Peut-on vraiment rattraper son manque de sommeil le week-end ?

Bonne nouvelle pour les adeptes de la grasse matinée, dormir plus le week-end pourrait vraiment aider l’organisme à récupérer d’une semaine trop courte en sommeil. Mais attention, tout serait une question de mesure.
Entre le réveil qui sonne trop tôt, les journées qui s’éternisent et le coucher repoussé soir après soir, au fil de la semaine, les heures de sommeil perdues peuvent vite s’accumuler. Alors lorsque le samedi arrive, une seule envie nous anime : éteindre le réveil et grappiller quelques heures sous la couette. Mais cette fameuse grasse matinée permet-elle vraiment de « rembourser » notre dette de sommeil ? Une nouvelle recherche présentée lors du congrès de la Société européenne de cardiologie vient apporter un élément de réponse plutôt rassurant. En analysant les données de sommeil de 41’000 adultes suivis entre 2016 et 2023, des chercheurs de l’université de Corée ont constaté que ceux qui dormaient davantage le week-end présentaient un risque d’hypertension jusqu’à 9 % inférieur. Autrement dit, sans effacer miraculeusement toutes nos nuits trop courtes, un peu de sommeil supplémentaire pourrait bel et bien offrir à notre organisme une fenêtre de récupération.
La grasse matinée, oui, mais avec modération
Et inutile, apparemment, de passer toute la matinée au lit. Dans cette étude, le bénéfice le plus marqué était observé avec environ 1 heure et 27 minutes de sommeil supplémentaire le week-end. Selon le Dr Nawon Lee, auteur de l’étude, manquer de sommeil soumet l’organisme à un stress supplémentaire et oblige notamment le cœur et les vaisseaux sanguins à travailler davantage. Dormir un peu plus pendant les jours de repos pourrait donc lui donner l’occasion de récupérer et de réduire une partie de cette pression. Une information qui déculpabilise celles et ceux qui aiment repousser leur réveil le samedi matin. Car pendant longtemps, les spécialistes du sommeil ont surtout insisté sur l’importance de conserver des heures de coucher et de lever régulières, y compris le week-end, évidemment ce conseil reste pertinent puisqu’un rythme très irrégulier peut perturber notre horloge biologique.
Trop dormir le week-end pourrait toutefois produire l’effet inverse
La nuance est là, récupérer un peu ne signifie pas bouleverser complètement son rythme. L’étude suggère ainsi qu’au-delà de quatre heures de sommeil supplémentaire, le bénéfice pourrait s’inverser, avec une augmentation du risque d’hypertension. Les chercheurs avancent notamment l’hypothèse qu’un écart trop important entre les horaires de semaine et ceux du week-end accentuerait l’irrégularité du sommeil et perturberait le rythme circadien.
Un phénomène parfois appelé « social jet lag », notre organisme vit alors le lundi matin comme une sorte de mini-décalage horaire après deux jours passés à se coucher et se lever beaucoup plus tard.
Autrice : Coralie Técher
Cet article a été adapté pour la Suisse après avoir initialement été publié sur elle.fr. Retrouvez tous les autres articles de cette édition sur le site web officiel.