Comment comprendre nos émotions pour mieux décider au quotidien ?

Découvrez comment ce que vous ressentez guide chacune de vos décisions, du travail aux relations personnelles, et comment en faire un allié précieux.

Chaque jour, nous prenons des décisions — des plus anodines aux plus déterminantes. Choisir quoi porter, quoi manger, répondre à un message ou remettre à plus tard. Puis viennent les choix qui comptent vraiment : un travail, une relation, un changement de vie. Et dans chacun de ces moments, intervient un élément souvent invisible, mais au poids immense : nos émotions.

Les émotions influencent nos jugements, nos comportements, notre manière d’interpréter ce qui nous arrive. Le cerveau ne fonctionne pas comme une machine : chaque décision passe par ce que l’on ressent, même lorsqu’on se pense parfaitement rationnel.

Vous est-il déjà arrivé de dire « oui » sur un coup de tête, ou de vous désister à la dernière minute sans trop savoir pourquoi ? C’est précisément là que les émotions entrent en scène. Comprendre comment elles agissent dans nos choix quotidiens ne veut pas dire les éteindre, mais apprendre à les reconnaître. Car lorsque l’on sait d’où l’on vient, il devient plus facile de décider avec clarté — et de rester fidèle à soi-même.

Émotions et raison : un équilibre subtil

Pendant longtemps, on a cru que pour bien décider, il suffisait de faire appel à la raison. En réalité, c’est tout l’inverse : sans émotions, il nous serait impossible de décider.

Le neuroscientifique Antonio Damasio l’a démontré en étudiant des personnes qui, après une lésion cérébrale, avaient perdu la capacité de ressentir des émotions. Leur raisonnement restait impeccable, mais elles se retrouvaient incapables de choisir, même dans les situations les plus simples. Certaines pouvaient passer de longues minutes à hésiter entre une entrée ou un plat principal au restaurant — car sans émotions, tout semblait équivalent.

Les émotions donnent du sens à nos choix : la peur nous protège, la joie nous pousse à agir, la colère trace nos limites, la tristesse nous invite à faire une pause. Elles ne s’opposent pas à la logique — elles la complètent.

Trouver l’équilibre entre la tête et le cœur, ce n’est pas choisir l’un au détriment de l’autre, mais les faire dialoguer. Quand la raison comprend ce que tu ressens, et que l’émotion accepte d’être guidée par la pensée, les décisions deviennent plus simples, plus justes — et plus vraies.

Le rôle des émotions dans nos choix du quotidien

Les émotions n’influencent pas seulement les grandes décisions, mais aussi les gestes les plus banals du quotidien. Elles déterminent si l’on a envie de sortir ou de rester chez soi, de répondre à quelqu’un ou d’attendre un peu, de prendre un risque ou de rester dans sa zone de confort.

Souvent, elles agissent vite, presque automatiquement. Le cerveau traite en un éclair souvenirs et informations, et ce qui en ressort, c’est une impression : « j’en ai envie » ou « pas envie ». Cette impression n’apparaît pas par hasard — elle vient de tes expériences passées, de tes habitudes, de tes besoins et de tes valeurs.

Dans les relations comme au travail, les émotions jouent aussi un rôle clé. Elles incitent à faire confiance, changer, persévérer ou lâcher prise. Lorsque l’on est de bonne humeur, tout semble possible ; quand la peur ou la fatigue s’installent, tout paraît plus compliqué.

Apprendre à reconnaître ces mécanismes aide à comprendre pourquoi l’on réagit d’une certaine façon. En observant ce que l’on ressent avant d’agir, on ne laisse plus ses émotions nous dominer — on les transformes en alliées précieuses, afin de décider avec équilibre.

Les erreurs courantes dans les décisions émotionnelles

Parfois, les émotions peuvent nous jouer des tours. Lorsqu’elles deviennent trop intenses ou qu’on ne les identifie pas, elles risquent de nous pousser à agir de manière impulsive — ou, au contraire, à bloquer toute décision.

Une erreur fréquente consiste à décider sur le vif, sous l’effet de la colère ou de l’enthousiasme du moment. Dans ces cas-là, il est facile de dire ou de faire quelque chose qu’on regrettera par la suite. La peur, elle aussi, peut nous piéger, en nous poussant à éviter des situations qui mériteraient d’être affrontées.

À l’inverse, ignorer ce que l’on ressent n’est pas une solution. Faire semblant d’être rationnel alors que l’on est bouleversé n’apporte aucune clarté : les émotions refoulées restent en réalité présentes, prêtes à influencer nos choix en coulisses.

Enfin, il existe un piège plus subtil : prendre une émotion passagère pour une vérité absolue. Cela arrive quand on décide sous l’effet du stress, de la fatigue ou du besoin de reconnaissance. Dans ces moments-là, l’esprit amplifie ce qu’on ressent et nous fait croire que c’est définitif — alors que ce n’est, bien souvent, qu’une émotion de passage.

Comment utiliser ses émotions pour mieux décider

Gérer ses émotions ne signifie pas les contrôler à tout prix, mais apprendre à les lire et à s’en servir comme outils. Chaque émotion véhicule un message utile, même les plus inconfortables.

Un premier pas simple consiste à mettre un mot sur ce que l’on ressent. Dire « je suis inquiète » ou « je suis déçue » aide le cerveau à identifier la sensation et à en réduire l’intensité. Le langage devient alors un moyen de mettre de l’ordre dans ses ressentis.

Prendre une pause avant d’agir peut aussi faire toute la différence. Quelques minutes suffisent pour que la partie rationnelle du cerveau puisse « rattraper » l’émotion et évaluer la situation calmement.

Écrire ce que l’on ressent est une autre méthode efficace. Mettre ses émotions sur papier permet de les observer avec distance et de comprendre leur origine.

Enfin, ne jamais sous-estimer le pouvoir des émotions positives. Cultiver sérénité, confiance ou gratitude élargit la perspective et facilite la prise de décision. Quand on se sent bien, on décide mieux, car l’on n’est plus dominé par la peur ou l’urgence.

Et bien sûr, apprendre à utiliser ses émotions ne se fait pas en un jour. C’est un exercice permanent d’écoute et de conscience de soi. Mais une fois que l’on y parvient, on cesse d’être à la merci de ce que l’on ressent et on commence à faire des choix qui nous ressemblent vraiment.

Autrice : Cristiana Giglio
Cet article a été traduit et adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur 
elle.com/it. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.

Tags : conseils · psychologie
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