante du leadership, elles dessinent les contours d’une gastronomie plus responsable et inclusive.

Elodie Schenk (GE)
Cheffe et gérante du restaurant Le Tourbillon


Le parcours d’Elodie Schenk s’est construit au fil de maisons exigeantes, dont certaines étoilées, et de voyages qui ont façonné son identité culinaire. Aux côtés de chefs aux personnalités marquées, elle a appris la rigueur, la précision, mais aussi l’importance du style de management.

Aujourd’hui, à la tête du Restaurant Le Tourbillon, elle revendique une approche à l’écoute, tournée vers le partage et la transmission. « Être cheffe, c’est aussi former », rappelle-t-elle. L’établissement accueille des apprentis et des jeunes en stage découverte ou en insertion professionnelle. Juste devant la cuisine, au sixième étage, un potager avec vue sur Genève nourrit autant les assiettes que l’inspiration quotidienne.

Tout est possible. Il faut croire en ses rêves, persévérer et ne pas se laisser définir par les obstacles.

Elodie Schenk, cheffe et gérante du restaurant Le Tourbillon
The Fork

Seule femme membre de l’association genevoise Goutatoo, qui réunit 19 chefs, elle mesure la portée symbolique de sa présence. « C’est une reconnaissance, mais aussi une responsabilité », confie-t-elle. Celle de représenter les femmes dans un milieu encore majoritairement masculin.

Si elle observe une progression de la place des femmes en cuisine, les défis persistent, notamment autour de la maternité et de l’équilibre de vie. Pour le 8 mars, son message est clair : « Tout est possible. Il faut croire en ses rêves, persévérer et ne pas se laisser définir par les obstacles. »

Alba Farnos Vinals (VD)
Cheffe de l’Auberge de l’Abbaye de Montheron


Rien ne prédestinait Alba Farnos Vinals à la cuisine. Née en Catalogne dans une famille d’ingénieurs, elle suit d’abord la voie familiale et devient ingénieure chimique. C’est en Suisse, lors d’un travail de master à Changins, au contact de vignerons passionnés par la transformation du produit, qu’un déclic s’opère.

Aujourd’hui à la tête de l’Auberge de l’Abbaye de Montheron avec son compagnon, elle défend une cuisine mêlant tradition et réinvention, profondément ancrée dans la saisonnalité et le circuit court. Elle valorise les producteurs locaux, préférant multiplier les artisans plutôt que de s’approvisionner auprès de grossistes. Influences catalanes et histoire culinaire suisse dialoguent dans des assiettes qui respectent le visuel naturel des produits, sans artifice.

L’excellence [en cuisine] ne devrait pas se construire dans la peur, mais dans le respect.

Alba Farnos Vinals, cheffe de l’Auberge de l’Abbaye de Montheron
The Fork

Si la place des femmes a évolué depuis ses débuts (elle se souvient qu’on lui demandait encore si elle était certaine de vouloir exercer un métier incompatible avec une vie de famille), elle estime que davantage de « role models » sont nécessaires. Elle observe aussi une transformation du leadership en cuisine : l’autorité autoritaire laisse place à une approche plus humaine, fondée sur l’écoute et l’intelligence émotionnelle. « L’excellence ne devrait pas se construire dans la peur, mais dans le respect », souligne-t-elle.

Francesca Fucci (GE)
Cheffe du Fiskebar (Ritz-Carlton)


D’origine italienne, Francesca Fucci dirige la cuisine du Fiskebar au Ritz-Carlton Genève, où elle affirme une identité culinaire libre et affranchie des étiquettes. Si l’héritage nordique du lieu reste perceptible, ses racines méditerranéennes irriguent profondément son approche. « Ma priorité est de proposer une cuisine sincère, vivante, capable de procurer du plaisir et de susciter l’émotion. »

Son passage par des institutions prestigieuses telles que La Pergola ou les maisons de Joël Robuchon lui a appris ce que signifie viser l’excellence.

Formée dans un cadre classique et autoritaire, elle a progressivement choisi d’adopter une approche plus pédagogique, attentive aux nouvelles générations. « La performance durable passe par un environnement de travail sain », affirme-t-elle, convaincue que l’exigence n’exclut ni respect ni qualité de vie.

Sur la place des femmes en restauration, le changement, selon elle, doit être sociétal autant que professionnel. En cette Journée internationale des droits des femmes, elle souhaite aussi mettre en lumière la réalité des mères exerçant des métiers aux horaires contraignants

En cette Journée internationale des droits des femmes, [Francesca Fucci] souhaite aussi mettre en lumière la réalité des mères exerçant des métiers aux horaires contraignants.

The Fork
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